‹ La recherche de l'unitéChapitre 20 sur 21 · Voir à ce sujet la note A, à la fin du volume · texte numérisé non relu

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2. D'ailleurs, de l'unité la plus transcendante au monisme le plus empirique, la transition s'effectue facilement par le pont aux Ânes de l'irréductibilité entre les grandes classes de phénomènes naturels. Certains systèmes modernes en vinrent ainsi à exalter le pluralisme au moment même où la science exacte commençait à fortifier ses positions monistiques. Mais, toute en surface, cette nouvelle tendance semble prouver une fois de plus que la structure extérieure des systèmes du monde peut largement varier sans que leur constitution intime s'en ressente d'une façon appréciable; ou, en d'autres termes, que, dans l'évolution intellectuelle, les processus morphologiques se déploient selon iin mode versatile et rapide en désaccord avec la lenteur et l'immobilité apparentes des processus idéologiques plus profonds. Voyez, à la fin du volume, la note B : Sur les transformations de la philosophie.

Ce paradoxe dissipe quelques graves erreurs qui s'abritaient derrière l'équation A = A. Il s'ajoute d'ailleurs à cette impeccable formule comme un corollaire qui la creuse, qui la développe, qui astreint le principe d'identité à nous tenir lieu de norme ou de guide pour, du multiple objectif, faire émerger l'un subjectif. Les concepts que synthétise la loi des contraires expriment invariablement l'idée de totalité ou de rUn. Ils se présentent toujours, par suite, comme des indissolubilités réelles de nos états psychiques. Opposer entre eux ces symboles d'origine diverse, mais d'aboutissement et de signification pareils, est une vaine tentative de l'esprit, une projection ou dispersion imaginaire des grandes lignes, nécessairement convergentes, de la connaissance. A ce stérile jeu si conforme à l'âge infantile des idées générales, s'acharna et s'usa la philosophie. Mais son dualisme, après nous avoir promenés d'équivoque en équivoque, et nous avoir conduits de la transcendance à l'état agnos-r

coNCLUSiOiX. — Summa delusio 203

tique, témoigne hautement aujourd'hui, par la méthode de la réduction à Tabsurde, en faveur de la vérité immanente du monisme rationnel.

La loi des contraires transforme le problème de l'unité en une sérieuse recherche de psychologie; et un nouveau progrès s'accomplit par l'analyse des vastes concepts génériques où vi-ent culminer la pensée après son passage du particulier au général. Parmi ces concepts,, lés idées de quantité, de limite, die mouvement tiennent la première place. L'examen attentif de la notion de quantité nous initie à la vraie nature de l'unité logique.

L'étude de la notion de limite nous dénonce le vide prétentieux de l'unité transcendante qui, loin, d'illuminer le mystère du monde suprasensible, s'attarde aux abords du savoir dont elle vicie et dénature, les données rudimentaires. Enfin, l'analyse approfondie de la notion de mouvement nous découvre les traits constitutifs de l'unité scientifique.

~ Les .conclusions générales que provoqué

Tétudc du concept de mouvement furent, déjà esquissées d'une façon rapide dans ce chapitre. Essayons maintenanti de résumer les résultats obtenus par l'analyse des concepts de quantité et de limite.

Le concept de quantité. — Attribut universel ,. qualité inhérente à tout ce qui existe, la quantité manifeste devant notre esprit, par l'entremise des sens, deux faces originellement bien distinctes : l'unité et la multiplicité. Mais le caractère superficiel, pour ne pas dire décevant, d'une telle différenciation, se trahit vite lorsqu'une science plus mûre l'éprouve par certains de ses axiomes, celui, par exemple, de la divisibilité infinie de la matière. S'aidant de déductions très simples, l'expérience nous dicte peu à peu une conception unitaire de ces deux grands aspects du monde. Leur contraste absolu se. reconnaît pour une illusion que nos sens engendrent et transmettent à l'esprit; leur contraste absolu, mais non pas leur différence spécifique et contingente. CeDe-

CONCLUSION. — Summa delusio 205

ci connote et symbolise le rapport mental entre le particulier et le concret, d'une part, et le général et l'abstrait, de l'autre. Elle en possède toute la réalité. La vraie nature de ce rapport se détermine, d'ailleurs, sans peine. 11 suffit pour cela de faire dériver la pluralité latente de la pluralité actuelle, ou inversement. Par suite, l'unité et la multiplicité se définissent comme deux formes mobiles et transposables l'une en l'autre, d'un seul et même acte cons- * cientiel*.

