TIRÉES DES ARCHIVES NATIONALES
Je ne coumanseray Monsieur, par nule ceremonye car je suis sy transportée dayse de lesperance que me donnes de vous voyr quil faut que des le cuomancement de ma lettre jentre sur ce subjet, car cest locasion aussi pourquoy je vous envoyé ce laques, ayant entendu par le segretayre de Mons' de la Noue qui ma aporté vos lettres quil est bien vray que vous aves envye de passer par icy mais que les autres de votre compagnye nont pas ce mesme désir et a ce que jentens chacun pour son particulyer, car de dyre que vous alongies votre voyage, je ne le pense pas, ny tous ceux a qui jen parle icy or premièrement je vous prye resouldre votre esprit que le s' Palvoysin ' désire vous faire embarquer la parce que c'est sa conmodité et qu'il passe par ses terres et demandes a Mons' de Beauvoyr combien lannée passée il demeura la avec Mons" du Fresne pour attendre le vant, quand a Mons' de Buzanval sans doute il ne désire pas que vous venies ici parce votre presance auterait le lustre de son ambasade de vous represanter linconmo-
' Horace Pallavicini.
dite dembarquer et de desembarquer et la depence que cela aporte je vous respons premièrement que cela ne vous coûtera rien et que les estas ne vous layseront pas payer un lyart tant que seres sur leurs terres et frontières vos bateaus prêts partout et de Hollande mon beau fils vous fera mettre en deus jours a Embourg je viens a cest heure a l'utilité que votre passage par icy aportera au service du roy cest sans doute quil sera tres- "grand car sy sa Majesté a envye dentretenir ces gens icy et den tirer du secours il ne peust le fayre sy bien par personne du monde que par vous votre réputation estant telle icy que je scay quils feront pour vous ce quils ne feront pour nul autre, il sont un peu ambitieus et veulent que Ion fasse quas deus, je scay par quelques uns deus mesmes qui me lont dit que sy le Roi envoyait vers eus quelque seygneur dotorité quils acorderoyent beaucoup et que sy la Rayne don vous estes a cest heure neust esté sy ombrageuse et que Mons"" de Beauvoyr y eust peu fayre un tour come souvant je luy ay mande, je suis asseurée quils eussent fait tout autre chose quils nont fait jusquicy que sy le sieur de Buzenval y vient il y sera longtemps et il n'y fera guère et une heure de vous fera plus qun an de luy. Laysses les donc dyre ce quils voudront, et passes en ces Isles, puisque le service du Roy vous y appelle je masure que vous le feres trouver bon à la Rayne; il y a un autre point que je ne veus oublyer cest que je vous diray quils trouvent icy fort mauvays que les six vaysseaus quils avoyent acordes pour trois mois au roy pour aller a la coste de Bretagne empescher la descente des Espa-
gnols sont néanmoins tousjours demeures auprès de Dyepe cependant les Espagnols sont decendus et ils disent qu'ils voyent bien que cest Mons"^ de Saldagne qui a voulu s'en servir pour favoriser les marchans de Dyeppe et de Rouan et non pour autre chose quon les a trompes et croy quils se repentent a demy de les avoirs envoyer jentens par celuy qui m'a aporté vos lettres que le roy avait envoyé le s' de Fouqueroles pour les mener à la Rochelle ils ne feront jamais cela sans le comandement de leurs maitres et ne demeureront pas une heure plus que trois mois au service du Roy sans nouveau comandement pour obtenir cela ils sont sy offances (par ce quils disent avoir esté trompes que je ne pense pas quautre que vous puisse avoir ce pouvoir, croyes quils sont puissans pour ayder a sa majesté mais ils ne veulent nullement estre mesprise enfin je suis seure que \otre passage icy fera un bon service au roi je laysseray a cest heure le gênerai, je viendré a mon parliculyer. Voudries vous montrer s'y peu damytié a une cousine que vous n'aves veue il y a neuf ans ou dis ans et que peust estre vous ne verres jamais de passer sy près délie sans la voyr le devoir de bon parent vous y oblyge depuis que je suis en ces pays je n'en ay veu nul et puis dyre avec vérité que cela ma fait beaucoup de tort car il semble a ces gens icy veu le peu de cas que mes parens et mes amys ont fait de moy depuis mon affliction que je soye tombée des nues et cela ma tellement rendue méprisable parmy eus, que vous série estonne du peu quils ont fait pour moy mes frères mont manque et ne se montrent tels quils devroyeut en mon
