Les derniers réformateurs agraires Spartiates
Jetons maintenant un rapide coup d'œil sur Sparlc. Les bases de la législation de Lycurgue sont connues. Les historiens se demandent si Lv-
curgue a jamais existé, ou si la législation qui porte son nom n'est pas plutôt le fruit d'un long développement; différend que nous ne pouvons naturellement pas trancher ici. Quoiqu'il en soit, il est certain que parmi les émigrants doriens établis en maîtres dans la vallée de TEurotas, éclatèrent des luttes intestines, ayant leurs causes dans la diversité de la propriété foncière et que de plus, l'Etat était dans une période de décadence et que seule une vaste réforme agraire pouvait ramener la paix et le salut de la communauté. Les données sur le nombre des lots de terre varient. Dans la vallée de TEurotas proprement dite, il y avait, dit-on, 4.500 lots de même grandeur et dans la Messénie, soumise plus tard, 4.500 lots avaient été également partagés entre les Spartiates, 30.000 petits lots étaient échus aux Périèques. Les Ilotes enfin étaient des esclaves, il en revenait un certain nombre à chaque domaine Spartiate et à ciiaque propriété d'Etat ; mais ils restaient la propriété de la collectivité. Le propriétaire foncier ne pouvait ni les vendre, ni les tuer, ni les affranchir et malheur à celui qui leur prenait plus que ce que la collectivité leur imposait de charges.
On raconte que Lycurgue, remarquant dans tout le pays, partout des moissons semblables, dit en souriant : « iW; dirait-on pas (pie Sparte a[)partient à des frères ayant tous re(;u un môme hérita u'e ? ».
Pour empêcher le développement de trop grosses différences de fortunes, on usa de plusieurs moyens : l'éducation commune à toute la jeunesse, les repas pris en commun. Le fer, trempé préalablement dans du vinaigre chaud, pour Tempêcher de servir à d'autres usages, tenait seul lieu d'ar-
Quoi qu'il en soit, nous trouvons relaté dans les premières traditions historiques dignes de foi, qu'un peuple de seigneurs était établi sur les bords de Tt^^urostas ; chacun possédait les mêmes droits de propriété, les mêmes conditions d'existence, et pouvant se consacrer entièrement à la guerre, y accomplissant des prouesses, Sparte se couvrit de gloire en combattant les Perses et vainquit même Athènes dans la guerre du Péloponèse. Elle put se soustraire plus longtemps que les autres parties d'Hellas au joug macédonien, mais le moment de la décadence arriva aussi.
Ce fut un tournant fatal pour l'histoire Spartiate, que le moment où l'édit de l'éphore Epitadée, octroyant à chacun la libre disposition de son lot de terre, fut mis en vigueur. Jusqu'alors, c'était le fils aîné qui héritait le lot de sol, sans partage, s'engageant, en revanche, à entretenir tous ses frères et sœurs. S'il n'y avait pas de fils, le lot retournait à l'Etat, qui en disposait en faveur de plus jeunes fils d'autres familles. (Iràce à l'édit, chacun |i(iuvait agir librement et la conséquence
en fut la même qui a toujours suivi l'établissement d'une propriété foncière libre : d'énormes possessions s'amassèrent dans un nombre restreint de familles, tandis que la grande majorité du peuple s'appauvrissait. C'est pendant cette période de riiistoire que nous trouvons les derniers réformateurs agTaii*ès en Grèce, essayant encore à l'heure suprême d'assainir l'Etat.
C'est environ 250 ans avant Jésus-Christ ; le royaume d'Alexandre n'existe plus, lesPtolémées sont établis en Egypte, les Séleucides en Syrie, les rois de Macédoine régnent sur la Grèce septentrionale et centrale, seul le Péloponèse n'est pas encore dans leur possession.
La ligue Achéenne vient de se former, ayant à sa tête un gentilhomme nommé Aratus, qui chasse les Macédoniens de Corinthe et qui, parce fait, s'attire la confiance des Hellènes.
En ce temps, un jeune roi. Agis IV, arrive au pouvoir à Sparte. Généreux, hardi, rempli d'idéal, il est décidé à sauver, par la réforme agraire, Sparte et la Grèce entière.
On connaît le mode de gouvernement en vigueur à Sparte. A la tête se trouvaient deux rois de la famille d'Héraklès, assistés par les Ephores, ministres (surveillants) auxquels même les rois doivent rendre compte ; puis un Conseil des Anciens, la Gérusia, composé de vieillards ayant plus de 60 ans. C'est au sein de ce conseil que les lois s'élal)orent. L'assemblée nationale n'a pas droit à
la discussion ; elle approuve ou rejette purement et simplement.
Il est très naturel que toutes ces charges, celles des Ephores, celles du Conseil des Anciens, étaient remplies presque exclusivement par les citoyens les plus riches.
