CHAPITRE V
Supposez que les sujets d'un monarque juste et sage se révoltent contre lui sans motifs légitimes , et prennent les armes pour le détrôner : par cet acte de rébellion ils exposent leur vie. Cependant le souverain, dans sa clémence, est disposé à pardonner : il déclare dans une proclamation que tous ceux qui , avant un certain temps , viendront à lui , déposeront les armes , confesseront leur faute et imploreront sa miséricorde, seront épargnés et rétablis dans leurs privilèges de citoyens , mais que ceux qui seront pris les armes à la main seront mis à mort. Quelles doivent être alors les dispositions de ceux qui veulent être Sauvés? Ils doivent croire.
Us doivent croire que la proclamation a été publiée par le monarque et qu'il tiendra sa parole ; non-seulement ils doivent croire la proclamation , mais ils doivent encore avoir confiance en leur souverain , tf e«»\.A-^Yt^ «h^Jw
foi en lui. Quel est leur gage et leur garantie pour aller à lui ? Sa proclamation seule , et non leurs désirs ou leurs convictions. Si un des rebelles voulait rentrer dans le devoir , il ne se dirait pas : « Je suis encouragé à aller trouver mon souverain , et à espérer mon pardon , parce que je le désire vivement , car ce désir du pardon ne le lui garantit nullement ; mais il se dirait : a Mon roi m*a ordonné de revenir à lui ; j'ai sa parole , et je puis me fîer à lui ; j'irai donc plein d'espoir de pardon. » 11 y va , et quoiqu'il sache qu'il a exposé sa vie , et mérité la mort , cependant il est assuré de son pardon, parce que le souverain Ta promis et qu'il se fie à sa véracité. Telle est la foi. Cette foi lui mérite-t-elie son pardon? Non, mais elle le lui assure. L'homme peut-il dire que ses œuvres le sauvent? Non , il est sauvé par grâce, au moyen de la foi.
Mais supposez qu'au moment où il connut la proclamation , il fût simplement convaincu et en quelque sorte fâché de sa faute , et désireux de pardon , mais qu'il ne soit point allé vers son souverain, et qu'il se soit dit : « Je crains d'y aller ; le prince est puissant et entouré de gardes qui me feraient périr ; j'ai été un des principaux x^hek de la lèvoMe , \çi w(» \iui8 donc
espérer mon pardon , quoique je le désire vivement et que je sois prêt à tout faire pour r(d)tenir. » Le temps de la clémence se passe; cet homme est pris les armes à la main , et est mis à mort. Le méritait-il? Oui , doublement ; d'abord,. pour sa révolte; ensuite, pour son incrédulité. C'est son manque de foi et non sa révolte qui est la cause de sa mort. Sa faute lui aurait été pardonnée s*il avait cru. Son chagrin , ses larmes , son désir du pardon ne pouvaient le sauver ; il a fait uoe nouvelle insuite a son souverain en doutant de sa véracité et en désobéissant à son commandement.
Pécheur inquiet, prenez garde que ce ne soit là votre histoire comme celle de beaucoup d'autres. Ils sont rebelles contre Dieu, ils sont coupables d'innombrables transgressions, a Dieu » a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils à unique au monde, aûn que quiconque croi- » rait eu lui ne pérît point , mais qu'il eût la » vie éternelle.» (Jean, lïl, 17.) aCette Parole « est certaine et digne d'être reçue avec une entière croyance : c'est que Jésus-Christ est » venu au monde pour sauver les pécheurs. )> (1 Tim.-, 1,15.) Telle est la proclamation de miséricorde. Repentez-vous de vos péchés»
croyez en Christ, espérez \e sa\w\. V\M&\««!t%
9a DE LA FOI.
» colère de Dieu demeure sur lui. » ( Jean, III, 18, ^.) ((Celui qui croit au Fils de Dieu a le » témoignage de Dieu en soi-même ; celui qui » ne croit point à Dieu le fait menteur , car il n'a pas cru au témoignage que Dieu a rehdu » de son Fils.» ( 1 Jean , V, 10. )
Vous voyez donc quelle est Timportance de la foi en Christ. C'est le pivot sur lequel tourne le salut ; sans elle , toutes nos connaissances , toutes nos impressions, toutes nos convictions, ne sauraient nous obtenir le ciel. Persuadezvous donc bien que la foi est la grâce qui sauve, ou , en d'autres termes , qu'elle est cette disposition à laquelle le salut est attaché. Si vous avez la foi , vous êtes sauvé par cela môme ; et si vous ne l'avez pas, vous êtes condamné , quelle que soit votre sollicitude ou votre désir de salut.
