CHAPITRE IL
DES IMPRESSIONS RELIGIEUSES, ET DE L'IM- PORTANCE DE LES ENTRETENIR ET DE LES APPROFONDIR.
Pécheur inquiet et troublé , votre situation présente est grave. Vous touchez à la crise de votre vie religieuse et de votre destinée éternelle. Nulle houche ne peut dire , nulle plume ne peut écrire la gravité de votre état actuel. Vous vous réveillez de votre long sommeil de péché et de mort spirituelle, et vous allez maintenant ou vous élancer dans la carrière ouverte devant vous , ou retomber dans un sommeil plus profond que jamais , comme il arrive ordinairement à ceux dont le sommeil n'a été que légèrement troublé. L'Esprit de Dieu lutte avec vous ; vous céderez à ses inspirations et vous vous laisserez conduire par sa douce influence, ou bien vous l'affligerez par votre résistance et votre tiédeur, et alors il vous abandonnera. Dieu vous attire par desWeu^^wxtfsvwv
Christ vous dit : a Voici, je suis à la porte, et je frappe, o
L'Esprit de Dieu lutte avec vous. Laissez-vous entraîner par ces doux liens; ouvrez à ce gracieux Sauveur; ne contristcz pas cet Esprit divin, n'étouffez pas ses inspirations. Le salut est près de vous ; le ciel s'ouvre pour votre âme. Songez que vous pouvez éteindre TEsprit nonseulement par une résistance ouverte , mais aussi par une froide négligence. Ne soyez pas, je vous en conjure, insensible à votre situation. Ne négligez pas la moindre conviction , ne dédaignez pas la plus légère impression. Vous ne pouvez rester longtemps dans Tétat où vous êtes. Vos convictions deviendront bientôt une conversion complète ou une indifférence absolue ; comme les fleurs du printemps, elles porteront des fruits ou tomberont à terre. Si votre sollicitude présente s'affaiblit, elle se calmera bientôt, et si elle se calme, il est probable qu'elle ne sera jamais réveillée. Rien n*cst plus périlleux que de se jouer du sentiment du péché ou des impressions religieuses. Si donc vous ne voulez pas laisser échapper vos sentiments présents, écoutez les avis que je vous donnerai.
i^. Songez que voè sentimerUs octueU *^mxMd
DBS IMPRESSIONS RELIGIEUSES. 21
^éwnumir. Ne pensez pas qu'il vous soit impossible de retomber. N'imitez pas la vaine présomption de l'apôtre Pierre , lorsqu'il dit : « Quand même tous les autres se scandalise- « raient en toi, je ne serai jamais scandalisé. » Rien n'est plus commun qu'une dévotion passagère. Le caractère de Facile dans le Voyage du Chrétien Ç) est un caractère comme Ton en voit chaque jour. Bien peu de personnes , à la lecture de l'Évangile , n'ont pas éprouvé quelques impressions religieuses. Une foule de pécheurs, maintenant dans les tourments, regrettent ces impressions qu'ils ont laissé échapper. Parce que vous vous inquiétez maintenant de votre salut, n'en concluez pas que vous deviez être sauvé. Oh non ! beaucoup de ceux qui lisent ces pages avec une vive sollicitude auront à déplorer de fatales rechutes. Trop de conflance en soi-même n'aboutit qu'à la confusion ; une sage défiance, au contraire, est le moyen de se maintenir dans la route du salut.
2«. Redouiez la pensée de retomber dans Vindifférenee. Que cette idée seule vous fasse trembler. Écriez-vous , dans l'angoisse de votre
(*) VoTAOT DO GHBÉTIBN A LA CiTB CELESTE, par
BaDjao. Chez X..-R. Delà y. Paris.
