‹ La récente législation française relative à la reconstitution de la petite propriété ruraleChapitre 4 sur 29 · L'ARGENTINE · texte numérisé non relu

L'ARGENTINE

Il n'y a pas encore de complexité dans l’économie de l'Argentine. La terre et les diverses industries agricoles y sont à peu près les seules richesses. On n'y trouve pas encore une grande variété de culture bien que l’on passe déja de la période pastorale à la période agraire. Or, depuis une vingtaine d'années on y constate un énorme accroissement des fortunes nées de l'exportation agricole. Par l'effet de Fapplication de la loi économique qui veut que les capitaux aient une tendance à se porter sur les entreprises nationales, celles-ci se placent donc dans la terre, et, toutes choses égales d’ailleurs, nous retrouvons ici un phénomène analogue à celui constaté dans la Rome antique et en Angleterre.

Ca n'a pas élé comme à Rome par l’expropriation des petits propriétaires fonciers que s'est formée l'aristocratie foncière argentine et l’on ne peut accuser le régime hypothécaire d'importants dégâts dans les rangs de la petite propriété rurale. Les cas d'exécution du gage restent rares, et, en tout cas, comme nous allons le voir, les emprunts hypothécaire sont presqu'exclusivement affectés en Argentine à l'achat de petites propriétés rurales, et sont donc un puissant moyen de diffusion de la propriété (Martinez et Levandowski, L'Argentine au XX° siècle).

Mais là comme ailleurs, si nous retrouvons le phéno-

mène de l’accaparement du sol par un-petit nombre de

personnes et l'établissement du plus odieux système de latifundia, c'est sans doute à cause de l'impossibilité de placements mobiliers suffisants et un peu aussi par la faute du gouvernement argentin, qui n'a pas veilé à éviter le danger lors de la vente de ses importants territoires nationaux, et qui à laissé à la spéculation sur la lerre qui sévit en Argentine (et qui est un des plus curieux phénomènes dans l'histoire de la propriété foncière) le soin de se partager d'immenses territoires.

Cela est d'autant plus remarquable que, étant donnée la faible proportion de la population à hectare (deux habitants par kilomètre carré en moyenne) les terres ou la spéculation a entraîné une très forte augmentation de valeur ne sont souvent même pas cultivées et attendent en friche une valeur encore plus importante. Rare exemple où ce n'est pas la culture et la culture intensive ou la possibilité de la culture intensive qui, par le moyen de la forte densité de la population entraîne la mise en valeur de la terre.

Par son peuplement progressif, aussi par une polilique de réaction, l'Argentine a actuellement une tendance dans le sens du morcellement. Et c’est ici que peuvent intervenir des considérations qui seront une importante contribution à notre étude sur le crédit en vue de la constitution des petites propriétés. Elles feront ressortir la possibilité d'employer en France des moyens analogues.

Une première mesure se trouve dans la loi sur les

terres de 1903 destinée à combattre l’accaparement ; puisque l'on ne permet plus l'acquisition au profit d’une seule personne de parcelles de plus de 2.500 hectares Sur le domaine de l'Etat. Des entreprises sont d’ailleurs créées offrant de petits lots en pleine propriété (Sociedad anonyma La Curumalam). Malheureusement prédomine le système des grandes propriétés avec locations divisées.

Dans les entreprises de diffusion de la petite propriété, le prix d'acquisition est payé à terme et l'intérêt varie entre 7 et 9 %.

Il ne faut pas s'étonner de ces chiffres. Ce qui conshitue en France le grand obstacle au Jeu normal et libre du crédit agricole et indépendamment de toute intervention de l'Etat, c'est l'élévation du loyer des capitaux et par contre le rendement faible de la terre. D'où l'impossibilité du crédit.

En Argentine il n'en est pas de même. « L'agriculteur argentin, disent MM. Martinez et Lewandowski, se complet dans sa situation d'emprunteur car si l'argent lui coùte de 8 à 9 % même par hypothèque, il peut par contre lui faire rendre un intérêt bien supérieur en l'immobihisant dans des achats de terre ».

Nous sommes donc ici dans un terrain très favorable pour le crédit agricole en vue de la constitution de la petite propriété. Aussi est-il très pratiqué. Parmi les banques hypothécaires on comple deux institutions offi-

cielles : la banque hypothécaire de la Province de

Le LÉGISLATION RELATIVE À LA RECONSTITUTION

Buenos-Aires qui poursuit péniblement sa liquidation depuis l'aventure de 1890 et la Banque hypothécaire nationale. Il existe en outre plusieurs sociétés particulières fonctionnant avec des capitaux étrangers. -

Le système hypothécaire argentin, qui est un des plus parfaits, permet aux agriculteurs de puiser abondamment à cette ressource. EL ils y puisent pour acheter la terre. En Argentine en effet on est convaincu que la meilleure forme d'épargne est cette acquisition. IT faut d'ailleurs y compter avec la spéculation et avec les crises

qu'elle risque d'entrainer un Jour ou l’autre.

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