Mais il est essentiel que je vous donne , à ce sujet, quelques éclaircissements, et que je vous expose :
!•. Ce que vous devez croire. La foi , en général, signifie la croyance de ce que Dieu a attesté dans sa Parole ; mais la foi en Christ signifie la croyance à ce que l'Écriture dit de lui , de sa personne , de son office , de son œuvre, \on» devez croire q\V\\ est » Ve Fila de Dieu,
» Dieu manifesté en chair, Dieu homme et mé- )> diateur. d Car comment une simple créature pourraif^elie être notre Sauveur ? Par la foi, vous conûez votre âme au Seigneur Jésus. Pourrait-ii donc n'être qu'une créature comme vous? La divinité de Jésus-Christ n'est pas simplement un article de foi, elle est aussi le fondement de votre espérance. — Vous devez croire à la doctrine âh l'expiation; vous devez croire que Christ a satisfait à la justice divine pour l'homme coupable, qu'il a fait la propitiation pour nos péchés , et que son sacrifice et sa justice sont le seul fondement sur lequel le pécheur puisse bâtir l'espoir de son salut.
Vous devez croire que tous, quelles que fussent leur corruption et leur indignité, sont devenus capables du salut sans exception et sans difficulté. Vous devez croire que Dieu aime réellement le monde, et qu'il est disposé à sauver les plus grands pécheurs, et que par conséquent il ^st plein de bouté pour. vous. Ainsi donc, au lieu de vous arrêter à la considération d'un amour universel , vous devez vous appliquer cet amour à vous-même et croire que Dieu vous aime et qu'il a donné son Fils pour vous; vous faitespartie de ce monde que Dieu a aimé et pour lequel Christ Çi?»l \ûSi\\.> v^V
VOUS ne devez pas vous croire perdu dans la foule. Vous ne devez pas croire que le plan du salut s'applique à tous excepté à vous , mais qu'il s'applique à vous comme à tous. Vous devez vous dire : « Dieu est bien disposé envers moi; Christ est mort pour moi, je serai sauvé si je crois en lui , il m'accueillera aussi bien que tout autre. » La foi n'est pas la persuasion de votre piété personnelle ; c'est la persuasion que Dieu aime les pécheurs , que Christ est mort pour les pécheurs, pour vous comme pour les autres ; ce n'est pas la persuasion que vous êtes un vrai chrétien, mais que Christ est prêt à vous accorder toutes les bénédictions attachées à ce titre. C'est la croyance à quelque chose hors de vous, mais qui vous concerne.
L'objet de la foi est l'œuvre de Christ pour vous, et non l'œuvre de l'Esprit eu vous. Gardez-vous de confondre ces deux choses. Si je promets des secours à quelqu'un , et qu'il ait foi en ma promesse, c'est moi qui suis l'objet de sa fol , et non l'état de son esprit en se confiant à moi. Si donc vous voulez avoir la foi ou affermir celle que vous avez , fixez vos yeux sur le témoignage de Christ, que vous trouvez dans l'Évangile.
