CHAPITRE PREMIER
L'ATTITUDE DES PUISSANCES ENVERS LA RUSSIE DEPUIS L’INS- TALLATION DU RÉGIME DES SOVIETS JUSQU'A LA CONCLU- SION DE L'ARMISTICE DU ÎÎ1 NOVEMBRE 1918.
Au cours de l'été 1917, le parti bolchéviste, que la faiblesse du Gouvernement provisoire russe, alors dirigé par Kerensky, ne parvenait pas à contenir, voyait le nombre de ses adhérents s’accroître sans cesse : son opposition à la poursuite de la guerre, dont tous les profits, prétendait-l,. devaient aller aux classes adversaires du prolétariat urbain et rural, devenait chaque jour plus agressive. Lorsque, en octobre 1917, il eut conquis la majorité dans les conseils de soldats et dans le Soviet de Petrograd, il lui fut aisé d’enlever le pouvoir à un Gouvernement sans partisans, qui ne tenta d’ailleurs aucune résistance: le coup d’Etat du 7 novembre 1917 (1) mit à la tête de la Russie Lénine, un des plus âpres et des plus intransigeants doctrinaires du marxisme.
L’effort des théoriciens, qui, sous l'impulsion de Plekhanov et de Vladimir Ilitch Oulianov, dit Lénine, avaient tra-
(1) Bien que le calendrier julien n'ait cessé d'être en usage en Russie que le 1°* janvier 1918 (ancien style), il a paru que l'exposition gagnerait en clarté, si toutes les dates étaient indiquées d'après le calendrier grégorien.
vaillé à répandre les idées collectivistes parmi les travailleurs russes, avait abouti à la création, en 1898, du parti socialiste russe. Au congrès de Londres, en 1903, le parti s'était scindé en deux groupes : à l’aile droite, la minorité, les menchévistes, conduits par Plekhanov, admettaient le passage du système capitaliste au système communiste et la conquête du pouvoir, par des moyens légaux ; à l’aile gauche, la majorité, les bolchévistes, conduits par Lénine, ne concevaient pas la possibilité de réaliser leur programme autrement que par la violence : à leur avis, les principes essentiels sur lesquels ils voulaient construire la cité nouvelle, savoir la nationalisation des moyens de production, la répartition des biens selon les besoins et selon les œuvres de chacun, et l’accomplissement par tous les citoyens, à tour de rôle, des diverses tâches nécessaires à la vie et au bien-être de la société, ne pourraient être mis en pratique que. grâce au renversement de l'Etat capitaliste, organe de domination de la classe bourgeoise, et à la dictature du prolétariat.
Le parti bolchéviste avait joué un rôle important dans les troubles sociaux et politiques de l’année 1905 : c'était sous la présidence de Khrustalev-Nosar, un des chefs du groupe, puis, après son arrestation, sous la présidence de EL. D: Trotsky, que s'était formé le premier Soviet ou Conseil des ouvriers de Petrograd. Dès lors, le Gouvernement du tzar; que la révolution avortée avait prévenu de limminence du danger, exerça sur les socialistes russes une étroite surveil- | lance. La police, renseignée par les espions qu’elle était parvenue à dissimuler au nombre des membres du parti, entreprit une répression particulièrement brutale : au cours des années l907 et 1908, les arrestations en masse avaient désorganisé à tel point le mouvement bolchéviste que Lénine dut transporter le centre de son action à l'étranger. Cette menace perpétuelle d'espionnage et de trahison, qui, d’ailleurs, ne s'arrêtait pas à la frontière, explique l'atmosphère de défiance et de soupçon qui régnait dans le parti : ignorant, dans la plupart des cas, si ceux qui se donnaient pour leurs adeptes, n'étaient pas des suppôts de la police, les chefs du mouvement
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bolchéviste recouraient à tous les moyens pour dissimuler leur identité (1}.
