‹ La recherche d'une première véritéChapitre 47 sur 63 · A L'ENFANT · texte numérisé non relu

A L'ENFANT

Suppose que, un peu apr6s Li venue du Messie, un habitant de la Judée, un vieillard majestueux de la race d'Abraham, ayanC dit à son petit-fils que Dieu préféra Jacob à Esaû avant qu'ils fussent nés, et avant qu'ils eussent fait aucun bien ou aucun mal, avait observé non sans plaisir sur le visage de l'enfant un étonnement mêlé de tristesse, et qu'il avait écrit pour lui la légende d'Abel et Abel dans le rhythme varié du verset des Hébreux, semblable, a-t-on dit à une guirlande bien iressoc de mois et de sons, ou à

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deux rangs de perles disposés suivant une juste proportion. Et pense que ce Poème, cette Légende hébraïque, ou si lu veux cette Parabole, dont des copies successives et de plus en plus infidèles ont seulement conservé le sens, arrive sous tes yeux dans cette traduction qui, tout en gardant quelque chose de la noble simplicité du récit, n'a pas su reproduire le distique tour à tour élégant et magnifique.

Enfant, que durant ta lecture ta jeune imagination fasse apparaître devant toi les horizons de cette contrée pleine de la mémoire d'Abraham ; ces nuées d'où le Seigneur parlait; ces montagnes où les patriarches sacrifiaient des taureaux et des béliers; et cependant écoute les vents courir dans les cimes résonnantes des cèdres, et pousser vers les rivages de la Palestine les flots de ces mers qui portaient les vaisseaux de Tyr et de Sidon, ou remplir de bruits mélodieux les roseaux du Jourdain, et agiter le lac sur les eaux duquel marcha Jésus.

P^ROLOGhUE.

Mon pelit-fils bicn-aimé, sans doute tu aimeras les Abels, et leur souvenir demeurera dans ton cœur. Mais j'aurais voulu que, quand tu entendras une prière sortir de leurs bouches, déjà ils te fussent chers, comme si tu savais toute leur vie, depuis le jour de leur naissance jusqu'à celui de leur première tristesse.

Que tout à Theure Abel et Abel, à l'âge de quatorze ans te rappellent donc cet enfant bénit, que Ton se représente sous une image si touchante s'avançant à côté de son père vers la montagne de Moria. Vois Abel et Abel beaux, gracieux, innocents, aimables comme ce jeune Isaac, le fils unique d'Abraham et de Sara.

« Dieu tenta Abraham, et lui dit : Abraham, Abraham! Abraham répondit : Me voici.

Et Dieu lui dit : Prends ton fils unique que tu chéris, Isaac, et va dans la terre de vision, et là tu l'offriras en holocauste sur une des montagnes que je te montrerai.

Abraham, se levant pendant la nuit, prépara son âne, et conduisit avec lui deux serviteurs et Isaac son fils ; et lorsqu'il eut coupé le bois de Tholocauste, il s'achemina vers le lieu où Dieu lui avait ordonné d'aller.

Mais le troisième jour, levant les yeux, il vit de loin la montagne ;

Et il dit à ses serviteurs ; Attendez ici avec Tàne; moi et l'enfant nous irons jusque-là, et après que nous aurons adoré, nous reviendrons à vous.

Il prit le bois de l'holocauste, et le mit sur son fils Isaac; et il portait dans ses mains le feu et le glaive. Tandis qu'ils s'avançaient tous deux ensemble,

Isaac dit à son père : Mon père. Et celui-ci répondit: Que veux-tu, mon fils? Voilà, dit-il, le feu et le bois : où est la victime pour l'holocauste ?

Et Abraham dit : Dieu nous présentera la victime de l'holocauste, mon fils. Ils s'avançaient donc ensemble.

Et ils vinrent au lieu que Dieu avait montré, et là Abraham éleva un autel et y plaça le bois, et après qu'il eut attaché son fils Isaac, il le mit sur le bois disposé sur l'autel.

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