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CHAPITRE V

Observations.

OBsERvATION I

Rétroversion ulérine. Grossesse de quatre mois. Irréductibi-

lité. Cyslite, gangréneuse. Réduction par: colpolomie.. Guérison.

F.., Antoinette, 28 ans, culüivatrice.

Entrée à l'hôpital de la Croix-Rousse, service de M. Vil lard, le 22 octobre 1903. Pas d’antécédents héréditaires. Personnelléement, s’est toujours bien portée dans son enfance. Réglée normalement à 12 ans. Légère anémie à 18 ans. Mariée. à 19 ans. Le mari est bien portant. La malade a eu quire enfants, dont l’ainé est mort en nourrice, à 3 mois, de gastroentérite ; les trois autres enfants sont vivants et bien portants.

Le premier accouchement a été suivi de phénomènes s graves, infectieux, caractérisés par une tempét ralure très éle A et du délire. Ces accidents furent accompagnés d'une phlébite qui demanda un an pour disparaitre complètement.

Accouchements ultérieurs normaux. Le dernier aurait été suivi de pesanteurs dans le bas-ventre et de malaises qui nécessitèrent, après examen d'une accoucheuse, le port d'un pessaire, celle-ci ayant constaté, au dire de la malade, une chute de la matrice.

Règles normales, ni métrorragies, ni pertes A nches.

Ce pessaire fut gardé deux mois seulement et remplacé par le port d’une ceinture abdominale.

Quinze jours avant son entrée à l'hôpital, la malade a été prise brusquement de phénomènes très douloureux irradiés à tout l'abdomen, avec maximum dans la région sous-ombili-

cale, Elle crut à un Qi OT Ienent se scan ençeinte de quatre

mois, les dernières règles avant eu lieu le 8 juin. Le début de la grossesse avait été normal. En même temps que les phénomènes douloureux apparaissaient des perles blanches et des douleurs à l’occasion des miclions. Ces troubles n’ont cessé de s’accentuer jusqu’à l’arrivée de la malade à l'hôpital.

A l'entrée, la malade se présente avec un état général mauvais. Les traits sont tirés, le faciès est anxieux et témoigne des douleurs ressenties. Celles-ci sont surtout d'origine yésicales ; les mictions sont incessantes, se produisant toutes les 10 ou 15 minutes, en s’accompagnant de vives douleurs. L'urine émise est fortement trouble, franchement purulernte, contenant quelques stries sanglantes el de, petits débris sphacéliques de la muqueuse. L’odeur en est infecte.

L'examen de l’abdomen montre de la tuméfaction de la région sous-ombilicale, qui est soulevée par une saillie arrondie formée par la vessie, celle-ci ne se vidant que très incomplètement el presque par regorgement.

Au toucher vaginal, le cul-de-sac postérieur est complètement effacé, rempli par une masse volumineuse de consistance pâteuse, de forme globuleuse, et en aucun point on ne peut sentir de col utérin. En faisant pénétrer très profondément lindex en arrière du pubis, très haut, on parvient à atteindre difficilement le col, qui est situé au moins à trois travers de doigt au-dessus de la symphyse. Il présente un ramollissement symptomalique qui confirme la grossesse.

La température est élevée et dépasse 39°.

En présence de ces accidents, on fait le diagnostic d’utérus gravide de quatre mois et demi en rétroversion, avec cyslite gangréneuse. Les tentatives de réduction ayant échoué, on décide de recourir à la réduction sous anesthésie.

25 oclobre. Intervention (M. Virrarb). — Anesthésie. On s'efforce d'obtenir la réduction manuelle, et bien que les manœuvres soient énergiques et prolongées, celle-ci se montre impossible. On hésite à recourir à la laparotomie ; on pense alors à tenter la réduction après ouverture du cul-de-sac postérieur, Celui-ci est incisé largement ; trois doigts sont glissés

An

par l'ouverture, ils contournent la face inférieure du corps utérin en cherchant à atteindre la concavité sacrée. Au cours de ces manœuvres, le globe utérin est progressivement repoussé en avant et les doigts, en s'incurvant, peuvent atteindre par leur face dorsale le promontoire, pendant que le fond utérin est englobé en quelque sorté par la paume de la main. Il suffit à ce moment d'allonger les doigts pour faire glisser comme Sur un plan incliné tout l'utérus et obtenir ainsi la réduction. Une mèche fut laissée dans lincision vaginale.

