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CHAPITRE. II

La Réduction par Colpotomie

Technique opératoire

Malgré les recherches bibliographiques que nous avons faites aussi complètes que possible, nous n'avons trouvé nulle part l’idée de pratiquer la réduction de l’utérus gravide inversé et incarcéré, par colpotomie. Le fait est peut-être possible, on nous excusera si certaines difficullés actuelles dans les mvestigations bibliographiques nous ont induite en erreur.

La colpotomie nous semble donc avoir été utilisée pour la première fois par M. Vüllard, en 1903, dans l'observation [ que nous rapportons à la fin de notre travail. Dans ce eas, la gravité des accidents locaux, Ja réaction sur l'état général, la crainte de provoquer par une intervention un peu longue un avortement menaçant, a fait penser qu'une opération courte par voie vaginale pouvait être de mise. Le résultat a été des plus saüisfaisants.

Depuis cette époque, aucun autre fait ne s’est présenté justifiant une intervention analogue et cest seulement dans ces derniers temps qu'un cas d'irréductibilté d'un utérus gravide rétroversé a fourni l'indication d’une réduction par colpotomie. Jusqu'à plus ample informé, toute l’histoire de cette opération se résume à ces deux

cas. Nous allons exposer rapidement la technique opératoire de cette intervention.

La malade peut être anesthésiée pendant un laps de lemps très court. Aussi est-il possible d'utiliser la simple anesthésie au chlorure d’éthyle, quitte à la compléter par une anesthésie à l'éther si l'opération avait une durée plus longue qu'on ne le prévoyait. Dans nos deux observations, les malades ont été anesthésiées à l’éther!, mais, étant donné la brièweté de Facte opératoire, une simple anesthésie au kélène eût suffi.

Mise en position gynécologique, cathétérisme évacuateur complet de la vessie, désinfection habituelle de la vulve, du périnée et du vagin. Un simple détail découle des conditions anatomiques particulières, 1l résulte de la déviation utérine el consiste dans la profondeur et l'élévalion du cul-de-sac antérieur qui devra être irrigué minulieusement, d'autant que les troubles vésicaux et linfeelion qui les accompagne sont cause d'une scepticité anormale. Le lavage et l'écouvillonnage à l'éther sont particulièrement imdiqués. Une valve placée sur la commissure postérieure facilite les manœuvres. On aperçoit alors le cul-de-sac postéricur refloulé vers l'extérieur, bombant comme soulevé par une volumineuse collection et l’on est frappé de sa coloration rouge violacé qui ré- sulle des phénomènes de compression pelvienne. Le col est invisible, caché et réfugié très haut derrière la symphyse. Il faut, néanmoins, le repérer avec le doigt, de façon à préciser la situation de listhnie et du point de réflexion du cul-de-sac postérieur. C'est à deux travers de doigt au-dessous de ce point que doit porter linei- SION. |

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L'ouverture du cul-de-sac est faite sur la ligne médiane transversalement, au ciseau ; elle doit être pratiquée avec prudence, car, dans les cas que nous rapportons, on à. été frappé de la minceur relative de la paroi vaginale et il y a lieu d'éviter la blessure du ‘corps utérin. Aussitôt la cavité péritonéale ouverte, les bords de l'incision sont saisis et repérés par des pinces hémostatiques dont la longueur est suffisante, étant donné le refoulement en bas du cul-de-sac postérieur. L'incision est ensuite agrandie transversalement, de facon à permettre l'admission facile de trois où quatre doigts. L'état de grossesse rend cette étendue d'incision très possible. Au travers d'elle apparaît le corps utérin lisse avec sa coloration rouge vineux spéciale. C'est à ce moment que la réduction manuelle va entrer en jeu.

L'opérateur introduit par la brèche vaginale les trois doigts médians de la main droite, s'il est nécessaire quatre doigts peuvent passer par l'ouverture. Ceux-ci sont nus ou garnis dun gant ‘caoutchouté très fin qui facilite le glissement el permet de réduire au minimum le traumatisme de la surface ulérine, nous en conseillons vivement l'usage. Les doigts sont tout d'abord dirigés en bas et en arrière en suivant le contour du globe utérin, ils sont conduits vers la concavité du sacrum et par une exploration latérale s'assurent de l’existenee ou non d'adhérences pathologiques. Si cellesci existent, elles sont libérées par dilacéralion ou section ; il n'en a pas été signalé d’appréciables dans les cas que nous rapportons. Les extrémités digitales, suivant la face antérieure du sacrum, sont dirigées dans la direction du promontoire, empaumant véritablement la

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