‹ La Réception de Monseigneur le vicomte d'Argenson par toutes les nations du païs [sic] de Canada à son entrée au gouvernement de la Nouvelle-France [microforme]Chapitre 6 sur 9 · LA NATION ALGONQUINE SALUE MONSEI- GNEUR LE GOUVERNEUR · texte numérisé non relu

LA NATION ALGONQUINE SALUE MONSEI- GNEUR LE GOUVERNEUR

Monseigneur vous voyez en moi, un peuple errant et vagabond, qui n’a pu âtre captivé icy à Québec parmy les françois que par les liens de la foy.

Avant ce bonheur ze vous puis dire avec vérité que la misère, sans consolation, m’estoit comme naturele : la guerre, les maladies et la famille estoient les compagnes les plus fidèles que j'eusse avec moy dès le berceau. Maintenant qu'ayant la foi, je vy dans l'espérance d’une vie éternelle, et que je possède aujourd’huy l'honneur de votre bienveillance, et la faveur de votre protection, il est que si z'étais capable de pleurer aussy bien que mon frère le Huron, je verserais mainte-

(1) Récité par Charlos Denys.

nant que je me uois deuant Vous, ur torrent de larmes de joye: mais il fault que je vous: avoueie que je ne sçais ce que c’est de pleurer ; j'ai trop de courage et de force d'esprit, pour me laisser aller à cette bassesse. Je laisse aux âmes lâches-et aux femmes-les- larmes de tristesse et de joye. Les-témoignages les plus sincères de respect’ et de l’amour que j'aurai pour vous toute ma vie, seront de verser pour votre service non des larmes mais mon sang jusques à Îa dernière goutte. (1)

Le Génie universel de la Nouvelle-France présente les nations étrangères à Monseixneur le Gouverneur, lesquelles le saluent en leur langue.

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