endroit que mon cousin le principal honneur et la gloyre de ma race nen face de mesme et donnes par votre presance contentemant a ceste pauvre cousine que je vous jure depuis la perte du bien dont la privation me rendra a jamais mysérable navoir senty son cœur emeu de nule joye que par lesperance que me donnes de votre veue, faytes je vous suplye quelle ne soit point vayne et oposes vous Mons"" de Beauvoyr et Mons' de Salygnac mes raysons a celles que l'on vous alegue au contrayre et je masure que les mienes demeureront les plus pesantes len seray en continue les prières jusqu'au retour de ce jaques que sy vous prenes resolution a mon contentement je vous pries me le renvoyer incontinent et me mandes vos voulonles afin que je face donner ordre que vous trouvies prest tout ce que vous desireres car je suis assurée Mess" les Estas et W le conte mon beau fils seront estremement ayse de vous voyr et ne manqueront en chose du monde pour acconmoder votre passage, il reste que le brave Mons' de Turenne prenne une brave resolution et croyes que Dieu bénira beaucoup plus votre voyage passant par icy que sy vous prenes autre chemin car je m'assure qu'il exaucera les justes prières que je luy en fays, et votre petit cousin qui meurt de vous voyr et non da cest heure quil vous scait près ca cela est de tout temps dans son petit esprit quil vous ayme estremement, venes mon cher frère, et croyes que vous trouvères une cousine autant affectionnée et humble a vous fayre service que jamais.
LOUYSE DE GOLLIGNY.
Pardonnes a ceste barbouillée et confuse lettre jay tant de peur que Ion vous face prendre autre chemin je vous fays cette despeche avec eslreme précipitation.
A aiidelbourg, ce 12 de novembre (1690).
[En marge de la l '^ page :] Jay une parliculyere rayson pour le service du roy que je ne puis n'y ose fyer au papier qui est la principale pourquoy je désire que passies par icy et que je puisse parler à vous.
[Au dos :] A Monsieur Monsieur de Turenne. Madame la princesse d'Orange 12 novembre.
Monsieur,
Soudain que jeus receu vos lettres par mon laquais, je les conmuniqué icy a cens que- je recongnois estre serviteurs du roy, lesquels feurent (davis que ne pouvant comme particulyers) respondre pour la généralité que jenvoyasse vos dites lettres à Mons' le comte de Nassau mon beau fils pour les montrer à Messieurs de Hollande, (qui sont la grosse cloche) afin quensemble ils prissent resolution de ce quils vous devoyent respondre, ce que jay fait et espère dans peu de jours den avoir responce car en votre nom je presse fort mon beau fils luy remontrant combien la diligence est requise
(en voslre voyage) pour lutililé du service du roy, cependant je nay voulu faillir de vous fayre entendre combien le bruit et lesperance de votre passage icy y aporte dallegresse et combien y a dapparance que votre presance y servira aus affrayres du Roy voyre plus que nul seygneur et personnage de quelque qualité qui soit qui y passera jamais j'en ay discouru avec Mons"" de S' Aldegonde , qui est du tout serviteur de Sa Mté et avec le pauvre Mons"" de Villyers ' peu devant sa mort qui estoyt de semblable avys que dévies a quelque pris que ce feust passer icy, mais le pauvre homme na pas eu le temps de le vous temoygner car le mesme jour que je receus vos premières lettres il tomba malade et est mort le lendemain que mon laquais retourna devers vous le roy a perdu en luy un très-utile serviteur en ces provinces, mais y lui reste Mons' de S' de Aldegonde qui na moins de capacité ny moins de voulonté a son service, je lay prié de vous escrire bien particulyerementson opinion sur les affaires qui ce présentent, je ne vous diray point quel est et combien doit estre estimé son jugement car vous laves ouy reconmander a de meilleurs que le mien mais bien vous suplyray-je de bien considérer tout ce qu'il vous escrit et croyre que sy vous le pouves ouyr et toutes ces raysons qui ne peust bien vous represanter sur le papier crainte de la fortune que courent les lettres qui vous contentera infiniment, sonme je ne pense pas que vous puissies de nu autre mieus que luy congnoistre les humeurs dEspagne
' Pierre l'Oyseleur, seigneur de Villiers, prédicateur de cour de Guillaume
du duc de Parme, dEngleterre de ces pays et dAllemagne et certes je donnerois de bon cœur de mon sang et que vous pussîes parler a luy, et sy cestoit chose que vous desirassies le mener avec vous en votre voyage, il est tout serviteur du Roy et tant désireux de voyr avancer la goylre de Dieu, que bien que ce luy feust graude incommodité mesmement pour sa santé qui est mauvayse a cest heure sy croyge que vous estant icy nous luy pourions persuader mais sy vous plaist tenes cecy a vous et ne le conmuniques point ou vous estes car peus estre ny seroit il pas aprouvé et l'y pouroit fayre tort encore quil ne men oit ny moy a luy jamais parlé : mais je vous diray bien que ce quil vous mande avoir apris de quelques particuliers touchant le service que pouriez fayre icy au roy que je lay apris aussy de mon costé conme avoit fait aussy feu Mons' de Villyers du sien, mais parce que sont personnes particulyers (bien qu'ils soyent du cors de lestât) nous ne voulons ny ne pouvons vous en donner assurance mais seulement vous dire que sil y a temps propre pour obtenir quelque chose de ces gens icy cest à cest heure et sil y a personne propre pour le pouvoir obtenir c'est vous vous y penseres sil vous plaist, je vous envoyé le chemin que de Hollande vous pouries tenir par terre et partout seres très bien accompagné, mesmes vous verres par la lettre que vous escrit Semelyer les offres que vous fait le conte de Holo *, et verres parce que vous en escrit Mons"" de S' Aldegonde que vous seres aussy lost en
^ Philippe, comte de llobenlolie, général des États.