!22 DES IMPRESSIONS BELIGIEUSBS.
cœur : « Ohl si j'allais me relâcher; si ma piété était comme le nuage ou comme la rosée du matin; si mon cœur, qui parait maintenant touché, redevenait indifférent ; si mon âme, qui semhle près du royaume de Dieu, reculait sur le seuil même, et abandonnait les voies de Dieu ; si mes amis ou mon pasteur étaient témoins de mon relâchement , et s*ils me disaient : m Vous a couriez bien : qui vous a arrêté? )> Changement déplorable ! que Dieu , dans sa miséricorde, daigne m'en préserver ! » Mon cher lecteur, que ce soient là vos réflexions. Préférez la mort à une rechute ; soyez persuadé qu'il vaut mieux avancer dans là poursuite du salut, dussiez-vous mourir au moment où vos péchés vous seront pardonnes, que d'obtenir une longue vie et même le monde entier, en retombant dans rindifférence. Après la perte de Tâme , il n'y a rien de plus terrible et de plus à redouter que la perte des impressions religieuses , car celle-ci conduit nécessairement à celle-là.
3**. Demandez à Dieu , par de ferventes prières, qu'il rende durables vos impressions pieuses par l'aide efficace de son Saint-Esprit. Ici, lecteur, retenez bien ces deux vérités : que Dieu seul peut entretenir ces mouvements dans votre cœur , et que vous ne pouvez obtenir de lui
cette grâce que par la prière. Il est de la dernière importance , à cette époque de votre vie religieuse, que vous méditiez attentivement cette grande vérité , que la vraie piété , dans le cœur de Thomme , est l'œuvre de TEsprit de Dieu. N'allez pas plus avant , que vous ne soyez tellement pénétré de ce sentiment , qu'il soit devenu pour vous un principe d'action et une r^gle de conduite. Toutes vos convictions s'affaibliront , toutes vos impressions pieuses s'effaceront, à moins que Dieu lui-même, par sa grâce souveraine et efficace , ne les rende durables. Si Dieu ne déploie son pouvoir , vous perdrez tous les sentiments de piété que vous possédez. Dieu est la source de toute piété, comme le soleil est la source de toute lumière. Aucun sentiment pieux ne peut être produit on entretenu dans le cœur de l'homme que par le secours de Dieu ; de là , la nécessité et l'iïtilité de la prière pour obtenir Tinfluence de sa grâce. La prière est le premier pas dans la vie religieuse ; elle est l'unique moyen d'avancer jusqu'au bout dans la carrière du salut.
Recourez donc à la prière , recherchez les occasions d'être seul, élevez votre âme à Dieu, implorez son aide . priez toujours , priez sans cesse, que l'esprit de prière deme\3Lt^«ii^<soa»>
au dedans, au dehors, le jour, la nuit. Demandez que vos sentiments pieux ne s^affaiblissent pas , mais qu'ils vous conduisent à la conversion. Lisez de bons livres , consultez des amis, entendez des prédications, prenez de bonnes résolutions , mais aussi persuadez-vous bien que tous ces secours seront IneffîcaGes , si Dieu ne vous accorde son Saint Esprit. Il est assez ordinaire à ceux qui entrent dans la vie religieuse , de se confier trop en des secours extérieurs , et pas assez en Dieu. Si donc vous désespérez de trouver du temps pour prier solitairement, vous pouvez vous arrêter et abandonner les poursuites du salut, car, sans la prière , vous ne sauriez l'obtenir.
