APPENDICES
Wahb ibn Mounabbih.
De tous les Israélites convertis à rislamisme, dans les premiers temps de Thégire, il n'en est probablement aucun qui ait exercé sur les musulmans une aussi grande influence que Wahb ibn Mounabbih, si l'on en juge, du moins, par le grand nombre de livres où il est cité.
Malheureusement, nous n'avons sur lui, ainsi que sur ses écrits, que fort peu de renseignements ; aussi vaut-il peut-être la peine de rassembler ici tout ce qu'on sait jusqu'à présent à ce sujet *.
Sur la vie même de Wahb ibn Mounabbih, nous ne connaissons que peu de chose. C'était l'un des descendants des officiers perses établis dans le Yémen; c'est dans ce
^ Yoir : Ibn-Khallikan's. JBto^rap^icaZ Dictionary translated from the arabic hy Bn MAC GUCKIN DE Slane. Paris, 1868, 3, pp. 671-673.
WUESTENFELD. Die Geschichtschreïher der Araber und ihre Werkcj n© 16. Dans Âbhandlungen d, K'ônig, GeaelL d. Wiss, zu Qottingen, 28, p. 4.
Sfbengeb. Das Lbben und die Lehre des Mohammad, 1, p. 46,
65 et 137 et 3, CXI, n.
Hammeb-Pubgstall. Literaturgeschichte der Araber j 2, 177- 179 et 223-224.
pays qu'il vit le jour et qu'il mourut, âgé de 90 ans, Tan de l'hégire 110 (728 de l'ère chrétienne); selon d'autres, en 104, ou en 113, ou en 114, ou même en 116.
Juif de religion, il s'était converti à Tislamisme, nous dit VAl tibr al masboûk * ; mais son père s'étant converti du temps de Mahomet, il est plus probable qu'il a été élevé dans la religion de l'islam *.
Auteur de nombreux écrits, s'il mérite confiance quand il rapporte des traditions relatives à Mahomet ', il faut reconnaître que, dans ses autres écrits, il a menti audacieusement * : c'est ce que déclare formellement Ibn Haldoûne ".
A sa carrière d'écrivain, il s'était préparé par de nombreuses lectures; il connaissait, dit-on, 30 ou même 70 ouvrages, non de métaphysiciens *, mais de prophètes '•
Longue est la liste de ses écrits.
D'Herbelot. Bibliothèque orientale j édition de Maestricht, p. 897; cfr. p. 479.
Nciie Auszuge aus ad-Dahabî nnd Ibn an-Naggar. Von A. Fischer. Dans Zeiischrift der deut, morg. Gesell, 44, 438-442, Ibn al AtîR, édition TORNBERQ, 5, p. 131.
Il y a aussi une biographie, non encore publiée, dans le Hilyat
al awliyâ, d*ABOU NoucaïME. (Flueqel, Lex. bibliog, a JSaji KJialfa compositum, 3, p. 110), d'après le témoignage de Daraîri. (Edit. de 1305, 1, 10, 16 et 2, 235, 17 à f.).
1 Edition de 130G, p. 41.
* Zeit, d. deut. mn-g, Gesell, 44, 439.
5 DE Slane, p. 673, note 6.
* Ibidem, note 2.
^ Prolégomènes historiques. Dans Notices et extraits des mat uscrits, 20, 1, p. 461; cfr. p. 208 et 19, p. 24. « IlAMMËB, 178.
' Z'it, d. deut. morg. Gc elL, 44, p. 439 et 441.
On cite d^abord un livre sur les conquêtes, c'est-à-dire ' sur les premières expéditions des musulmans *. Puis un livre sur les hommes les plus excellents '. Un autre sur les prophètes ^ ; c'est cet ouvrage qui doit avoir fourni le témoignage cité par H. Halfa, 1, p. 449 et
qui est la source de Qoutaïba, comme le dit Hammer et Tune des sources d'Atîr, au témoignage deWûstenfeld*.
On lui doit aussi le livre des Choses W Israël^ dont nous avons parlé plus haut.
Un livre sur les expéditions de Mahomet •*.
Une histoire des rois himyarites ^.
Un livre sur le destin, probablement une œuvre de sa jeunesse \
Faut-il aussi lui attribuer le commentaire du Coran dont parle H. Halfa*?. Ce qui laisse du doute, c'est que
le bibliographe appelle Tauteur du commentaire "Wahb, sans ajouter " fils de Mounabbih „.
