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RÔLE DES CONCEPTS NÉGATIFS

de telles négations ; aussi y recourt-il volontiers let les préfère-t-il souvent aux idées positives '. Arrivé à la généralité ultime^ à la chose toujours et partout pareille et identique, notre esprit essaye naturellement de faire usage du concept corrélatif : le non-être, le zéro absolu. Mais là il se prend au piège de sa propre ignorance psychologique. Il oublie que la validité d'une idée négative dépend de certaines conditions, régulièrement présentes durant le pro- -cessùs qui mène du concret à Tabstrait, du multiple à Tun, mais nécessairement absentes chaque fois que la pensée aboutit à son terme

i. Nous pensons par contrastes, dit avec raison M. Bain qui élève ce fait à la hauteur d'une règle générale de l'intelligence, la loi de la « relativité universelle ». Mais Bain (Mill, du reste, en fît déjà la remarque) se trompe en croyant que la loi de • relativité » exige toujours la présence de deux affirmations. Le contraste, indispensable pour que la conscience entre en jeu, peut se produire aussi bien entre une affîrmation et une pure négation. Autre chose est de reconnaître, dans' tous nos concepts restrictifs, un contenu réel voilé ou latent; mais M. Bain n'aborde point ce côté de la question. Voyez & ce sujet l'intéressant travail de M. Paulhan : V Activité mentale et les Éléments de Vesprit (Paris, Âlcan, 1889), p. 325, note 1.

final. Il ne saisit pas' qu'alors la négation et l*affirmation s'uhi(ient« le pur « rien » coïncidant avec l'existence dégagée de toute qualité, et le noumène ne se laissant plus distraire du phénomène. "

. Cette dernière identité, d'ailleurs, trop claire et trop simple sans doute, demeura longtemps inaperçue. On édifia une multitude de constructions chimériques, avec,, pour pierres d'asi- >sise, des négations déguisées sous des termes positifs. Bientôt même, trompé par un dualisme illogique et faux, on désespéra de jamais pouvoir atteindre à Tunité, encore qu'on y touchât.

A.UX erreurs engendrées par les concepts négatifs, à la vaine distinction de l'être tel quel et du néant, du phénomène abstrait et du noumène pur, s'ajoutèrent les illusions déterminées par le concept de causalité; et Ton en vint, par une pente insensible, à prendre ce que l'on imaginait comme différent de l'existence, pour la condition de celle-ci, pour la

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