Le monisme rationnel de la science et de la philosophie s'annonce de la sorte comme une nécessité psychique ou même psycho-physique, un besoin impérieux que nos facultés apaisent justement parce qu'elles s'estiment égarées dans le chaos de nos sensations et, plus tard, de nos connaissances. Le souci d'arrêter ou de dominer la dispersion de rintclligenco

i. Rappelons, en passant, que la même méthode pourrait aussi bien s'appliquer k l'étude des concepts de temps et d'espace, de nécessité et de finalité, de causalité et d'identité.

dans le milieu qui Tenvironne, devient pour nous une préoccupation constante. A cette fin pourvoit l'intégration idéale, — synthèse subjective intimement liée aux processus extérieurs de la concentration matérielle par un rapport, soit de cause à effet, soit d^effet à cause.

Le concept de limite. — L'idée de limite joue un rôle important dans l'histoire mentale de rhumanité. La science et la philosophie lui sont redevables d'autant de notions justes et de méthodes sûres que d'illusions et de procédés trompeurs. Les trois grandes abstractions schématiques ou les trois mesures spatiales du géomètre ressurgissent dans les notns communs du langage habituel^ dans les termes généraux de la science, dans les concepts limitatifs de la philosophie. Toujours l'idée de limite servit à assurer la marche régulière du raisonnement d'analyse; mais souvent aussi elle enraya l'essor de la pensée synthétique. Pour qu'elle ne le pût faire, il eût fallu développer cette idée pleinement, et piénétrer à fond

CONCLUSION. — Summa delusio 207

son symbolisme bilatéral, Tantithëse conventionnelle du fini et de Finfini, du multiple et de l'un, du concret et de Tabstrait. Les sciences exactes ne jugèrent pas la tâche au-dessus de leurs forces. S'inspirant des méthodes mathématiques, ces disciplioes conçurent le monde à la fois comme limité par les modes logiques du concret, et comme infini dans son ensemble, dans son essence.

Singulièrement autre fut l'évolution du même concept dans les demi-sciences qui s'incorporaient aux recherches philosophiques, telles la psychologie et la théorie du savoir. Restée réfractaire aux méthodes quantitatives, cette série mentale se plia au joug d'une logique spécieuse et inféconde. On jongla curieusement avec ridée de limite et ses corollaires, les notions de fini et d'infini. On scinda le monde — le monde idéal, bien entendu — en deux parts. On les sépara par une barrière à la fois flottante et infranchissable. On osa prétendre avoir découvert une antinomie préexistante à l'es-

prit qui l'avait imaginée. On conçut et accepta Va priori, puis on le répudia. Mais on laissa intacts les linéaments généraux de la vieille méthode des contradictions irréductibles, on méconnut la nature et la fonction véritable de la synthèse rationnelle, on lui objecta une synthèse dite réelle ou transcendante, on persista quand même et malgré soi dans le dualisme.

Quelques mots encore en manière de conclusion.

Selon nous, la philosophie doit satisfaire à deux obligations théoriques distinctes. Nous réclamons Tune en nous plaçant au point de vue de son objet, et l'autre en considérant sa méthode seule.

Lorsqu'elle entrera dans le période de raison, prochain sans doute, la philosophie devra suivre la loi de ce période. Au lieu de demeurer multiple, différentielle y partielle, comme la métaphysique, elle deviendra une, intégrale et universelle. Elle s'édifiera sur la somme complète des

CONCLUSION. — Summa delusio 209^

branches du savoir. Pour la première fois, elle s'étendra à l'univers entier.

La métaphysique subissait la loi des trois types. Malgré qu'elle en eût, elle se divisait en matérialisme, idéalisme, sensualisme. Ce partage répondait d'une manière admirable aux besoins de l'époque, aux impuissants efforts du savoir pour atteindre ses degrés supérieurs et parcourir le cycle des phénomènes . La règle différentielle servait ainsi d'exutoire temporaire à la loi fondamentale et permanente qui établit une corrélation entre l'état de la philosophie et les progrès des sciences. De nos jours encore se poursuit cette adaptation; et la philosophie moderne continue à s'effriter en positivisme, criticisme et évolutionnisme, accusant par là les lacunes de la psychologie et de la sociologie.

Au point de vue de la méthode, nos desiderata

ne sont pas moins faciles à formuler. Despec*

tueuse d'une coutume consacrée par les siècles,

la philosophie intégrale tracera une ligne de

sévère démarcation entre ses procédés méthodologiques et ceux de la science. Elle évitera les hypothèses inductives convenant si bien à la détermination des parties d'un tout, et si mal à rintelligence de Tensemble, puisqu'elles entraînent nos idées vers les antinomies et les illogismes. Elle ne sera pas, comme la philosophie positive, empirique et inductive; ni rationnelle en même temps qu'hypothétique, comme le criticisme. Elle ne cheminera pas non plus par toutes les routes à la fois, comme la philosophie hybride qui aujourd'hui se pare du nom porté par Tune des plus belles parmi les doctrines de la biologie. Elle se recommandera uniquement des données vérifiées , des certitudes du savoir. Elle s'affirmera donc, en ce sens, comme expérimentale. Mais elle ne cessera point, pour cela, d'être rationnelle. Des lois les plus générales dans toutes les catégories de phénomènes, elle cherchera à déduire Tordre et la loi du monde. Du plus abstrait, elle ira au moins abstrait, ou des éléments —

