‹ La réforme agraire, contributions théoriques et historiquesChapitre 46 sur 56 · LES ENSEIGNEMENTS · texte numérisé non relu

LES ENSEIGNEMENTS

qne lorsque tout fut terminé ou éleva des colonnes à ces deux derniers et on consacra les lieux où ils avaient vécu et où ils étaient morts ; on entoura aussi leur mère d'alîection et de respect. Mais les sentiments de reconnaissance et les démonstrations de vénération sont toujours plus faciles et plus commodes que d'accomplir son devoir tranquillement et fermement dans les jours difficiles.

Si nous parcourons les souvenirs historiques de l'antiquité, nous devons reconnaître que c'est partout dans la question du sol que reposaient les décisions sur le sort des peuples.

Dans l'histoire israélite, c'est l'admirable législation de Moïse de laquelle ressort cette parole de Jehovah : « vous ne vendrez point la terre de tout temps, car vous n'êtes que mes hôtes et mes vassaux ». Et nous voyons les péchés des puissants et les accusations des prophètes.

Dans la Grèce ancienne, la réforme agraire de Solon pose les bases de la brillante culture attique, pendant que la législation comprise sous le nom de Lycurgue fît naître la plus fière génération de guerriers.

Puis vers la fin de la culture hellénique, nous voyons les Heraclides, Agis et Gléomène, qui veulent encore une fois sauver la Grèce par la réforme agraire qui risquèrent pour cela, et leur vie et leurs Etats.

A Rome aussi, ce sont les plus nobles, Manlius et Licinius et les deux frères de la race des Grac-

ches, qui veulent réellement assurer la patrie au peuple, dans le sens le plus propre du mot.

En vérité, si un mouvement peut jamais se vanter de noms si glorieux et d'un grand passé, c'est bien le mouvement tendant à ce que le sol natal devienne un foj'er sûr pour tout travail honnête. Nous autres réformistes ne sommes pas novices dans le mouvement. Notre activité se voit ininterrompue à travers les rythmes de l'histoire universelle. C'était les plus nobles et les meilleurs qui, toujours, ont combattu pour notre vérité.

Puissions-nous tirer de ces enseignements la conviction qu'il nous faut devenir toujours plus prêts à tous les sacrifices pour nous montrer dignes de pareils ancêtres.

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