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tniche, le 29 février, la Grèce, le 8 mars, la Suède le 15 mars, ont reconnu le Gouvernement des Soviets: tandis que la Norvège, suivant en cela l'exemple du Royaume-Uni, a procédé à la nomination d'un chargé d’affaires à Moscou, en attendant que les négociations, qui vont être entamées, aient permis le règlement des questions pendantes, l'Autriche et la Russie, après des pourparlers très courts, sont convenues de transformer en missions diplomatique leurs missions commerciales respectives à Moscou et à Vienne (1). De leur côté, le Japon et la Roumanie, les deux seuls Etats limitrophes de la Russie qui ne sont pas encore en relations avec le Gouvernement des Soviets, semblent vouloir faire dépendre la reconnaïssance des Soviets de la solution préalable des problèmes en suspens : à la différence de ceux qui se posent à propos de l'établissement de rapports normaux entre les Soviets et les autres pays, les problèmes qui divisent la Russie, d'une part, le Japon et la Roumanie, d’autre part, sont surtout d'ordre politique et territorial. Le Japon subordonne la reconnaissance du Gouvernement bolchéviste à la conclusion d’un accord relatif aux réparations dues par ce Gouvernement pour le massacre des ressortissants japonais à Nikolaïevsk en 1920 et aux pêcheries sur les côtes de la Sibérie (2). Quant à la Roumanie, elle est à la veille d'entrer en négociations à Vienne avec le Gouvernement des Soviets pour tenter de régler les questions pendantes dont la
Etat sur l'Archipel du Spitshberg, y compris l'île aux Ours, adhérant ainsi, quoique par une woie ändirecte, aux dispositions du Traité signé à Paris le Q Février 1920, 6
(1) Les chefs de ces missions commerciales ont été nommés ministres plénipotentiaires et ont été munis de lettres de créances les accréditant respectivement auprès du Gouvernement russe ou auprès du Gouvernement autrichien.
(2) Des négociations russo-japonaises ont été ouvertes à Dairen, à Tchantchoun età Tokio, au-cours des années 1921, 1922 et 1923, pour régler les questions pendantes entre les deux pays : ‘toutes sont restées sans résultats. Le Japon a évacué le territoire de la Sibérie orientale, mais il continue à «occuper la partie septentrionale de Sakhaline. En réalité, les difficultés qui existent entre les deux pays sont sans rapport .avec le problème de la reconnaissance du Gouvernement des Soviets, et ce serait mal les apprécier que d'y voir autre chose qu'une phase de la lutte entre la Russie et le Japon pour la prééminence en Extrême-Orient, |
plus importante est Uioure la question de la Bessarabie (1).
Les autres Etats restent dans l’expectative et semblent attendre, pour définir leur attitude, de connaître les résultats des décisions prises par l'Angleterre et par l'Italie (2).
Les Etats-Unis ont, récemment et à deux reprises, exprimé leur point de vue. Le 6 décembre 1923, dans le message qu’il a adressé aux deux Chambres réunies, le Président Coolidge a déclaré n'avoir aucunement l'intention de modifier son attitude précédente à à l'égard de la Russie: le Gouvernement américain conserve pour le peuple russe, dont il est l’ami traditionnel, dés sentiments de vive sympathie et il ne s'oppose nullement à ce que ses ressortissants concluent des affaires avec la Russie, mais il se refuse, quant à lui, à entrer en relations avec un gouvernement qui répudie ses engagements internationaux. Le Président Coolidge subordonne l’établissement de rapports avec le Gouvernement bolchéviste à l’acceptation préalable par ce dernier des obligations qui lui incombent : restitution aux ressortissants américains des biens dont ils ont été dépouillés ou octroi d’une juste compensation, reconnaissance des dettes, cessation de toute propagande contre les institutions des Etats-Unis. Le Secrétaire d'Etat du Gouvernement américain, M. Hughes, a confirmé ces
dispositions le 18 décembre 1923 dans une déclaration, par
laquelle il répondait à une note de Tchitchérine conviant les Etats-Unis à des pourparlers destinés à assurer l’entrée en relations des deux gouvernements ; il marque, à nouveau, la ferme volonté du Gouvernement américain de ne se prêter à aucun marchandage relativement à des principes, qu’il tient pour absolus et qui ne sauraient faire l’objet d’aucune discussion ni d'aucune transaction : c’est seulement lorsque le Gou-
(D) Le Gouvernement bolchéviste prétend que c'est à la population de la Bessarabie qu'il appartient de se prononcer sur le sort de son pays. Le Parlement français a voté le 16 mars 1924 la loi portant ratification du traité relatif à la Bessarabie, malgré les protestations réitérées du gouvernement russe. Par contre, l'Italie semble hésiter toujours à ratifier ce traité.
(2) La Tchécoslovaquie et l'Etat serbe-croate-slovène paraissent être
dans ce cas, et attendre, pour se décider, l'issue des prochaines négociations .
anglo-russes et russo-roumaines.