¥. Si vous voulez conserver vos impressions pieuses et persévérer dans la voie du salut » prenez la résolution de renoncer au mal^ et ieneZ" vous en garde contre le pécké. Suivez les conseDs de la Parole de Dieu : a Cherchez rÉt^rnel » pendant qu'il se trouve , invoquez-le tandis » qu'il est près ; que le méchant délaisse sa » voie , et l'homme inique ses pensées ; qu'il » retourne à l'Éternel , et il aura pitié de lui ; » et à notre Dieu, car il pardonne abondam- » ment. » ( Esaïe , LV, 6, 7. ) Tel est encore le langage que tient à Job uu de ses amis : <i Si
DBS IMFmBSSlOHS RBUGIBU8KS. 25
» tu disposes ton cceur et que tu étendes tes » mains vers Dieu , si tu éloignes l'iniquité qui » est dans ta main, tu seras affermi, n (Job, » XI, 13, 14.) Sachez aussi que le saiut qui est en Christ est la délivrance du péché. « Tu i'ap- 9 pelleras Jésus , car il sauvera son peuple de > leurs péchés , » disait Tange à Joseph , en lui annonçant la naissance du Christ, o II s'est » donné pour nous afin de nous racheter de » toute iniquité et de nous purifier pour lui être » un peuple particulier et zélé pour les bonnes » œuvres. » (Tite, II, 14.) Persuadez -vous bien que le salut que vous commencez à chercher est une vocation sainte. Abandonnez, sans hésitation et sans réserve , tout ce qu'il y a de vicieux dans votre caractère : comme la méchanceté , le ressentiment , les passions violentes ; dans vos paroles : comme le mensonge, la moquerie , la médisance; dans vos actions enfin : comme la violation du sabbat , l'injustice , la dureté , Tirrévérence envers vos parents ou vos supérieurs. L'habitude d'un seul péché étouffera vos convictions , et effacera tous vos sentiments de piété. Si vous ne voulez poi renoncer à vos péchés , ce n*est pas le salut que vous cherchez. Vous pouvez désirer de devenir chrétien, vous pouvez lire W^M^v
â6 DBS IMFIIE8SI0NS RBLIGIEUSBS.
prier Dieu , assister régulièrement aux prédications, et cependant ne faire aucun progrès dans la piété ; c'est qu'alors vous n'êtes point fermement résolu à abandonner vos pensées mondaines, vos plaisirs charnels , ou quelque habitude que vous trouvez utile ou agréable , quoique vous sachiez qu'elle est criminelle.
Tant que vous serez dans de pareilles dispositions, vous n'avancerez point dans' la piété. Sondez donc votre cœur, examinez votre conduite, et voyez s'il n'y a point en vous quelque habitude vicieuse, mais à laquelle il vous en coûte de renoncer. Si cela est , vous espérerez en vain conserver vos impressions pievh ses, et devenir un véritable chrétien.
Songez aussi que cette résolution d^idMtndonner le péché doit être immédiate. Augustin avoue qu'il priait Dieu de le convertir, mats avec cette réserve : «(Pas encore , Seigneur !» n voulait encore un peu de temps salisfiiire ses convoitises charnelles, avant de se éeniier tout entier au Seigneur. Il y en a de même plusieurs qui désirent se convertir, ou qai l^irt profession èe voidoir se oonvertir et aban* donner leur péchés , msis «t pas encore». Leui^ sentiments sont mélangés , ils désirent se sechrer, amie il^càt enoem un ttato df «RUMtr four
MtS IMPftSStlOlfS 1EIJ«IBU»S. ^
le pédié , et ils 86 mettent d'accord avec euxmémea eo preoant la résolution de renoncer au péché à une époque plus reculée. Dangereuse erreur ! Le Seigneur vous appelle maintenant, et vous devez lui répondre: a Oui; Seigneur, à présent même ; je veux, dès à présent , renoncer à tout péché. »
Non-seulement vous devez être résolu à renoncer au péché « mais vous devez vous tenir en garde contre le péché. Vous êtes dans une situation d'écrit extrêmement critique ; la moindre indulgence pour le péché peut anéantir tous vos sentiments religieux. Seulement en cédant à votre humeur vous pouvez faire un mal irréparable à votre âme, et arrêter vos progrès vers la vie éternelle. Vous éevei particulièrement veiller contre votre faihlease dominante, quelle qu'elle soit , suivant resliortaUon de l'apôtre Paul (Héb., Xlil,!). En mèjne temps, ne vous laissez pas décourager par qudques manquements ; ne vous livrez point au désespoir parce qu'il vous sera arrivé de céder à une tentation. De pareils exemples doivent vous rendre plus vigilant , mais non vous abattre. Je reviendrai plus tard sur ce sujet.