26 octobre. — L'état de la malade est très satisfaisant ; les douleurs ont en grande partie cessé, l'utérus est bien en place dans la cavité abdominale : seuls, persistent des accidents

sérieux de cyslite : la malade à encore éliminé des lambeaux gangrenés de muqueuse vésicale.

1% novembre. — La grossesse suit son cours normal, l'état général est bon ; la cystite, encore persistante, est en grande voie d'amélioration. La mèche a été enlevée au septième jour.

22 notembre. — La malade quitte l'hôpital, complètement guérie. La grossesse évolue normalement.

Ogservarion Il

Rétroversion ulérine. Grossesse de quatre mois. Irréductibilité. Rétention d'urine aseplique. Réduction par. colpotomie. Guérison.

D..., Marie, 42 ans, cultivatricé:

Entrée salle Gensoul, à l'Hôtel-Dieu, service de M. Villard, le.4 décembre 1918, pour un kvste de l'ovaire.

Pas d’antécédents héréditaires.

Personnellement, s’est toujours bien portée.

Réglée vers 15 ans. Règles toujours réguhères et indolores.

Mariée à 25 ans. Le mari est en bonne santé, Elle a eu six orossesses à terme. Accouchements normaux, Deux enfants Fee morts : l’un à 11 ans, de rougeole, et l’autre à 2 ans, de maladie indéterminée. La dernière grossesse est de 1914.

L'accouchement a eu lieu en août 1914. Elle a nourri pendant seize mois.

Les règles ont réapparu trois mois après la naissance de l'enfant et, depuis, ont été très régulières jusqu'en juillet 1918. La malade n’a jamais souifert du ventre. Dernières règles, fin juillet 1918.

Fin septembre, les mictions deviennent plus fréquentes, douloureuses et abondantes.

Vers le 15 novembre, en trois ou quatre jours, il se déve- .Jloppe dans l'abdomen une énorme tumeur fluctuante, du volume d'un fœtus. Les mictions sont supprimées, et avec beaucoup d'efforts elle arrive à émettre quelques gouttes d'urine, puis, après ‘une semaine, elle urine seulement par regorgement.

Elle est envoyée à l'hôpital, avec le h agnostic de kyste de l'ovaire.

À l’exarmen, on constate un abdomen globuleux très distendu. L

À Ja palpation, on perçoit une masse volumineuse fluctuanie donnant la sensation d’un kyste.

Au toucher vaginal, le cul-de-sac postérieur est rempli par une masse de forme arrondie. S = Au premier abord, on ne percoit pas le col utérin. On le découvre très haut, caché derrière le pubis ; il présente un ramollissement correspondant à la date d'arrêt des règles. Chaque fois que l’on pratique le toucher vaginal, la malade a une miclion (signe de Laroyenne),

‘Un cathétérisme évacuateur ramène quatre litres. Le péeudokyste s'efface.

Le cathétérisme est fait deux fois par jour et plusieurs tentatives de réduction manwelle sont pratiquées pendant les jours suivants. En présence de leur échec, on se décide à recourir à une opération sanglante.

11 décembre 1918. Intervention (M. VirLarD). — Ouverture du cul-de-sac postérieur permettant l'introduction de trois doigts, qui sont glissés en arrière du corps utérin au-devant

du sacrum. L’utérus est. ainsi relevé très facilement, et, au moment de sa réduction dans l'abdomen, on perçoit un bruit d'aspiration caractéristique. |

Suture par un petit surjet au catgut de la paroi vaginale,

12 décembre. — La malade va très bien et depuis le matin elle a commencé à uriner seule.

20 décembre. — La guérison est complète, la malade se lève et la grossesse suit son cours.

OBsERvATION III

Utérus en rétroversion. Grossesse de trois mois. Accidents

vésicaux simulant un kyste de l'ovaire tordu. Réduction par simple cathélérisme vésical.

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