LE MAITRE, CALISTE, PROBUS, DES DISCIPLES, UN VIEILLARD, UNE DAME
LE PRÉDESTINÉ
Vos paroles sont dures. Le trouble et la tristesse ôtent de la sûreté à vos jugements. Vous gâtez des choses exactes par un mélange d'autres qui nç le sont pas. J'en appelle de vous à vous-même : voyez ce savant théologien assis dans cette chaire : il parle devant une foule silencieuse qui l'écoute avec une avide curiosité. Vous le reconnaissez? C'est vous-même
(1) Cette seconde partie devait se rattacher & un point de la preminière, corame l'indique lé préambule mis dans la bouche du Pré- ' destiné, (Note de l'Éditeur.)
dans vingt ans d'ici. Il daigne autoriser un débat public entre lui et Tun des jeunes hommes venus de loin pour entendre sa parole fameuse et lui proposer des difficultés» pense-t-il, insolubles.
LE MAITRE
Vous êtes donc arrêté par une objection à quoi vous ne savez comment répondre et vous venez chercher près de moi une lumière pour vous tirer de peine?
PROBUS
Non, maître, ce n'est pas cela. Si votre bonne foi et votre bonté n'égalaient pas vos grandes lumières el votre haute sagesse, je n'oserais vous faire la demande que...
LE MAITRE
J'entends. C'est vous qui prétendez m'apporter une lumière : qu'elle soit la bienvenue. La force de votre conviction me dispose d'avance à croire... C'est la vérité qui engendre les fortes convictions.
PROBUS
Souffrez que j'interroge cet enfant qui n'est pas d^âge encore à compter parmi vos disciples et que je vois au milieu d'eux, amené par le plaisir d'enten(lre de votre bouche ce qu'il ne peut comprendre encore qu'imparfaitement. J'ai besoin de son témoignage.
LE MAITRE
Interrogez-le et qu'il vous réponde.