5^ l/0ii eêseniiel ^u^txms renoacUi aux cAynv-
28 DBS IMPRESSIONS RELIGIEUSES.
pagwiet numdainei et irréligieuses. H vous ftiadra du courage et quelques efforts pénibles pour rompre ainsi avec la société de ceux que TOUS aviez l'habitude de fréquenter ; mais s'ils manquent de piété , vous ne devez pas balancer un instant. Lisez les passages suivants : Psaume, CXIX, 63;Prov., 1, 11-16; II, 12-19; XXIX, 6; XIII, 20 ; 1 Cor., XV, 33; 2 Cor., VI, 14-18. Suivez ces conseils, et abandonnez la société de ceux qui attachent peu d'importance à la religion. Leur compagnie et leur conversation vous détourneraient bientôt des voies de la piété. Leur légèreté , leur indifférence , leur négligence du salut détruiraient vos sentiments religieux. Les chrétiens mêmes, affermis dans la piété , trouvent de telles sociétés nuisibles à leur dévotion, et les évitent autant qu'ils peuvent; combien seront-elles plus dangereuses pour vous dont la dévotion est encore faible et chancelante! Quand mémi de tels compagnons ne chercheraient pas, pa le raisonnement ou par la raillerie, à diminue rimportance que vous attachez à votre sal ( et soyez assuré qu'ils ne manqueront pas > le faire), néanmoins , leur conversation seule leurs dispositions dessécheraient votre pié comme un vent glacial desâëe\v«V^i\«Q;t%
MBS nmBflsioifs RBueisuaBs. 29
printemps. Il fiiut donc que vous renonciez ou à Tos sociétés impies ou à votre sa^ut ; si vous ne pouvez rompre avec elles, abandonnez tout espoir de la vie étemelle , puisque la conservation de vos sentiments religieux et la fréquentation des pécheurs sont deux choses tout-è-Epiit incompatibles. Y a-t-il, sur ta terre, uneamitié que vous puissiez préférerau sàlut, et dont vous redoutiez plus la perte que la perte de votre âme ?
&*. n est de la dernière importance que vous I employiez tous les tnoyens que l'Ecriture vous indique , et qui sont propres à entretenir votre cœur dans des disposions religieuses. Vous devez en faire usage immédiatement, sans perdre de temps, sans épargner ni peines ni soins ^ sans reculer devant aucun sacrifice. H s'agit de votre âme et de vos intérêts éternels. Il iaut éviter Fenfer, il faut gagner le ciel , il faut vaincre Satan , il faut obtenir le salut. Vos ennemis sont puissants et nombreux , les difflcaltés sont immenses, mais non insurmontables. Il faut déployer toute votre énergie , foire tous vos efforts, employer toutes vos ressources, user de tous les moyens légitimes. Lisez les passages suivants de rÉcriturc-Sainte, ^ voyez si Je salut est une t&che fac\\ft \ «.CXi^t-
30 DBS UfTEBSSIOMS BSUeSUâBS.
» chez premièrement le royaume de Dieu » sa justice.» ( Mat., TI, 33. ) — « Efforcex-vo » d'entrer par la porte étroite, car beaucov » cherchent à y entrer et ne le peuvent pas.
(Luc , XUI, â4.) •— a Tra?ailleE pour la nouri » ture qui dure éterneUemeot. «(Jean , YI, 8!1 — a Combattez le bon combat de la foi , aaisj 9 sez la vie éternelle*)» ( 1 Tioi.,VIi là.) «^ «Qi 9 quiconque veut venir avec moi renon » à lui-même, qu'il prenne sa croix et n 1» suive.D (Marc, YIU, 34. ) Quel langage! No serions presque tentés de demander : «fi peut donc être sauvé , puisque de tels effoi sont nécessaires ? Les justes mêmes ne sauvent que difficilement.» Si, comme Davl vous ne recherchez pas la foveur de dieu ( tout votre cœur, vous neTobtiendrez jnadaia serait aussi ûicile de gravir sans peine la pli haute montagne du globe , que d'anfiver i del sans efforts. Si vous croyez qu'il suffise \ quelques désirs et de quelques peinas, vq vous trompez t et votre erreur ae saurait él trop courte. Examinons maintenant leK toofè dont vous devez faire usage.