Allemagne que le seygneur Pavoysin et les autres qui voudront prendre le chemin de la grand mer, lequel tous cens qui vous aymeront ne vous conseyleront pas de prendre, puisque vous pouves autrement pour la crainte avoit qu'il yque tel voyage naportast préjudice a votre santé : Je vous ay escrit par deux foys depuis ma première despesche mais le vaut a tousjours esté contrayre et nay peu plutost qua cest heure vous renvoyer ec vion, lamiral de Nassau nestant point encore icy de retour pour mettre lordre qu'il a mis depuis que toutes les trois semaynes il va un bateau de guerre a diepe il partoit une troupe de plus de trente dicy je mis votre dit paquet dans un des meilleurs et le donnaye a un marchant qui avoit force marchandise dans ledit bateau qui me promit de les rendre suivant luy mesme au gouverneur de diepe car il n'y avoit nule aparance de péril en ladite compagne sy un grand brouillas qui les prist estant en mer ne les eust séparés et fist que deus diceus de celuy cy feust lun tombèrent en la ryvyere de Somme ou ils furent pris. Je ne scay encore si ledit marchant se sera souvenu de jetter ledit paquet en la mer comme je luy avois dit en cas que tel inconvénient arivast mais toujours luy est pris je lay mandé a IMons' de Revol et a celuy qui fait vos affaires à la court et des deus autres aussy que Mons" de Buzenval me mand qui ont estée perdu afin que le roy scache que ce n'est pas vostre faute si souvant il na de vos nouvelles , il y a plus de quinze jours quil y a un bateau de guerre a diepe qui atent le retour du laques que vous depeschates de Hollande ou dautres paquets pour vous mais le 20
de ce mois il ny encore rien et croy que cest le longuement du roy qui en est cause que sur la mer il
n'arrivera plus faute de vos paquets lordre y estant
qui ny ara {sic) point de faute a la promesse que Ion
vous a fayte a quoy [tijens bien la main et nos
bateaus de guerre quoy qui arive ne craig[ent
d'estre pris mais pour celuy la certes je ne men pren laquais que je fays partir soudin que le vant a favorisé mon désir de fason que je ne puis escrire a autre qua vous suplyant den fayre mes escuses a Messieurs de Beauvoyr de Salygnac et de Buzanval, avec lequel vous maves mis en querelle mais pourveu quil vous ameyne icy je me fays fort qui nest sy courroucé quaysement nous ne facions apointement je vous bayse les mains humblement et vous suplye de croyre qui ny a rien au monde de quoy vous dévies fayre sy certain et assuré étal que de lamytié de votre humble et obéissante cousine.
LOUYSE DE COLLIGNY.
A Midelbourg, ce dernier de novembre.
[Au dos :] A Monsieur Monsieur de Turenne. Madame la princesse d'Orange ce dernier de novembre (1G90).