2". Je vous dirai maintenant comment vous
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devez croire,* mais cela est-il nécessaire? Quand nous parlons de croire à quelqu'un , il n'y a point là de mystère. Quand on commande au rebelle de croire à la proclamation de son souverain et d'implorer son pardon, quand on commande à l'indigent de croire à la promesse de son bienfaiteur, demanderontr-ils comment ils doivent croire ? que signifie la foi dans ces deux suppositions ? La persuasion que la promesse a été faite et la conGance que la personne qui a fait cette promesse tiendra sa parole. — Voici donc tout le mystère de la foi. C'est la croyance que Christ est mort pour les pécheurs : que tous ceux qui comptent sur lui seul seront sauvés ; c'est la confiance que le salut nous viendra do lui. Oui, la foi, c'est la confiance en Christ; la foi et la confiance sont une seule et même chose, (c Je sais en qui j'ai » cru , dit l'apôtre, et je suis persuadé qu'il a » la puissance de garder mon dépôt jusqu'à ce » jour-là. » (2 Tim. I, 12.) Croire, être persuadé, avoir confiance, c'est un même acte de l'esprit ; c'est la foi ; c'est se reposer sur la parole et sur l'œuvre de Christ pour le salut; c'est compter uniquement sur son expiation et sur sa justice pour être agréable à Dieu ; c'est att^dre le salut parce qu'il Va ptoiu\%.^vi&\<tv
pérance, il n'y a point de foi; car la foi en la promesse d'un homme implique Tespoir de son accomplissement. La foi consiste donc à chercher, à attendre le salut par l'œuvre de Christ, et parce que Dieu Ta promis.
Voyez ce qui arriva aux Israélites mordus par les serpents (Nomhres, XXI, 4-9; Jean III, 14-15): ceux qui avaient été mordus reçurent Tordre de regarder le serpent d'airain. Ceux qui croyaient fermement à la promesse qui leur avait été faite, que cet acte serait suivi de leur guérison, ohéirent; donc ils croyaient, donc ils espéraient. Ceux qui ne regardèrent point le serpent d'airain n'espéraient pas la guérison, mais ceux qui le regardèrent l'espéraient. Si donc vous n'espérez pas le salut, vous ne croyez point ; car dus que vous croirez véritablement> votre croyance sera accompagnée d'espoir, a La foi est une vive représentation » des choses que l'on espère. » (Ileb. XI, 1.) La foi étant donc l'espérance du salut par Chri^ et parce qu'il l'a promis, elle est faible ou forte, suivant que notre espérance est plus ou moins certaine, plus ou moins exempte de craintes et de doutes.
3°. Mais quand un pécheur doit- il croire?
Étrange question ! Et cependant il faut y ré^
pondre, car on nous l'adresse quelquefois. Lorsque vous avez promis des secours à un indigent, ou le pardon à un ennemi , s'ils vous demandaient : « Quand dois-je croire à votre pro- » messe ? » n'éprouveriez-vous pas quelque surprise à cette question ? La nature même des choses implique la convenance et la nécessité d'une foi immédiate. Votre véracité est aussi grande dans ce moment qu'elle le sera jamais, et requiert, par conséquent, une confiance instantanée. Supposez que le mendiant vous dise : « Je ne sens pas assez ma pauvreté pour vous croire maintenant ; quand la faim me pressera davantage, je croirai à votre parole et je viendrai. )) Un tel langage ne serait-il pas insensé? £t cependant telle est la conduite de beaucoup de gens par rapport à Christ et par rapport à la foi en lui. Ils savent que la confiance en lui seul est nécessaire pour le salut ; qu'ils doivent enfin venir à lui ; mais ils paraissent croire que s'est une disposition d'esprit à laquelle ils doiirent être amenés un jour par quelque moyen nconnu , et non un devoir qui doive être imnédiatement accompli. Ils espèrent qu'ils au- •ont la foi plus tard , et ne songent pas qu'il eur est ordonné de confier sans retard leur ime à Christ.