Pendant qu'on comptait, en Tan 430 avant J.-C, 5.000 citoyens, en 370, 1.500, on n'en compte alors plus que 700, dont 600 familles presque totalement indigentes. Pour ne pas laisser se ruiner les forces du peuple Spartiate, d'un côté dans le superflu et de l'autre dans la misère. Agis conçut le plan de réorganiser entièrement TEtat par une suppression des dettes hypothécaires, ainsi que par une nouvelle division des domaines de l'Etat. Il gagna à sa cause d'abord sa femme Agiadis, puis il tâcha de convaincre sa mère et sa grand'mère, qui toutes deux comptaient parmi les plus riches propriétaires fonciers du pays. Elles s'effrayèrent d'abord et sa mère fit maintes objections, mais le roi réussit enfin à leur faire partager son enthousiasme ; elles lui promirent leur appui et gagnèrent à la cause plusieurs familles influentes.
En l'an 242 avant J.-C, alors que les Ephores, élus pour un an seulement, furent des amis du roi, Agis tenta le pas décisif. Il fit la proposition d'élever à 4.500 le nombre des familles Spartiates, et de le compléter sur le nombre des assujettis et des étrangers, puis de fondre en un tout le bien-
fonds et d'en faire 4.500 lots égaux, inaliénables comme jadis. Les Périèques devaient recevoir aussi 15.000 lots égaux. On délibéra longtemps sur ce projet dans le Conseil des Anciens ; le parti oligarchique et celui des réformateurs se contrebalançaient. Le projet fut rejeté à une voix de majorité. Le roi Agis déclara qu'il était prêt à mettre à la disposition de la collectivité ses grands biens et toute sa fortune, se montant à 600 talents et que sa mère et sa grand'mère étaient prêtes à faire le même sacrifice. Alors, le projet fut adopté par acclamation.
A la tète du parti adverse se trouvait le second roi de Sparte, Léonidas. Plus âgé qu'Agis, il avait longtemps erré en Asie, comme mercenaire et s'était amassé de u'randes richesses. Pour le rendre inollensif. Agis le fit accuser d'avoir, à rencontre de la loi, épousé une femme asiate, et il le fit expulser.
Mais, aux élections suivantes, en 241, les notables réussirent à faire nommer des Ephores adversaires de la i-éforme agraire, ce qui força Agis à tenter un coup d'Etat. Il destitua les Ephores et en fit nommer d'autres parmi ses partisans. Son oncle, Agésilas, propriétaire foncier endetté, faisait partie de ces derniers.
Celui-ci engagea le roi à ne pas exécuter la réforme entière eu une seule fois; il lui conseilla de faire premièremcnit entrer eu vigueur l'anioitisscineut des dettes et de l'epi'cndrc phis lard k'
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partage du sol, aliu que le peuple s'habituât à la nouvelle situation. Agis se laissa influencer par cet homme insidieux, ce qui fut fatal. En un seul jour on brûla, sur la [)lace de Sparte, toutes les créances et tous les engagements de prêts sur ffaees. Cet acte insensé éloigna naturellement les propriétaires fonciers du parti du roi. Endettés, on aurait pu les gagner à la réforme agraire, tandis que maintenant, ils devaient donner leurs champs, aiîranchis de toutes dettes et en recevoir peut-être moins qu'auparavant ! Par malheur encore, le roi fut, à ce moment, appelé en campagne contre les Etoliens. Il dut abandonner l'administration de Sparte à Agésilas, qui sut retarder toujours plus le partage du sol. Le peuple, se sentant trompé dans ses espérances, se détourna du parti d'Agis, d'autant plus que celuici rentra vaincu de sa campagne, car les généraux aristocrates commandant les armées des cantons alliés se sentaient peu disposés à prêter main forte à un roi qui avait éveillé des passions si dangereuses.
Les oligarques profitèrent de cette disposition du peuple. Le roi Léonidas, expulsé, engagea des mercenaires, rentra au pays et le peuple laissa faire. Le roi Agis s'enfuit dans un temple de Pallas, où il se crut en sûreté. ]\Iais un ami infidèle l'attira au dehors, des sbires armés le firent prisonnier et le conduisirent dans le cachot de la ville. Les Ephores qui lui étaient hostiles et
quelques notables se constituèrent en tribunal, d'une manière absolument illégale. On voulait qu'il nommât ses complices. « Personne, dit-il, ne m'a engagé à faire ce que j'ai fait, je ne regrette rien. Je considère encore maintenant ma lutte pour ram^rtissement des dettes et la répartition du sol crame la plus belle action de ma vie. »
Il fut condamné à mort et les bourreaux reçurent Tordre de le conduire dans le caveau destiné aux exécutions et de Tétrangler, mais ceux-ci refusèrent de porter la main sur le roi. Alors, les chefs du parti nobiliaire saisirent eux-mêmes le roi et le traînèrent dans la chambre fatale. Mais du secours approchait. La mère et la grand' mère du roi avaient fait un appel aux armes ; il faisait nuit et le peuple armé s'avança à la lueur des torches et réclama la mise en liberté du roi, disant qu'une assemblée populaire déciderait de son sort. Enfin, on parvint à décider un sbire à tirer la corde que le roi avait au cou. « Cesse de pleurer, dit le roi à un huissier qui sanglotait ; lors même que je meurs contre tout droit et toute justice, je n'en suis pas moins meilleur que mes meurtriers ». Telles furent ses dernières paroles. Puis les chefs se hâtèrent d'annoncer au peuple qu'il ne serait fait aucun mal au roi.