La surveillance exercée par la police rendait très difficile et très précaire tout rapport entre.les dirigeants du mouvement bolchéviste, contraints. de vivre à l'étranger, et les masses ouvrières russes, que le communisme séduisait surtout, parce: que sa réalisation supposait le renversement préalable du régime dont elles souffraient. Quelque ingéniosité qu’ils eussent déployée pour organiser, sous la conduite de. Litvinov et du bureau qu'il dirigeait à Berlin, leurs relations secrètes. avec la Russie, les chefs. du parti n’entretenaient, avec leurs adhérents, dispersés dans les différents centres industriels, que des. rapports mtermittents ; si bien que, remettant. l’action à plus
tard et consacrant à la méditation abstraite le meilleur. de leur effort, ils en étaient venus à se confiner dans les discussions théoriques de leur école de propagande de Longjumeau, à renchénir de plus en plus sur leur doctrine, à ne la soumettre. à aucun des tempéraments que suggère l'étude des. réalités. et à poser en principe la nécessité d’une discipline tyrannique.
La guerre de 1914, qui marqua la banqueroute de la Deuxième Internationale, confirma Lénine dans ses opinions: intransigeantes. Il flétrit les socialistes patriotes qui, oublieux de leurs récents engagements, avaient accepté de collaborer à une entreprise organisée par les Gouvernements bourgeois dans leur seul intérêt. Dès l’automne de l’année 1914, il entama sa propagande en faveur de la révolution sociale et du communisme : tandis que, dans la plupart des pays belligérants, les socialistes, bon gré, mal gré, avaient dû coopérer à la défense nationale, Lénine, retiré en Suisse, loin de la mêlée, avait pu maïntenir, intégrale et pure, sa doctrine. En mars 1915, à Berne, dans une conférence à laquelle il convoqua les sections étrangères du parti socialiste russe, aux réunions internationales tenues en septembre 1915 et au printemps 1916, respectivement à Zimmerwald et à Kienthal, il
(1) C'est ainsi que, pour dérouter la police, ils portaient, "chacun, HRIENES surnoms,
affirma la nécessité de provoquer, par tous les moyens, la fin de la guerre et de créer une nouvelle Internationale, la troisième, libérée de tous les éléments ayant pactisé avec les Gouvernements bourgeois (1).
Le 9 avril 1917, Lénine, Zinoviev et leurs affidés ren traient en Russie dans les fourgons de l’Etat-Major allemand : moins de sept mois après, ils s’emparaient du pouvoir. L'établissement du régime communiste commença aussitôt : un décret du 8 novembre 1917 instaurait la « socialisation » des fonds ruraux ; entre le mois de décembre 1917 et le mois de juin 1918, la « confiscation », la « séquestration » ou la « nationalisation » des diverses entreprises industrielles, commerciales ou bancaires était prescrite par étapes successives (2). Le 13 décembre 1917, l’Assemblée Constituante, qui avait été élue sous le régime du Gouvernement provisoire, était dispersée par la force. Par un décret du 21 janvier 1918, tous les emprunts contractés par « les Gouvernements des propriétaires fonciers et de la bourgeoisie russes », étaient annulés. Enfin, après avoir incité, le 16 novembre, tous les belligérants à déposer les armes et à signer la paix sur la base du droit des peuples de régler leur sort, les bolchévistes entamèrent des négociations avec les Puissances Centrales, au mépris du pacte signé, à Londres, le 5 septembre 1914, par lequel les Puissances Alliées, y compris la Russie, s'étaient engagés à ne pas conclure séparément la paix (3) : le 3 mars 1918, les Traités de Brest-Litowsk marquaient la fin des opérations militaires entre la Russie, d’une part, l’AI-
(1) Un aperçu d'ensemble de ces divers événements est donné par le Livre Blanc, publié par le :Gouvernement britannique sous le titre : « Russia. N° 1
(1921). Report raseeal and economic) of the committee to colleci information on Russia, 1921.