Lecteur, réfléchissez à la nécessité de cette croyance immédiate ; vous savez que vous c^tes pécheur; vous savez que ni à présent , ni plus tard vous ne pouvez rien faire par vous-même pour vous sauver. Christ est-il maintenant votre Sauveur, a-t-il la volonté et le pouvoir de vous sauver? oui , certainement. En sera-t-il plus capable, et y sera-t-il plus disposé dans un mois ou dans un an qu'à présent ? non sans doute. Vous dit-il : o Venez à moi , pas à présent, mais plus tard ? croyez-en moi, mais pas encore? » vous savez que non. Toutes ses invitations, toutes ses promesses, tous ses encouragements sont pour le moment présent. L'Ecriture vous dit : « Si vous entendez aujour- » d'hui sa voix , n'endurcissez pas vos cœurs. » Voici maintenant le temps favorable , voici » maintenant le temps du salut. » « Venez, cai » tout est prôt.))«Il attend pour vous faire grâce.» (Heb.,m,7,8; lïCor.,VI,2;Luc.XÎV,17; Esaïe, XXX, 18. ) — Qui vous empêche donc de croire immédiatement à Christ ? qui vous empêche, si ce n'est votre propre répugnance de vous confier immédiatement à lui pour votre salut 1 — Quoi, maintenant ? dite§-vous , étourdi à \i pensée de calmer immédiatement vos inquiétudes pqr l'espoir du salut : et pourquoi ptt
DK LA FOI. 99
maintenant I « Hélas ! plût à Dieu, direz-vous, que cela me fût possible, car mon esprit est troublé, je sens que jo suis pécheur, et cependant je m'afflige quelquefois de ne pas le sentir assez vivement Je suis troublé et agité, car je ne puis croire que mes péchés me soient pardonnés. Je ne suis point encore réconcilié avec Dieu, je le redoute, et, si je venais à mourir, je tremble d'être sous le poids de sa colère. » Souffrez que je vous rappelle que vous ne serez jamais en paix tant que vous n'aurez pas la foi ; la paix est le premier fruit de la foi. Ecoutez ce que dit un apôtre: « En qui vous » croyez, quoique vous ne le voyiez pas en- » coré, et en croyant, vous vous réjouissez » d'une joie ineffable et glorieuse. » (1 Pierre, i0| l, 8.) Il est dit du geôlier de Philippes : » Qu'il *■ » se réjouit croyant en Dieu. » (Act. XVI, 34.) Vous ne jouirez jamais d'une paix véritable que >ous ne croyiez en Christ; vous cherchez cette (ttix par tous les moyens possibles, par la prière, par la considération de vos convictions pieuses, par la résolution de renoncer au péché et de servir Dieu, et vous parvenez quelquefois à adoucir vos inquiétudes ; mais cette paix n'est pas durable. Votre joie est comme la clarté ^ douteuse d'un flambeau au milieu de la nuit,
lié
mais non comme la clarté brillante du soleil ; et vous êtes quelquefois tenté d'abandonner la religion et de retourner au monde, car la paix semble aussi loin de vous que jamais.
Mais arrêtez-vous et adressez-vous cette question : a Suis-je vraiment dans le chemin de la paix? ai-je jamais véritablement cru en Christ? lui ai-je confié mon âme pour obtenir le salut suivant sa promesse ? v Non , car vous ne seriez pas ainsi troublé. Qui donnera la paix au pécheur accablé du fardeau d'une mauvaise conscience ? qui le soulagera dans sa détresse? Ce sera la foi en Christ, non pas la foi ellemême, mais Christ qui en est Tobjet. Et ne dites pas : « Si je croyais avoir la foi, ou si je pouvais sentir ma foi affermie, je me réjouirais alors; » car ce serait chercher la paix dans la foi même au lieu de la chercher dans la foi en Christ. La foi n'est pas notre sauveur, mais c'est l'œil qui se fixe sur lui, le pied qui va à lui, la main tendue vers lui. Supposez que vous soyez en proie à une maladie dangereuse et désireux de votre guérison ; quand vous êtes tourmenté de vos inquiétudes, et quand vous avez inutilement tenté tous les remèdes, un médecin vient à vous et vous dit; a J'ai un remède infaillible pour \olte maX^^iVa, \\ ^ %uéri
nillîep de personnes , et vous guérira . » Quel effet cela produira-t-il sur vous ?
ffet proportionné au degré de confiance ^ous auriez dans cette promesse. Si vous plus d'inquiétude et plus de crainte de s être guéri que de foi, vous n'obtiendriez le repos, le manque de confiance vous tiendrait dans un état de sollicitude. Sup- ; au contraire que vous ayez confiance au !cin et au remède, qu'en résulterait-il?
vous réjouiriez aussitôt; votre inquiéserait calmée avant que vous eussiez pris mède et que vous en eussiez ressenti les îux effets, et vous vous écrieriez : « Quel eur î je vais être guéri ! » — Quelle est . dans ce cas, la cause de votre joie? la esse de votre médecin, ou, en d'autres Bs,*la foi en cette promesse. Vous ne vous issez pas parce que vous croyez, mais ) que la promesse est certaine. Vous prendonc aussitôt le remède, et quand vous iriez éprouvé Tinfluence salutaire, vous réjouiriez encore davantage ; votre joie ', de deux sortes, d'abord la joie de la foi, l'assurance d'être guéri, ensuite la joie xpérience, en voyant que vous êtes guéri, le est la condition d'un pèc\vçi\\\ ^ç.çsîçîvv^.