Lorsque les femmes demandèrent à voir le cher prisonnier on leur ouvrit immédiatement (ti la foule apaisée se dispersa. Alors on conduisit d'abord la
ffrand'mère, Archimadie, dans le caveau et là on Tétrang-la.
Ce fut autour d'Agésistrata qui, pleine d'espérance à ridée de revoir son fils, pénétra dans le caveau. Malgré l'horreur du spectacle elle le supporta sans verser une larme, sans proférer une plainte.
Elle détacha le corps de sa mère de la corde, lui ferma les yeux, coucha la mère aux côtés du fds, après les avoir plié dans leurs linceuls. Puis, baisant le visage du roi, elle dit : « Ta douceur et ton indulgence, mon fils, nous ont, toi et nous, conduits à notre perte. » Mais elle aussi devait mourir ; fièrement elle saisit la corde, se la mit au cou en disant : « Puisse notre mort sauver Sparte. »
Il restait encore la dernière des trois femmes qui avaient essayé, avec le roi, de mener à bien la réforme agraire. C'était la jeune veuve de l'assassiné, la belle Agiadis. Pour s'approprier l'héritage du mort avec quelque apparence de droit, le roi Léonidas exigea qu'Agiadis prenne pour époux son tout jeune fils, Cleomène.
La noble femme refusa d'abord d'accorder sa main à l'adolescent ; puis elle céda, car en son cœur renaissait Pespoir de trouver en lui un vengeur pour le cher époux défunt. Et elle réussit. Dans le cœur de Gléomène elle sut éveiller l'idéal de la réforme agraire, pouvant seule sauver le peuple.
L'épouse même du roi, 1;\ mère de Cléomène, en fat enthousiasmée et c'est «linsi que les réformateurs agraires de Sparte recommencèrent encore une fois la lutte pour la rénovation de leur patrie.
Cléomène avait une toute autre nature qu'Agis. Tout en étant juste, la douceur et la sensibilité qui avaient été si fatales à Agis, lui manquaient. Il calculait froidement chaque possibilité, puis exécutait ses plans sans aucune esjièce île considération. En 236, déjà, il fut nommé roi. Mais il s'aperçut vite qu'il lui maiu|uait Tinstrument nécessaire à la réussite : seule la force des armes n'obéissant qu'à lui seul, pouvait faire triompher les réformes. Les guerres qu'il mena furent heureuses. Ayant attisé par dessous le feu de la réforme sociale, il parvint à s'aventurer dans Sparte avec une partie de son armée en l'an 226. Les chefs du camp ennemi furent tués, 80 d'entre les plus notables devaient s'exiler. Puis il fit brûler de nouveau toutes les créances et le partage des terres se fit. On institua 4.000 nouveaux lots parmi lesquels 80 pour les bannis ; ainsi fut fondée une nouvelle Sparte. La Constitution fut changée, les Ephores éloignés et ou raflermit la puissance de la royauté. Plein d'allégresse le peuple suivait Cléomène, le jeune lion, comme on l'appelait, lequel, malgré sa puissance gardait toute sa simplicité.
Nous pouvons à peine nous faire une idée de
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relfet produit en Grèce, à rannoiice de la A'ictoire de la i-éforme agraire à Sparte. Quoi ! un roi issu de la plus illustre lamille des Hellènes, un Héraclide était à la tête d'un pareil bouleversement ! Sparte qui, à travers les siècles avait été le plus ferme soutien du conservatisme était maintenant réformiste ! L'espoir renaissait parmi le malheureux peuple. Ce qui pouvait se faire sur les bords de l'Eurotas serait-ce impossible ailleurs ? Il fallait que Cléomène se prononçât pour ou contre la réforme agraire au dehors ; quelle attitude adopter ? Devait-il porter partout le drapeau de la réforme sociale ? Des suites incalculables en auraient été la conséquence. Il se décida à ne pas répandre la réforme partout où ses aventures guerrières le conduiraient, pensant, par cette modération, disposer favorablement les chefs des oligarques : il se trompait. Ils étaient et restaient ses ennemis irréconciliables, sentant leur règne en danger aussi longtemps que l'exemple de Sparte existait.