(2) Le texte des principaux de ces décrets a été publié par l'Institut économique et maritime de l'Université de Kiel : « W. Hahn et A. von Lilienfeld- Toal. — Regelung des Handels und Verkehrs in Russland. Iéna. — Gustav Fischer, 1921. »
(3) Le 28 novembre 1917, le Gouvernement bolchéviste avait retiré leurs pouvoirs aux représentants diplomatiques PARLER l'étranger par Îles gouvernements qui l'avaient précédé,
lemagne, l’Autriche-Hongrie, la Bulgarie et la Turquie, d'autre part.
Au mois de février, dès l'ouverture des pourparlers entre les Soviets et la coalition ennemie, les Alliés avaient rappelé de Petrograd leurs Ambassadeurs. De plus, pour marquer leur opposition aux mesures prises par les bolchévistes en violation du droit des gens, l'Ambassadeur des Etats-Unis d'Amérique, doyen du corps diplomatique, remettait, le 13 février, aux autorités soviétiques la note suivante, dont M. Balfour confirmait le contenu, le 18 mars suivant, par une déclaration à la Chambre des Communes : « Afin d’éviter tout malentendu à l'avenir, les représentants à Petrograd de toutes les Puissances étrangères déclarent qu’ils considèrent les décrets au sujet de la répudiation des emprunts de l'Etat russe, de la confiscation de la propriété et d’autres mesures analogues comme sans valeur, en ce qui concerne leurs nationaux ». De leur côté, le Gouvernement français et le Gouvernement britannique publiaient une déclaration conjointe, par laquelle ils condamnaient formellement les mesures édictées par les bolchévistes : « Aucun principe, affirmaient-ils, n’est mieux établi que celui d’après lequel une nation est responsable des actes de son Gouvernement, sans qu’un changement d'autorité affecte les obligations assumées. Les engagements ne peuvent être répudiés par aucune autorité, quelle qu’elle soit, sans quoi la base même du droit international se trouverait ébranlée. »
Toutefois, préoccupés de leur propre salut, absorbés par les ” soucis quotidiens de leur lutte contre l’Allemagne, les Alliés ne pouvaient s'intéresser aux événements qui se déroulaient en Russie que dans la mesure où ils y voyaient une aide ou une menace pour leur cause. Ils s’efforçaient de réduire les avantages que les Puissances Centrales retiraient des Traités de Brest-Litowsk. Juste à l’heure où le blocus, laborieusement mis en œuvre contre les Empires ennemis, semblait, enfin, devoir être efficace, les Alliés voyaient, avec de légitimes angoisses, ces Empires réussir à y ouvrir une large brèche.
Serait-il possible de l’aveugler à temps et d'empêcher ainsi | 2
l'Allemagne de réaliser les espoirs qu’elle mettait dans cette paix, dont elle attendait surtout du pain? Qui aurait raison, des Alliés, qui s'étaient promis d'affamer les Puissances Centrales, ou de celles-ci, qui, subitement favorisées par la trahison d’un Gouvernement installé par elles, faisaient entrevoir à leurs peuples la fin de la disette ? L’Allemagne se sentait, désormais, si sûre de son ravitaillement qu’elle se déclarait prête à approvisionner en grains les Etats neutres limitrophes de son territoire, afin de les libérer de la tutelle de l’Entente. Les Alliés redoublèrent d'activité : par tous les moyens, ils travaillèrent à affaiblir le pouvoir des Soviets et à empêcher les Puissances Centrales d’acheminer vers leurs frontières les stocks accumulés en Russie. Leurs efforts ne furent pas vains : dès la fin du printemps 1918, l'Allemagne, trompée dans ses espoirs, dut, non seulement, renoncer à ravitailler les neutres, mais elle fut contrainte de rationner plus sévèrement que par le passé sa population civile et ses troupes.