CONCLUSION. — Summa delusio 2H

les sciences — , à leur composé — une conception homogène de l'univers. Elle acquerra nécessairement de la sorte Yautorité religieuse dans la large acception du terme. Elle guidera la vie morale et dirigera le grand œuvre humain. En somme, donc, nous voulons Vintégration déductive à la place de la différenciation induetive. Nous posons résolument, sincèrement, Tunité devant la dualité : le monisme logique développé et appliqué par la science, devant le monisme extrarationnel ou transcendant, envisagé par nous ainsi qu'une fin de non-recevoir, et une défaite de Tidée unitaire elle-même.

SUR l'unité logique

La solution la plus simple du problème de Tunité ressort, peut-être, de Tapplication qu'on peut faire, dès aujourd'hui, à ce problème, de la loi qui, réglant l'identité des oppositions géuérales, s'appuie sur une double base physiologique et sociologique. Car si Tunité du monde vers laquelle la philosophie gravita depuis ses commencements, nous semble encore une chimère, ce n'est point sur la prétendue tendance des penseurs à pénétrer le tréfonds inviolable des choses, mais bien plutôt parce que leurs concepts unitaires appartenaient presque tous à la grande classe des négations ultra-abstraites, fatalement vaines, impuissantes et fausses. En vérité, cette terre pro*

mise des philosophes n*a jamais cessé d'être à leur portée, en leur pouvoir, tel le sol que nous foulons journellement avec indifférence. Et loin d'offrir un but si élevé qu'il en parait inattingible, l'idée monistique fut constamment le soutien le plus ferme de la philosophie.

Mais se réduire à « l'abstrait suprême », participer en commun, dirait un platonicien, à une idée unique, l'idée d'existence, la plus enveloppante de toutes et, par là même, la plus pauvre, cela vaut-il mieux qu'être irréductible?

Bien que maintes fois mise en avant, cette objection ne prouve pas que l'unité logique possède une valeur fictive, comme on l'affirme en s'aidant de l'amphibologie du langage abstrait. Au cours d'autres ouvrages, j'appelai un tel monisme relatif et conditionnel, et je le comparai à une façon de conscience scientifique réunissant les membres épars du savoir particulier en un tout compréhensif et intelligible. C'est, disais-je, une systématisation qui mène à l'unité sans jamais l'atteindre, et qui oscille, comme cette autre systématisation, le moi, entre les deux points extrêmes où elle ne se découvre plus : l'unité et le chaos purs ^

1. Ancienne et Nouvelle philosophie , p. 322-3. Et j'ajoutai : <« La question de la possibilité de réunir en une synthèse

Je crois pouvoir compléter maintenant cette proposition par deux traits. L'unité logique dérive du pluralisme des faits réels comparable à leur incoordination absolue; et, d'autre part, elle ne doit jamais se prendre pour son propre fantôme — l'œuvre décevante qui consiste à rallier la mul* tipUcité phénoménale sous Tunité supposée de la matière, de la vie, de l*esprit.

L'unité logique demeure une unité psychologique. Et puisque nos idées résument et synthétisent nos sensations conditionnées, à leur tour^ par les faits extérieurs, autant dire de suite que l'unité mentale s'éprouve comme un lien biologique et physico-chimique. A la vérité, certains esprits s'obstinent à confier aux psychologues le soin de concilier le matérialisme avec l'idéalisme. Mais cela ne vient-il pas de ce que ces intelligences s'accoutumèrent de longue date , et par l'abus même qu'elles en firent, à ne voir partout que dé pareilles synthèses ?

C'est par sa fausse méthode que l'ancienne phi-» losophie prête le flanc aux plus vives critiques. On s'en convainc avec facilité si, pour juger telle oq telle question, on se place alternativement au

supérieure l'unité idéale et Tunité réelle des phénomènes — cette quadrature du cercle en philosophie — cesse d'être une question, dans le sens scientiûqae du terme. »

point de vue des écoles les plus disparates. Toutes, par exemple, affrontent la périlleuse contradiclion de ne pas vouloir se satisfaire d'un monisme purement logique. Le matérialiste rejette Tunité rationnelle des choses sans prendre garde que, pour lui, la pensée se résout en matière et en mouvement. Le même dédain est partagé par Tidéaliste» malgré qu'il ne souffre de réel que l'idée. Enfin un reproche égal atteint le sensualiste. Les divers systèmes constituent autant de manières différentes de désigner un fonds pareil d'illusions déterminées par les lacunes du savoir. On l'oublie néanmoins presque toujours, on exagère, on grossit outre mesure ces dissemblances de pure forme.