Occupes^ vous immédialemerU d*unê IteiM pieuse et aUevUive de l'EoriiureSainie. « Désir M avec ardeur, comme dçs enfants noirirell
tnl nés, le lait splritel et pur, afia que McroÎMÎez par son moyen.)» (IPier., U a Bâ>le est la nourriture de Time , comme t d'une mère est la nourriture de l'enfant ; tte nourriture vous est aussi indispen-
pour croître dans la connaissance de la !. Lisez la Bible pour y puiser à la fois des ictions et des impressions pieuses ; lisez- 9C attention et avec réflexion ; arrélezquelquefois pour méditer. Ne négligez pas re de Dieu pour les ouvrages des hommes ; -ci peuvent être lus comme interprètes de ruie de Dieu, mais ils ne peuvent vous air lieu. Si la lecture de la Bible ne vous 9sse pas comme vous Tespériez et comme
le désiriez, continuez cependant; et, rous la connaîtrez , plus elle vous intéres- Cette lecture entretiendra et ravivera vos 3Ssions religieuses , car la Bible est Téléde la dévotion. Que quelques passages obsne vous rebutent point ; il y a beaucoup oses que vous pouvez comprendre et dont fMHivez profiter. Lisez-la par portion détaf; et au lieu de la suivre régulièrement is le commencement jusqu'à la fin , choi- I les Evangiles , les Ëpltres, les Psaumes ites^n le premier ob^el de^olt^ ^\»àft.
92 DBS IMPRESSIONS REUGIBUSKS.
AiHMex réguliêremeni ei aUentivemeni A "to fridiealipnde f Evangile. Les sermons sont on secours précieux pour celui qui cherche le salut. Ecoutez la prédication de la Parole avec la ferme assurance qu'elle ne vous sera profitable qu'autant que Dieu la bénira, et, par conséquent, regardez à Dieu plutôt qu'à son ministre. Priez avant d'aller l'entendre, priez en l'écoutant , priez encore quand vous l'avez entendue. Passez de la prière solitaire au culte public, et du culte public à la prière solitaire. Faites-vous l'application de ce que vous entendez, écoutez avec attention, puisqu'il s'agit de vous et de votre salut. Evitez toute légèreté et toute négligence dans l'emploi des moyens de grâce; ne vous laissez point aller envers les choses, saintes à une ûh miliarité irrévérencieuse. Après le sermon, évitez les conversations générales , et gardezvous de seconder les mauvais penchants de ces esprits qui cherchent à enlever la semence précieuse du cœur où elle a été jetée.
Si vous le pouvez , assistez aux réunions pour
la prière. Les prières des hommes religieux ,
comme un souffle bienfaisant, ranimeront les
étincelles de la piété dans votre cœur nouvel-
Jemeot converti, et vouft e^nlovueroat pour
nmS IMPBBttlONS RBUGBCSBS, d3
iosi dire d'une atmosphère de dévotion. Dans es assemblées , on priera avec vous et pour oos ; vous apprendrez ce que les chrétiens plus vancés sentent et désirent, et leurs prières ont au nombre des meilleures instructions que ous puissiez recevoir : ainsi votre cœur s*ulira d'amour avec le peuple de Dieu.
Reeherehez les inUruclûms et les conseils de Mdque ami pieux , auqu^ vous soyez libre de découvrir fHat de voire cœur. Fréquentez la ociété des justes et identifiez-vous avec eux. rayez point honte de montrer ouvertement 'otre attachement à la cause de Dieu. Bien des :ens iie voudraient faire avec Dieu qu'une aliance secrète , parce que la crainte , l'orgueil lu rintérét s'opposent à ce qu'ils avouent puiliqnement leurs sentiments pieux. Ils gardent surs convictions pour eux et les laissent ainsi érir fiiute d'appui.
n esipenrticulièremerU à désirer que vous fassiez tnmaiire vos dispositions à votre pasteur. Allez à ni sans retard. Peut-être a-t-il déjà quelques Menses réunions, et s'il n*en a point, il sera léanmoins heureux de connaître l'état de votre ime et de sympathiser avec vos sollicitudes.