Si Ton rapportait toutes les citations que lui ont empruntées les auteurs arabes, on se rendrait facilement compte de l'influence considérable qu'il a exercée sur l'historiographie et sur la littérature des Arabes; nous
1 H. HALFA, 4, p. B87.
* Ibidem, 4, p. 518.
* Ibidem,
* D*après la table de Téclition de TORNBERG, Walib n'est cité que tome 1, p. 11, 13, 55, 222 et 307.
« H. II., 5, p. G46.
6 WUESTENPELD.
7 Zeit. d. deut. morg. GcsclL, 44, p. 44.0 et 111. « 2, p. 382.
noas bornons à en indiquer qnelques-onea en. note '. Pour donner une idée de Fintérêt de aes livres, nous essayons de reconatituffl* plus loin le livre des propiiètes et celui des Choses d^ Israël,
^ NoLDEKB. Creschichte der Perser und Araber sur Zeit der Sdsaniden. Aus d. arah. Chronik des Tabariy p. 17B, 182, 303 et aniv.
3(f AÇOTTDI. Les prairies ^or. Trad, BarBTRR DH Msyxasd), 1^ p. 10 et 126 ; 5. p. 462-464.
CaBUA de Vaux. L'abrégé des merveilles, p. 30. (Orient mnd Occident 3. p. 338}.
Lanb. The Thousand and one Nights. 1865. 1, p. 32.
BOCHART. Hieroznicon. Edition de 1692, 2. p. 350-351 et 856.
Basset. Loqmân berbère (voir ma Bibliographie carabe, 3r no 11 0), p. XLIY.
Le livre des Prophètes, de Wahb ibn Moucabbih.
On pourra assez facilement reconstituer une partie importante du commencement de cet ouvrage, parce que tout le préambule du livre d'*Antar n'en est qu'une reproduction plus ou moins complète.
Ce préambule traite en détail l'histoire d'Abraham et de Nemrod, puis celle d'Abraham et d'Ismaël, toutefois avec un peu moins de développements ^
Mais il ne faudrait pas perdre de vue, d'une part, que l'auteur du préambule a utilisé d'autres sources encore, car il cite plusieurs fois Ibn *Abbâs * et Ka*b al Ahbâr '; d'autre part, qu'il n'a pas complètement utilisé Wahb. On trouve, en effet, des passages de cet auteur qui ne figurent pas dans *Antar : par ex., le rire de Sara * ou l'histoire de Loth ^.
* Cfr. les fragments donnés par DamîRI, 1, 118 et par le Sirâg ni moiiloûk, 132 et 132-133.
« ^Antar, édit. 1286, 1, p. 47 et 71.
' *Antar, 1, p. 18, 20, 23, etc. — Voir, sur Ka*b, le dernier appendice.
* Geiger. Was liât Mohammed ans dem Judenthume anfgenommen, p. 130.
^ Tabari, édit. de Leido, 1, p. 339-340; cfr. p. 335; c'est
d'ailleurs le seul passage emprunté à Wahb par Tabari pour
rhistoire d'Abraham.
La forme que donne Wahb ressemble beaucoup à celle que rapporte Weil * ou Hammer *, moins à celle du Yacha7\ (Migne, Z)'* des apocryphes , tome 2.)
Pour les autres parties du livre, on n*a pas encore trouvé une source aussi abondante et il faut se contenter, pour le moment, de fragments, dont voici quelques-
■uns ':
Le veau (Tor,
Damîri, 2. 97.
Moïse^
Sirâg al mouloûk, 57, 7.
. Noé,
Damîri, 1, 10, 16 et Rev. d. trad.pop.,p., 12i
Samson,
Damîri, 1, 226.
David, .
Sirâg, 86 et Damîri, 2, 56-57.
Salomonj
Qazwîni, 2, 157-159.
Jérémie,
Damîri, 1, 220-221.
Nubuchodonozor, Damîri, 2, 305.
Gog et Magog, Damîri, 2, 353.
Jésus, Sirâg, 16. '
Mahomet, Damîri, 1, 208.
C'est aussi dans le livre des Prophètes que nous semble avoir été insérée Thistoire des Sept dormants : Damîri, 2, 254-255 et 263-264. —- Catalogue général des Mss, des bibliothèques de France^ 18 (Alger), 553, n" 1930.
