‹ La recherche de l'unitéChapitre 12 sur 21 · TS^TT · texte numérisé non relu

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danty guidés par un flair dont on ne saurait trop admirer la sûreté, ils marchèrent droit à la conclusion qui était latente dans les prémisses acquises. Ils ne la dégagèrent pas complètement, mais ils la pressentirent dans ses grands traits. L'identité absolue de toutes les propriétés naturelles se vit du coup élevée au rang de postulat nécessaire. Et le matérialisme, l'idéalisme et le sensualisme devinrent les trois formules, difTérentes d'aspect, mais équivalentes au fond, dont on revêtit cette vérité prématurée, si on la juge en simple historien de la science.

En réalité, toutefois, les limites d'un monisme purement logique ne furent point franchies.

L'esprit pouvait ramener l'universalité des phénomènes à la matière, à l'idée, à la sensation, il ne trouvait jamais dans la matière, l'idée, la sensation, à côté du concept d'« existence », un autre fond encore, une idée d'une envergure égale et qui ne fût pas la négation formelle de l'idée d'être.

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La science et, corrélativement, la logique se renferment dans les réalités idéales. Mais cellesci représentent des réalités sensibles qui subissent le contact immédiat des phénomènes tels quels, des choses en soi. Que Ton permette une comparaison nous ayant déjà servi. Le monde des Doumènes, le monde des sensations brutes et le inonde des idées conscientes peuvent s'assimiler à trois cercles concentriques. Par quels procédés, en vertu de quelles conditions premières, à l'aide de quelle attirance ou « endosmose cosmique » le contenu du cercle extérieur (nature) s'infiltre-t-il dans la sphère intermédiaire (organismes vivants) où il se transforme en sensations qui, à leur tour, se concentrent et se groupent dans le noyau ultime et central (raison, aptitudes logiques)? Le savoir exact ne nous fournit pas le mot de Ténigme *. On ne saurait, en tout cas, mettre en doute la

1. Voir mon article dans la Revue philosophique, mai 1891 : « Un point controversé de la connaissance » ; ou mon livre sur l* Agnosticisme, chap. V.

double résultante de ce processus inconnu :

Faction de l'univers sur notre entendement (connaissance) et la réaction de notre entendement sur Puni vers (activité pratique).

La pénétration des choses dans Fesprit, d'où surgit la connaissance, et la pénétration de Fesprit dans les choses, qui se traduit par Faction, suivent, croyons-nous, une loi commune. Les choses et Fesprit traversent dans ce but un milieu semblable. Le problème, par malheur, s'obscurcit grâce à une méprise aussi vieille que la philosophie. Les conditions de la connaissance se conçoivent comme des bornes au delà desquelles commence le mystère qui UQUS demeure à jamais fermé. Mais faire sortir l'inconnaissable des conditions du savoir, cela se peut-il sans raisonner à faux, sans opposer entre eux des termes préalablement vidés de leur substance réelle? On ne saurait justifier cette extension de la loi de contraste ou de corrélativité. Gouvernant les concepts spécifiques, les abstractions d'un degré inférieur, elle ne

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l'irréductibilité INTERSGIENTIFIQUE 69

doit pas pouvoir s'appliquer aux concepts ultra-génériques, aux abstractions du suprême

et dernier degré *

1. Voira la fin du volume la note À : Sur Vunité logique^ et aussi la note B : Sur les transformations de la philosophie.

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