La difficulté de la lutte que les Alliés menaient contre les Puissances Centrales, ne leur permettait pas d’envisager la situation en Russie indépendamment de la situation générale : l’eussent-ils voulu, il leur eût été infiniment malaisé d'entreprendre contre le Gouvernement des Soviets des opérations militaires importantes. Aussi leur intervention, marquée, surtout, par le débarquement à Arkhangel et à Vladivostok, au cours du printemps et de l’été 1918, de faibles effectifs, fut-elle inspirée, non pas par des intentions agressives à l’égard des bolchévistes, mais uniquement par le souci de leur propre défense : elle n'eut d’autres buts, à l’origine, que d'empêcher l'Allemagne de se soustraire, avec la complicité des Soviets, aux conséquences du blocus dirigé contre elle et de lui rendre impossible la concentration de toutes ses forces sur le front d'Occident.
Avant tout, les Alliés considéraient les Soviets comme des traîtres passés aux rangs de leurs ennemis : si l’idée leur vint d'entrer en guerre avec ce pouvoir irrégulier, ce ne fut pas parce que ses doctrines et ses méthodes étaient la négation des
principes sur lesquels reposent les sociétés et l’ordre public européens. Ce fut simplement parce qu’ils voyaient en lui l'instrument de l’ Allemagne. En le combattant, ils avaient le sentiment qu'ils combattaient et qu'ils affaiblissaient la coalition adverse. Au, demeurant, l'opposition à la politique des Soviets s'était considérablement accrue, en Russie, lors de la signature de la paix de Brest-Litowsk : cet acte était apparu à une grande partie de la population, à l’aile gauche du parti socialiste révolutionnaire, en particulier comme une trahison. Âu cours de l'été, tandis que la guerre civile menaçait l’existence des communistes à Moscou même, l’ Amiral Koltchak
et le général Dénikine levaient, respectivement en Sibérie et
dans la Russie méridionale, des armées nationales pour combattre les bolchévistes. Les Alliés, qui, jusqu'alors, n'étaient
pas. intervenus directement dans les affaires russes, encoura-
gèrent ces groupements qui entraient en lutte avec le pouvoir de Moscou et qui, comme eux, le combattaient non seulement pour ses doctrines communistes, mais aussi pour avoir livré la Russie à son ennemie, l'Allemagne, et s'être rendu ainsi cou-
- pable d’une odieuse trahison. Dès la fin de l'été, à Arkhangel,
en Sibérie, plus tard: dans la Russie méridionale, les Alliés
prêtèrent aux formations antibolchévistes leur concours, qui
se traduisit par l’envoi de matériel de guerre, de matériel roulant, de vivres, d’argent, de techniciens, de contingents militaires. : |
Par la déclaration du 16 novembre 1917, le Gouvernement des Soviets avait affirmé « l'égalité et la souveraineté des
peuples de Russie » et « le droit des peuples de Russie de
disposer d'eux-mêmes, jusqu’à la séparation et à la constitution d'Etats indépendants ». Les nationalités baltes profitèrent de l’occasion qui leur était offerte : tour à tour, la Finlande,
le 4 décembre 1917, la Lituanie le 16 février 1918, l'Es-
tonie, le 24 février, la Lettonie, le 18 novembre, procla-
-maient leur indépendance. L’Allemagne n’était ni étrangère,
ni défavorable à ce mouvement d’émancipation, sous prétexte d'aider ces jeunes rations à s'affranchir de la dominetion russe, elle tendait simplement à les asservir à son
influence. Pour contrecarrer cette action insidieuse, la France reconnaissait, le 5 janvier 1918, la République de Finlande comme Etat indépendant et souverain ; par une lettre du 22 janvier 1918, M. Noulens, Ambassadeur de France en Russie, accueillait le Conseil national letton comme le représentant ( d’une nationalité qui a conscience de ses droits et dont les citoyens, grâce à l’énergie de leurs aspirations ethniques, sont appelés à conquérir une légitime indépendance» (|). Au mois de mai 1918, les Gouvernements britannique, français et italien reconnaissaient, par des démarches séparées, le Conseil national estonien comme un ( organisme indépendant en fait, en attendant que la Conférence de la Paix eût établi définitivement le statut futur de l’Estonie ». Pourtant, les Alliés n’avaient pas envisagé la constitution des pays baltes en Etats indépendants. D'une part, le désir de ne pas laisser l’Allemagne s'implanter dans ces pays à la faveur de l’anarchie bolchéviste, d’autre part: la nécessité de créer, sur les confins de la Russie, des centres de résistance contre les Soviets, les déterminèrent à cette politique improvisée, dont la portée fut, pourtant, si considérable. Il est certain que ces reconnaissances, faites en pleine guerre et dictées par des soucis. purement politiques, n’avaient pas la même valeur juridique que celle qu'elles auraient eue en temps normal (2). Un fait suffit à montrer que les Alliés avaient adopté cette ligne de conduite surtout pour gêner l’action de l’Allemagne : le Gouvernement finlandais, bien que reconnu par la France, favorisait ouvertement les menées allemandes ; le 9 octobre 1918, il offrait la couronne au prince Frédéric-
(1) C'est seulement le 28 avril 1920 que M. Paléologue, Secrétaire général du Ministère des Affaires Etrangères, informait le représentant de la Lettonie à Paris que « le Gouvernement français reconnaissait provisoirement l'existence de fait de l'Etat indépendant de Latvie, en attendant que les Puissances alliées eussent pu résoudre, de concert, la question de droit ».
(2) La portée de ces reconnaissances a été exactement définie par MM. Larnaude, Struycken et Max Huber, dans la consultation dont ils ont été chargés, le 12 juillet 1920, par le Conseil de la Société des Nations à propos de certains aspects juridiques de la question des îles d'Aland. La question des îles d'Aland (octobre 1920). Documents diplomatiques publiés par le Ministère des Affaires Etrangères de Finlande. Helsingfors, 1920, pp. 65 et s.
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Charles de Hesse, le propre beau-frère de l'Empereur Guillaume II. Le Gouvernement français estima que cette attitude lui donnait le droit de retirer la reconnaissance du Gouvernement finlandais, à laquelle il avait antérieurement procédé : le 13 octobre 1918, il notifiait au Cabinet d'Helsingfors sa résolution à ce sujet. Il ne devait rentrer en relations avec la Finlande que le 6 février 1919, à titre provisoire, d’ailleurs, en attendant les décisions définitives des autres Alliés quant à l'indépendance de ce pays. La jurisprudence anglaise ne tirait pas moins de la reconnaissance de ces Gouvernements des conséquences remarquables : c’est ainsi que, par un arrêt rendu au mois de janvier 1919, la Cour de l’Amirauté britannique considérait, conformément à l'opinion des jurisconsultes de la Couronne, que le Conseil National Estonien, bien que reconnu simplement comme Gouvernement provisoire de facto d’un Etat, dont l'indépendance n’était pas encore reconnue, avait la jouissance et l’exercice de la souveraineté, que, par conséquent, ses prises maritimes devaient être tenues pour valables dans les conditions générales fixées par les droits des gens (1).
Tout, donc, dans l'attitude des Puissances Alliées à l’égard du Gouvernement des Soviets, jusqu’à la fin de la guerre, était subordonné à la lutte contre l’ Allemagne. En prêtant leur concours aux adversaires des bolchévistes, elles n’obéissaient pas à un ressentiment, qui, en soi, eût été fort excusable, elles ne poursuivaient pas le châtiment de la trahison, dont s'étaient rendus coupables envers elles les chefs communistes, elles ne travaillaient pas, non plus, au renversement d’un régime qui proclamait sa volonté de ne pas se conformer aux règles du droit international : elles pourvoyaient simplement à leur propre défense, car la Russie soviétique faisait partie, à leurs yeux, passivement à certains égards, activement à d’autres, de la coalition dirigée par J’Allemagne.
7 (1) Bulletin de l'Institut intermédiaire international, 1° année, N° 3 (Juilet 1919), p. 379.