On pourra augmenter encore cette liste en dépouillant d'autres auteurs arabes. Il faudrait peut-être aussi retrancher quelques-unes des citations précédentes, car elles pourraient bien appartenir à d'autres ouvrages de Wahb.
* Biblische Legenden der Muselmanner, p. 68-99.
* ROSB^'OEL, 1, p. 45-63.
5 Voir aussi p. 53.
' Le livre des Choses d'Israël de Wahb Ibii
Mouttabbih. -^
Nous allons essayer, dans les pages qui suivent, de reconstituer le livre que Wahb a consacré aux Israélites, en rassemblant toutes les anecdotes qui en ont, ou certainement ou vraisemblablement, fait partie. Quant à l'ordre que Wahb a suivi dans son ouvrage, nous n'avons aucune espèce de données ; il est probable, cependant, qu'il aura rapproché, sous des titres plus ou moins généraux, les anecdotes qui se ressemblaient par le sujet.
Nous classons les contes en trois catégories.
La première comprend ceux qui figurent dans les Mille et une nuits et sur lesquels nous nous réservons de donner plus de détails dans le volume de notre bibliographie arabe qui paraîtra bientôt.
La deuxième catégorie contient tous les contes que les auteurs arabes attribuent formellement à Wahb, soit qu'ils citent, en outre, le livre des Choses d'Israël, soit qu'ils ne le citent pas. Inutile de faire remarquer que, dans ce dernier cas, le conte pourrait bien être extrait d'un autre ouvrage de Wahb.
La troisième, enfin, donne les contes qui, à simple lecture, suggèrent l'idée qu'ils sont dûs à Wahb, à cause de leur caractère juif. Ce qui, naturellement, n'exclut
pas Phypothèse qu'ils pourraient être dûs à des auteurs moins souvent cités que Wahb, tels, par exemple, que Ka*b al Ahbâr ou Ibn Abbâs.
Pour ces contes delà troisième catégorie, il ne faut pas s'arrêter à la circonstance que ceux qui les rapportent les attribuent à d'autres auteurs que Wahb : ces auteurs peuvent les lui avoir empruntés et leur avoir donné leur nom parce qu'ils les ont modifiés, notamment en les arabisant.
Les contes des Mille et une nuits.
L'ange lk la mobt.
1. — Un roi, plein d'orgueil, est arrêté par un homme mal vêtu : c'est l'ange de la mort, qui l'emporte sans lui accorder de délai pour faire des adieux aux siens.
L'ange se rend ensuite auprès d'un saint, qui refuse le délai qu'il lui offre et demande seulement à mourir pendant qu'il prie.
Ce conte est le premier de la collection intitulée Igtirâr dans les Mille et une nuits, édition de Boûlâq de 1297, 2, 311-312. La traduction de Hammer * figure à son troisième volume, p. 414-415; nous ne citerons pas celle de Weil.
Le Al tibr al masboûk, attribue formellement ce conte à Wahb *. (Cfr. p. 31 supra.) — Tazyine al aswâq, 44-45.
* Rappelons, en général, qae la traduction de Hammer n'est pas toujours assez fidèle.
^ Les éditions des principaux ouvrages que nous citons sont les suivantes :
Gawzi, 1277.
DamîBI, 1305.
QAZWîNI (en marge de DAMlEl.) Tazyine alaswàq] 1279.
D'après Damîri, 2, 56, David reçoit de même l'ange de la mort sans lai faire d'objection.
Cfr. Pebles, Monatsschrifl fur Oeschichte tmd Wïs^ senschafl des Jtidenthums, 22, 123.
L'ange de la mort.
2. — Un roi,qai a accamole de grandes richesses, s'est bâti on magnifique palais et y donne nn festin. L'ange de la mort pénètre malgré la résistance de ses gens et n'accepte pas de remplacement par on antre. Devant mourir, le roi maudit son argent, qui va passer à ses ennemis; mais l'argent, animé par une faveur de Dieu, répond qu'il est innocent; que c'était au roi à faire un pieux usage de ses richesses.
Igtiràr, n'* 2, p. 312. — Hammeb, 3, 416-418. — Tihr, 42-44. (N'indique pas d'auteur.) Cfr. Pebles, uhi supra.
L'ange de la mobt.