Monsieur,
Je matendois de recevoir de vos lettres par le retour delà compagnie qui vous estoit allé conduire, mais jay esté trompée en mon espérance depuis le S"" de Buzenval mandé en avoir receu une par laquelle luy mandiés
raavoir escrit et envoyé un paquet pour la court qui dit avoir este perdu aussy may je rien receu de vous depuis votre partement dutrec, jay a vous demander pardon dun austre qui a esté perdu par le plus grand malheur du monde c'est celuy que menvoiates d'Utrec pour Belvion, lamiral de Nassau nestant point encore icy de retour pour mettre lorre qu'il a mis depuis que toutes les trois semaynes il va un bateau de guerre a diepe il partoit une troupe de plus de trente dicy je mis votre dit paquet dans un des meilleurs et le donnaye a un marchant qui avoit force marchaniises dans ledit bateau qui me promit de les rendre suivant luy mesme au gouverneur de diepe car il n'y avoit nule aparance de péril en ladite compagnie sy un grand brouillas qui les prist estant en mer ne les eust séparés et fist que deus diceus de celuy cy feust lun tombèrent en la ryvyere de Somme ou ils furent pris. Je ne scay encore si ledit marchant se sera souvenu de jetter ledit paquet en la mer comme je luy avois dit en cas que tel inconvénient arivast mais toujours luy est pris je lay mandé a Mon*" de Revol et a celuy qui fait vos affaires à la court et des deus autres aussy que Mons*" de Buzenval me mande qui ont esté perdus afm que le roy scache que ce nest pas votre faute si souvant il na de vos nouvelles, il y a plus de quinze jours quil y a un bateau de guerre a diepe qui atent le retour du laques que vous dcpeschates de Hollande ou dautres paquets pour vous mais le 20 de ce mois il ny encore rien et croy que cest le longuement du roy qui en est cause que sur la mer il
n'arrivera plus faute de vos paquets lordre y estant
qui ny ara (sic) point de faute a la promesse que Ion
vous a fayte a quoy [ti]ens bien la main et nos
bateaus de guerre quoy qui arrive ne craig[ent
d'estre pris mais pour celuy la certes je ne men pren qua mon malheur et en porte un regret estreme qui me sera adoucy lorsque je scavé que vous Mons"" sachant qu'il ne a point de ma faute (car certes si jeusse voulu et le plus avizé marchant dicy envoyer cent mile sens ou les eust lins seurs en ce voyage) ne men vouldres point de mal, or ce malheur la me feust suyvy dun autre car le mesme jour que je le sceus, je receus lettres de Mons" de la Noue qui me mandoil la faute trop signalée qua fait un de mes proche que nous scaviés bien et me dites quelque mot qui me la foisait craindre mais je ne pouvois croire qu'il se peust tant oublyer; Je vous promets que cela touche tellement le plus vif de mom ame que si je ne my puis résouldre en toutes mes autres afflictions je trouve de la rayson pour me consoler, mais en ceste cy je nen trouve point car mestant si proche il me semble que cest une partie de moy qui a failly en son honneur et en toute chose qui mest sy sensible quil nest pas possible de plus et vous jure qu'après dieu je nay rien qui me la fasse su porter avec patiance que quant je mets on poys de ceste perte et de deplaysir la et le gain et le playsir que je resoys en une autre aquisition que j'ay fayte, qui seule maporte remède a cest heure a tous mes maux je vous ay dit que cest Monsieur je masure que vous juges bien combien je me dois playre en telle position non rien ne me fait vivre que cela mais pardonne a ma douleur sy je
VOUS entretiens de mes misères cest le propre des afliges de cherclier remède en ce playgnant a ses amis : mon beau tiis me vient de mander quil a nouvelles que vous estes arivé a Dresdem jen loue dieu de tout mon cœur et le suplye de bénir tellement vos paynes et votre labeur que bientost il en puisse revenir le bien que tous les gens de bien en espèrent. Je vous ay mandé par mes dernières lettres que le sieur de la Tour estoit arivé en Engleterre, il y est encore et croy quil natend que le vent. Je vous envoyé les dernières nouvelles que nous avons icy que Mons'' le président de Can ma mandées madame de Can vostre tante me prie fort de ly mander de vos nouvelles et dit quelle désire fort votre retour ainsy font bien d'autres je vous asure on me presse et solicite fort daler en Hollande mais je dilaye et dilayeré jusqua ce que je scache quelle espérance il y aura de v[otre] [re]tour et de votre passage car sy vous aprochies plus près de ces quartiers... que dicy et quil y eust aparance de vous pouvoir voyre je my trou[ver]é en ce temps la, je vous suplye donc Monsieur que scache de v[os n]ouvelles et me conseilles puisque vous estes mon premier et seul cons[eiller] que je doys fayre votre petit cousin est fort bien guéri dieu merci de sa petite vérole et ne lui en paroit point Les marchands dicy nont encore nules nouvelles de pas un lieu que leurs lettres de change pour vous ayent esté aceptées de quoy ils sont estonnés je suis après Mons' de Saldagne qui est a Dyepe quil fait escrire aus marchans de la a cens dicy quil vous facent recevoir quelque somme jatens sa responce.