Si.
du sentiment de sa faute. Dans son inquiéti il cherche les moyens de soulagement, il nonce au péché, et s'efforce de devenir n leur ; mais le sentiment do la condamna pèse encore sur son cœur, et il est bien loii goûter une paix solide. Dans cette situai Christ, le médecin des âmes, vient à lui c les promesses de TËvangilef et lui dit : a 1 » sang purifie de tout péché ; mon Esprit [ » renouveler et sanctifier le cœur le plus » durci et le plus corrompu; viens à me » tu seras sauvé. » Quel est alors le devoii pécheur? De croire immédiatement et sam serve, et de se réjouir ; car la joie est le 1 manifeste de la foi. S'il croit réellement, j réjouira, et s'il ne se réjouit pas, c'est p; qu'il ne croit pas.
H ne doit pas attendre qu'il soit sauvé ] éprouver delà consolation, niais il doit en sentir en croyant qu'il y a un Sauveur et < peut être sauvé. Pour ressentir cette pai cette consolation, il ne doit pas attendre se sente justifié, converti et sanctifié, car peut arriver à cet état sans la foi. Sa pren joie doit être la joie de la foi, celle de Te: rience vient ensuite. Il doit d'abord soréj dans là promesse d'une ^uéTteou t^irito
ensuite il se réjouira dans le sentiment de cette guérison. Quand les Juifs, touchés de la prédication de Pierre, s'écrièrent avec désespoir : a Que ferons-nous? » il leur répondit : tf Repentez-vous, et soyez baptisés au nom do B Jésus-Christ pour la rémission des péchés; » alors ils reçurent la Parole avec joie, et fu- » rent baptisés. » (Act. H, 37, 41). ils reçurent la Parole avec joie, c'est-à-dire; ils crurent la promesse et devinrent joyeux, ici, une foi instantanée produisit une joie immédiate ; ils n'attendirent pas qu'ils se sentissent sauvés, mais ils se réjouirent aussitôt. Voici un autre exemple. Paul dit, dans une de ses épltres : a Ce * qui fait notre joie, c^st que nous nous sommes » conduits dans le monde en simplicité et en » sincérité devant Dieu, non point avec une » sagesse charnelle , mais avec la grâce de » Dieu. » (â Cor. I, 12.) Ceci est la joie de Fexpérience ; c'est la paix résultant de la croyance; et n'est-ce pas une cause suffisante do joie, de penser que Dieu a tant aimé le monde et vous
qui en faites partie; qu'il a donné son Fils pour votre salut; que Christ vous invite, qu'il a la volonté et le pouvoir de vous sauver? Mais ^^ependant vous vous imaginez encore que si vous étiez sûr d'avoir la foi, vous seriez con-
soie, que si vous aviez la preuve de votre foi, vous auriez la paix ; ce serait alors cette preuve qui vous donnerait la paix, et non Tœuvre de Christ.
il importe aussi que vous compreniez bien que vous n'avez pas la foi, si vous n'éprouvez pas quelque consolation. Si vous sentez encore le fardeau du péché sur votre conscience avec toutes ses craintes, si vous vous faites encore avec inquiétude cette question : « Que dois- je faire pour être sauvé? » si vous redoutez encore Dieu ; si vous êtes encore sans espoir de pardon, vous ne croyez point, car une foi véritable, quand même elle ne serait pas une assurance complète, vous soulagerait cependant de cette anxiété. Bien des gens prétendent avoir la foi, qui cependant n'ont point la paix, et qui se demandent : « Pourquoi ne suis-je pas en paix? » Parce que vous ne croyez pas réellement en Christ, et que vous vous faites illusion ; vous n'avez pas la vraie foi, vous ne vous confiez pas réellement en Christ ; vous ne croyez pas à la bonne nouvelle du salut ; car si vous y croyiez, vous seriez heureux ; croyez donc, croyez sincèrement, croyez dès maintenant et vous aurez la paix.