Ck)nsidérons encore une nouvelle difficulté. Dans l'ensemble des choses, le « psychique » se signale par son extraordinaire complication . Mais les idées de « simple » et de « complexe » associées, la première , à la notion d'unité, et la seconde & celle de muUiplicité, n'impliquent-elies pas une véritable superfélation de termes?

Si Ton songe aux nombreuses défaillances de la psychologie moderne, on ne s'étonnera pas de Tobscurité qui s'amoncelle en ce point. L'antinomie du simple et du complexe ne rentre-t-elle pas elle-même dans la classe des contraires « surabstraits » dont la nature et les conditions d'exis-

tence ne furent jamais étudiées d\ine façon scientîQque?

Hasardons toutefois Thypothèse d*une équivalence parfaite entre ces deux concepts admis pour des généralisations ultimes de Tesprit. A tous les degrés inférieurs de Téchelle abstractive, l'idée de complexité garde le caractère d'une négation véritable de Fidée de simplicité, et l'antithèse s'efface devant une idée générique plus vaste. Ainsi, par exemple, l'animal, déclaré à bon droit plus complexe que la plante, pourrait, à ce titre seul, se définir comme une non-plante. Mais le genre — la vie ou Texistence organique — qui embrasse ces deux espèces, en rétablit l'unité; et l'on voit aussitôt combien peu il conviendrait de s'enquérir de la simplicité (ou de la complexité) du genre « vie » par rapport à l'animal ou h la plante *.

Là encore règne l'ancien malentendu des controverses touchant la différence entre l'abstrait et le général *. La première de ces notions ne

voile-t-elle pas l'idée de l'un, et la seconde celle lelâi

jp [ 1. Il ne faut pas se laisser induire en erreur par l'indé-

' termination qui s^attache à tout concept négatif. Si l'esprit

ino- ' n'a pas soin de corriger ce vague, en faisant prédominer,

dans la négation, quelques traits fondamentaux du concept P { positif, il arrive d'emblée à la généralisation la plus haute, ibs- ' à l'unité logique. Voir mon livre sur l* Inconnaissable, p. 110-

^' 2. Voir ma Sociolofjie, p. 70 et passim,

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218 LA nECHERCIIE DE L UNITE

du mulliple? Et les faire coïncider, n'est-ce pas forcer le monisme el le pluralisme à se réunir, à se confondre?

En une certaine mesure, nous l'entendons bien aiasi. L'équipollence de l'abstrait et du général offre, à notre gré, un des cas les plus probants pour la loi de l'identité des contraires. Beaucoup de penseurs, au reste, ont déjà spontanément reconnu cette synonymie, et le jour semble proche où la psychologie scientifique imposera à. tous, par des preuves irréfutables, une égale conviction.

Pour nous, « l'abstrait » et m le général » expriment une réalité identique, l'un au point de vue du <i détachement de cette réalité de cas nombreux », et l'autre, pour ce qui concerne sa « manifestation en ces mêmes cas nombreus ». Si donc la généralité se perd dans la multiplicité d'un attribut, l'abstraction s'y dissout à son tour. En effet, moins une qualité suppose sa propre répétition dans les choses environnantes, et plus évidemment elle participe de la nature concrète de ces choses.

D'ailleurs , une négation fausse dans l'ordre abstrait termine toujours une série de négations vraies dans l'ordre concret. L'opposition illusoire

j, i'i,„i„:. .. j. -i.i -"onc une longue

lis rapprochée, la négative à la

vraisemblablement, de Téchelon ultime est celle du monisme et du pluralisme, de Tunité et de la multiplicité, et, corrélativement, de la simplicité et de la complexité. Il peut s'agir de l'unité (sim? plicité) et de la multiplicité (complexité) quantitative ou qualitative (physique, chimique, biologique , psychique , sociale) , — le résultat ne changera point. La contradiction ne conserve sa pleine valeur que si nous ne quittons pas le terrain des phénomènes concrets et particuliers. Et rantilhèse primitive va s'affaiblissant jusqu'au terme final, réalisé par le monisme rationnel des choses. Arrivée à ce point, elle s'évanouit complètement*.

question de savoir si l'abstrait pouvait, en certains cas, s'opposer au général. Et je crois avoir eu raison en ce sens que les discussions philosophiques portent presque toujours sur des concepts d'une extrême amplitude. Mais l'obstination de M. Spencer à séparer quand même l'abstrait du général permet de croire qu'il a en vue des idées d'un ordre relativement inférieur.

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