S'il ressemble à son divin maître , il prendra lans ses bras les jeunes agneaux de son trou-
34 DES nnsssicme ubeugieuscs.
peau et les portera éaiks sod sein. Ne craigne pas d'aller à lui; si vous êtes timide et pei capable de vous expliquer , il comprendra vo aveux imparfaits, il développera vos senti ments et vos pensées , et vous offrira encoun geraent et instruction. Une demi-heure d conversation avec ce médecin des âmes von sera souvent plus utile dans les premiers pa de votre vie religieuse que la lecture de beau coup de livres et l'assiduité à beaucoup d prédications.
Souvenez-vous pourtant qu'il ne faut ni tffOj compter sur les moyens extérieurs , ni trop te négliger. N'oubliez pas ce que je vous ai éà toudbant Fœuvre de l'Esprit de Dieu, il ei toute votre aide : ni vos amis , ni vos paatenn ni les lectures , ni les prédications , oi la BiU elleHfnéme ne doivent vous détourner d'ua entière conflance dans le secours du Saint Esprit. Beaucoup de gens, inquiets de lau salut, semblent n'avoir de confiance que dan certains moyens extérieurs; si ces moyen viennent à leur manquer, s'ils se lirouvent M vrés des pratiques religieuses auxcpieUM I sont accoutumés, ils sont tristes, chagrins il découragés, et non-^eeulement ne font «moi progrès, mais se font beaucoup de tort pa
MM nmutmoHs b£ligibusb8. 35
léfiaoce et par leur humeur. Noos devons ter sur Dieu et sur Dieu seul, lui qui -ait bénir ses serviteurs dans les ténèbres cachot où la lecture de la Bible serait im- Ue , et dans la solitude d'un désert où la cation de la Parole ne pourrait être en* le.
rsnadez-vous bien de la richesse de la ) de Dieu pour votre salut. Tous vos efpour chercher le salut ne vous en rendent iigaeSt ^ si vous l'obtenez, ce ne sera pas *e de récompense. Imaginer que vous avez M et réclamer la grâce nécessaire à votre eMiM, perce que vous faites profession l rtcbereher, ce serait imiter le Ihneste ipto de ceux qui autrdbis cberclndent à îr Iwf propre jnstioa au lieu de se soure i la justice de Dieu. Vos convictions, iCtttiaMJiiti» votre sollicitude, vos larmes» ppièrea» veère assiduité au culte public, > aoMaéeitieDt impttrfeit n'ont drdt A au- ) récompenser de la p»rt de Dieu : il n^esl t oUigé éd vou» sanver pour des eflbris ae tendent e* rîen à sa gloire : jusqu'à ee voas etoyiéz à ses proMesses , il ne con- \tà aueua engagement envers vous pour ^flattv0r« Malgré tous vos efforts, vous étés
36 DE8 mFRESSIONS RELIGIEUSES.
à sa merci, et s'il tous sauTe, c'est un pur don de sa bonté.
Ne vous imaginez pas que toute votre sollicitude doive assurer nécessairement la conversion de votre âme. En vous croyant sûr de la conversion parce que vous la cherchez, vous pourriez affaiblir et même détruire vos convictions pieuses. U y en a des exemples* Un pécheur, étant dangereusement malade, fut saisi d'horreur en examinant sa vie passée ; on lui conseilla de faire venir son pasteur, dans l'espoir qu'il calmerait ses inquiétudes. Le pasteur vint. Le malade lui assura que si Dieu lui conservait la vie, sa conduite serait le contraire de ce qu'elle avait été. Il assisterait au culte public; il instruirait ses serviteurs; il adorerait Dieu avec sa famille ; il ferait eoûn tout ce que doit faire un chrétien. Ses vœux furent comblés ; il fut reconnaissant de sa délivrance et n'oublia pas ses promesses. Pendant plusieurs mois, il tint fidèlement sa parole, du moins aux yeux du monde. Cependant, après un laps de temps, il jugea que tant de piété était superflue. Il renonça d'abord au culte privé et au culte domestique; bientôt le culte public lui \levint importun, et il se montraenfin le même qu'auparavant. Atteint de non-
DES UIFftSSSIONS RELIGIEUSES. 37
veau par une dangereuse maladie, on lut conseilla de faire venir le pasteur pour qu'il lui apportât de nouvelles consolations. « Non, ditil, après avoir violé toutes les promesses que j'avais faites à Dieu, je ne puis espérer de pardoo. » La mort le trouva dans cette déplorable situation d'esprit, et le lit passer dans un monde où il n'y a point de changement !
