‹ La réforme agraire, contributions théoriques et historiquesChapitre 37 sur 56 · LUTTES VAINES · texte numérisé non relu

LUTTES VAINES

c'est déjà peu d'années après, en 486, que nous trouvons la première tentative d'une véritable réforme agraire.

Spurius Cassius s'était acquis les plus grands mérites auprès de Rome. Il avait renouvelé l'alliance éternelle avec la Confédération latine et avait délivré, dans des moments diiliciles, le territoire romain d'ennemis dangereux ; c'est pourquoi il fut élu consul en 486. Pour mettre fin à la pernicieuse querelle sociale, il proposa de régler différemment que jusqu'alors la distribution des terres communales. Lorsqu'après sa victoire sur les Herniques, il y eut de nouvelles terres à partager, il proposa de donner une partie de ces terres aux plébéiens et aux citoyens latins pauvres et de ne céder les terrains que les patriciens voulaient garder pour eux qu'à la condition expresse qu'ils payeraient une rente annuelle au profit du Trésor de l'Etat. Il réussit à faire accepter ses propositions ; mais, à l'expiration de son année de consulat, les patriciens l'accusèrent de n'avoir pris les intérêts du peuple que pour se faire proclamer roi, Spurius Cassius fut donc mis à mort et sa maison rasée. Sa loi resta sans effet.

Alors vinrent les luttes pour assurer l'impartialité de la juridiction et pour l'introduction de la loi écrite, luttes qui conduisirent, en 450, à la loi des douze tables. Une loi écrite équivalait à un grand progrès, car elle opposait une certaine li-

mite à Farbitraire des juges appartenant à la classe riche. Mais la loi n'apporta, en matière sociale, que le maximum d'intérêt de 8 1/3 p.' 100, qui ne fut abaissé de la moitié, à savoir 4 1/6 p. 100 qu'en l'an 317.

Ce n'était naturellement pas suffisant. Lorsque eut lieu la terrible invasion des Gaulois, Rome fut perdue. Elle fut brûlée, et le Capitole ne fut sauvé que grâce au courage héi'oïque de Manlius. Les armées gauloises se retirèrent et Rome fut rebâtie. On ne peut attribuer ce désastre qui fondit sur Rome, qu'aux désordres sociaux qui, pendant ces cent dernières années, rongèrent jusqu'à la moelle les forces romaines. Mais cette leçon même fut perdue pour les patriciens. Ils profitèrent de la misère et de la nécessité qu'il y avait de reconstruire les maisons des habitants des villes et de la campagne, ainsi que de la nécessité de leur procurer des bêtes de trait et de la semence, pour aggraver la situation de ceux qui avaient des dettes et qu'ils exploitaient indignement. On voyait chaque jour des citoyens romains, ayant tout sacrifié à la patrie, enchaînés et menés en servitude. Alors ce fut Manlius, le sauveur du Capitole, qui s'interposa pour le peuple.

Un jour, il rencontra sur la place un ancien compagnon d'armes, centurion, qui s'était distingué plusieurs fois dans son armée, au moment où, enchaîné par l'usurier, celui-ci s'apprêtait à le conduire en servitude. Manlius paya h» dette du

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