La guerre ayant de nouveau éclaté avec la ligue achéenne, Cléomène fut partout vainqueur. Partout le parti réformiste Taccueillit avec allégresse, car, semblait-il, on entre voj'ait encore une fois la possibilité d'unifier au moins le Péloponnèse. La majorité de la ligue achéenne été prête à conclure la paix avec Cléomène et de le placer à leur tête comme général en chef. Alors les oligarques, à la tète desquels se trouvait Aratos, jusqu'alors
chef de la ligue, tentèrent un dernier coup : plutôt ouvrir les portes h l'ennemi que de voir un réformiste à la tête de la ligue. Ils implorèrent le secours du roi de Macédoine : Aratos donna même son fils comme otage et les oligarques firent tenir au roi le fort de Gorintlie, clef du Péloponnèse. Ce fut un cri d'indignation dans toute la Grèce, mais il n'y avait plus rien à faire, qu'à attendre le dénoûment, qui se déciderait par les armes.
Une ère de jours néfastes s'ouvrit pour Cléomène. Sa noble femme Agiadis mourut. Le roi d'Egypte, Ptolemée, qui devait lui prêter de l'argent, réclama comme otages sa mère et ses enfants. Gléomène les envoya en Egypte et sa mère, toute Ejag-née à sa cause resta ferme en cette heure terrible. « Que bénis soient les dieux, dit-elle, puisque mon pauvre corps peut encore servir la patrie », et, au roi en pleurs, elle dit: « Un roi Spartiate qui, comme toi, a accompli de si grandes choses, doit conserver son courage ; adieu mon fils ».
Mais ce sacrifice de Gléomène fut inutile. Ptolemée impliqué dans une guerre avec la Syrie, ne put envoyer l'argent promis. Gléomène, à grand'peine, leva environ 6.000 guerriers, dans sa malheureuse Sparte ; 14.000 mercenaires, n'étant payés perdirent patience — la guerre étant devenue une entreprise capitaliste ; pour ne pas les perdre, il dut accepter dans do mauvaises conditions (221 av. J.-G.), la bataille décisive de Sel-
lasia contre l'armée ennemie, qui comptait 40.000 hommes. La bataille fut longtemps indécise, les nouveaux citoyens de Sparte combattirent vaillamment. Mais lorsque vers le soir, la phalange macédonienne, troupe fraîche, forte de 10.000 hommes, tomba sur les rangs des soldats fatigués, tout fut perdu, 200 Spartiates seulement purent traverser les lignes ennemis et Gléomène lui-même rentra dans Sparte avec une poignée de cavaliers. Méditant douloureusement, la tête appuyée contre une colonne, il se reposait un instant, puis il conseilla aux bourgeois autour de lui, de se soumettre sans conditions. Lui-même, il courut à la côte et s'embarqua pour Alexandrie.
Le roi de Macédoine entré dans Sparte, la réforme agraire fut abrogée. L'histoire de Sparte tirait à sa fin. — Quant à Gléomène, il croyait gagner à sa cause le roi d'Egypte qui, effectivement, se prit d'amitié pour lui. Tout était déjà prêt pour une nouvelle campagne, lorsque le roi d'Egypte mourut. Son successeur fut l'efféminé Ptolémée qui reçut le surnom de ((débauché ». Lorsque Gléomène voulut s'élever contre les agissements barbares de la cour, il fut soupçonné par les favoris du roi dénaturé et emprisonné dans une forteresse. Pour ne pas y périr, le roi de Sparte tenta un coup désespéré.
Il se délivra lui et ses compagnons ; courut dans la rue, engageant les esclaves à se libérer.
Gomme personne ne le suivit, le roi et ses com-
pagnons se donnèrent eux-mêmes la mort. Le jeune Pantée, favori du roi, tomba à ses côtés. Puis la mère du roi, ses enfants et les femmes des Spartiates périrent de la main du bourreau
Ainsi finirent les derniers réformateurs agraires de la Grèce !
Mais leurs ennemis ne triomphèrent pas longtemps ; la guerre civile éclata.
Des aventuriers réussirent de temps à autre à s'emparer du gouvernement et à installer un régiment de terreur. Deux générations plus tard, les légions romaines écrasèrent les derniers vestiges de la liberté Hellénique.
Corinthe, dont les oligarques avaient le plus contribué à la trahison du pays en ouvrant leur fort aux Macédoniens, Corinthe fut nivelé, et tous les habitants vendus comme esclaves. Les neveux de ces nobles, sous le fouet des baillis italiques, et les filles, sous les cruautés raffinées de dames romaines perverses, purent alors méditer cet adage qui dit que la justice, la justice sociale aussi, doit être la base sur laquelle seule un gouvernement durable peut reposer.