C'est là l'histoire d'une multitude de pécheurs. Leur cœur est touché, leur conduite s'amende el &it naître les plus douces espérances dans le sein de leurs amis et de leur pasteur ; mais ces espérances sont souvent chimériques.
« Quand Dieu faisait mourir les enfants d'Is- » raêl, ils le cherchaient et se retournaient ; » ils se souyenaient que Dieu était leur ro- » cheri et que le Dieu fort et souverain était » leur libérateur ; mais ils le flattaient de leur » bouche et lui mentaient de leur langue. »
(Ps. LXXYlil, 34-36.) Cependant ils ne mentaient pas toujours volontairement ; quelquefiûs leurs promesses furent sincères, mais < leur cœur n'était pas droit envers Dieu » , et c'était parce que leur cœur n'était pas droit envers Dieu que, quoiqu'ils fussent touchés, c ils n'étaient pas fidèles à son alliance. » n n'y a peut^tre pas un ministre de l'Evan-
gile qui ne pût fournir quelque exemple frap^ pant qui prouverait que les convictions et les impressions religieuses ne mènent pas toujours à la conversion. — J'entrai dans la vie religieuse avec trois amis, dont l'un me fut éminemment utile en plusieurs circonstances ; mais je découvris bientôt que sa dévotion n'était qu'une dévotion passagère. Le second retourna bientôt à son péché, « comme le chien retourne à ce qu'il a rendu, et comme le pourceau retourne au bourbier où il se roule dans la fange.» Le troisième, qui fut pendant quelque temps mon ami intime, adopta les erreurs de Tincrédulité, et tel était son zèle pour sa nouvelle croyance qu'il passait les nuits à copiei' les mauvais ouvrages de Paioe. Peu de temps après il tomba dangereusement malade , sa conscience se réveilla , ses remords furent horribles; il fit brûler tous les écrits impies qu'il avait passé tant de nuits à copier. Ses compagnons et ses principes d'incrédulité l'abandonnèrent à la fois, et en présence d'un ami pieux qui vint le visiter, il confessa avec larmes ses fautes et son repentir. Il se rétablit, mais ce fut pour retomber encore, sinon dans rinoréduhté, du moins dans une indifférence complète pour la religion.
DES IMPRESSIOXS RELIGIEUSES. ^
De tels exemples prouvent, par des faits, qu'il n'est que trop certain que beaucoup de gens cherchent à entrer par la porte étroite, mais ne peuvent y parvenir. Et pourquoi? ce n'est pas que Dieu ne veuille pas les sauver, c'est qne, se reposant sur leurs impressions religieuses , ils n*arrivent pas à la conversion. 11 est donc dangereux, cher lecteur, de conclure que vous êtes sûr d'être sauvé, parce que vous le désirez ardemment. Il est vrai que si Dieu a commencé une œuvre, il l'achèvera jusqu'au jour du salut ; mais ne vous hâtez pas de croire qu*il l'ait commencé. Votre présente situation d'esprit peut, à la vérité, vous donner l'espoir d'être sauvé, mais cet espoir doit venir plutôt de ce que Dieu a promis et de ce qu'il est, que de ce que vous ressentez.
Par conséquent, regarder votre disposition présente avec un œil de complaisance , imaginer qu'elle met Dieu dans l'obligation de vous convertir, la regarder comme un gage assuré de salut, au lieu de la considérer comme un effort pour le salut, qui peut être ou non couronné du succès, c'est le moyen de perdre vos impressions religieuses, et de retourner au péché et au monde. Tous ne devez considérer votre sollicitude présente que comme une si-
tuatioD d'esprit qui, si elle vous conduit à un foi véritable, vous conduira de même au salut entretenez donc précieusement cette sollici tude, cherchez la grâce de Dieu pour qu'j vous donne une repentance sincère, et un véritable foi en notre Seigneur Jésus-Christ. Le sujet de ce chapitre peut être éclaire par un extrait d'un livre très édifiant, I journal de M. Joseph-Williams de Kiddermins ter. a Vers ce temps, dit-il en parlant de s jeunesse, une promenade avec mon père, quelques milles de notre demeure, me fu extrêmement utile. Il m'exhorta à pratiquer I religion dans ma jeunesse, comme le temps 01 l'esprit est le plus propre à recevoir de bonne impressions; il m'engageai ne pas remettr l'importante affaire du salut à un avenir ir certain. Il me représenta non-seulement Ti certitude de la vie, mais encore l'improbabi de ma conversion dans ma vieillesse, qu mes habitudes vicieuses se seraient enraci' par une longue habitude du péché. Pou toucher plus profondément, il me raconta ques particularités d'un entretien qu'il eu avec une personne de sa connaissant soir , dit-il , je revenais de Bewdle M. Badford et son fils , John. Après
DBS IMPRESSIOlfS RELIGIEUSES. 41
fait part de quelques détails sur sa conduite, lorsqu'il défendit des chrétiens persécutés contre des attaques injustes et brutales, il adressa la parole à son (ils.
c Mon fils, lui dit-il, quoique je n'aie pas été moi-même aussi religieux et aussi soigneux des intérêts de mon âme que j'aurais dû l'être, cependant je ne puis m'empêchcr de m'intéresser yivement à votre bonheur éternel ; ici, en présence de M. Williams , je vous avertis de ne pas suivre mon exemple. Je vous ai souvent engagé à vous lier avec M. Williams , il vous guidera sur le chemin du ciel. Vous êtes lié avec une foule de jeunes gens qui ne peuvent vous faire aucun bien ; je voussomme d'abandonner leur société, et de passer autant de temps que vous le pourrez dans celle de notre voisin. — Monsieur, lui répondis-je, je suis accablé d'affaires , et je suis beaucoup plus vieux que votre fils ; la compagnie des jeunes gens lui convient donc mieux que la mienne.
k ces mots, il arrêta son cheval , et se tenant entré son fils et moi : Je ne bougerai pas de là, dit-il , que vous ne m'ayez promis de renoncer à la compagnie de ces jeunes gens , et de vous lier étroitement avec M. Williams. Pratiquez la religion dans votre jeunesse, et ne
faites pas ce que j'ai fait, j'ai négligé mes convictions religieuses, et maintenant mon cœur est froid et endurci.» — ^Je fus en quelque sorte pétrifié par ces derniers mots du vieillard; et quoique mon père ait continué à me raconter le reste de ses discours, et la promesse qu'il obtint de son fil&, mes pensées étaient toutes absorbées dans la méditation de ces paroles : « Mon cœur est froid et endurci. » — J'étais si profondément ému de Thorrible situation de ce vieillard, que je ne pus penser à autre cbose pendant tout le reste du cbemin; et môme quand je me livrais à mes occupations, ces mots retentissaient encore à mes oreilles. Je demeurai longtemps dans cette grave disposition d'esprit; je craignais de tomber à la fin dans un pareil état , que je regardais comme le plus grand malheur dont je pusse être afOir gé. Je retournai à notre habitation , la pensée toujours fixée sur ce grave et important objet. Pendant ces réflexions, mon cœur était embrasé au-dedans de moi, je méditais en silence sur les précieux intérêts de mon âme, et cette impression ne s'effaça que bien longtemps après. »