A Dieu Monsieur Je vous bayse bien humblement les mains et vous suplye me garder toujours la part en votre bonne grâce quaves promis a
Votre humble et obéissante Cousine,
LOCYSE DE GOLLIGNY.
A Midelbourg, ce dernier de février.
[Au dos :] A Monsieur Monsieur de Turenne.
Madame ta princesse d'Orange, ce dernier defebvrier,
receu le XXI.Y mars.
Monsieur ,
Je scay que le plus gran[d] contentement que pouves recevoir cest dentendre des nouv [elles] du Roy cest pourquoy un des plus grands quejaye... est de vous en mander, je vous envoyé donc tout... nous en avons icy que je viens de recevoir presantem[ent].,. Mons' de Beauvoyr, qui mescrit de vous envoyer sy quelque depesche dautant quil craint que celles qui vous fait et mesmes par Mons"" de la Tour ne soyent sy tost a vous. Mondit s' de Beauvoyr me fait un grand discours de plaintes de Mons"" de Buzenval avec protestation de ne lavoir jamais offancé et vous en apclle a tesmoing, il fait ses plaintes au conseil du Roy de ce questant en la qualité qu'il est en Engleterre il sadresse a autre qua
il lui pour fayre entendre ce qui est pour le service du Roy voylà monsieur de la Tour qui arive auquel incon-
, tinent je donne du papier et une plume pour vous
escrire Mons' de Cholligny qui ariva hyer vous escrit, aussy fait Monsieur de S' Aldegonde de fason que vous
faire longue lettre parmy tous ceus la seroit vous
fayre longue importunité seulement[j]e vous dyray Monsieur que je me plains à vous de vous mesmes qui ma-
vies tant promis de prend[re] [d]e mescrire quel-
quefoys et depuis que vous Utrec je nay receu un
seul mot de vous il Coulongne qui vous fait tenir
mes lettres et escrit icy avoit receu des vôtres
de Dresden et que vous desiries scjavoir] navoit
point advys pour vous fayre toucher des deniers mais ceux dicy refusent de luy en donner jusqu'à ce quils en ayent eu que leurs lettres de change ayent esté acceptées ce quils nont point encore aussy le vent a il presque tousjours esté contrere de fason quil nen est point venu de bateaus, je fais tout ce que je peus néanmoins pour faire quilz vous en facent souvenir mais jusqua lors il n'y a nul moyen, je vous suplye et adjure Monsieur par tout ce que vous avesde plus cher de nous faire scavoir de vos nouvelles car croyes que ce nest pas vivre den demeurer prives raesmement estant en lieu ou on craint infiniment que vostre santé namende pas toutefois jespere que dieu vous gardera et bénira pour fayre les bons services et sa gloire, et au salut de la France qui sont espères de vous cest de quoy je le suplye de font mon cœur vous verres par une lettre que je vous envoyé comme notre Roy se hasarde tousjours dieu le nous préserve et tous ses bons sentiments Je viens de recevoir une lettre de Monsieur le prince dombes qui me mande que les alf.iyies du Roy commancent a pros-
perer plus qu'ils n'ont faiten bretagne. A Dieu, Monsieur, aymes tousjours votre humble et obéissante cousine :
Louise de Coligny.
A Midelbourg, ce 15 de mars.
[En tête :J Je vous envoyé un paquet que Ion ma dit estre de Madame de Lardin.
[Au dos :] A Monsieur Monsieur le vicomte de Turenne.
Madame la princesse d'Orange du 15 mars
receu le XXIX mars (1691).
Mon frère par la commodité de Monsieur de la Toui', il faut que je vous découvre mes peynes comme a celuy seul du conseil de qui je veux dépendre, ceste lettre sera donc toute pour moy vous ayent envoyé hyer par la voye de Conlongne tout ce que nous scavons icy de France or je vous diray donc que vous scaves la promesse qui vous a esté fayte pour le regard de mon fils, cependant je découvre que Ion a eu égard seulement a ne refuser rien au Roy ny a vous et a me donner aussy quelque contentement pour me faire tousjours couler le temps et cependant on se promet qui ne réussira rien de cela parce que Ion dit que ceste promesse vous a esté conditionnée lorsque la France seroit en repos et ne voyant pas daparance a cela ils sont a cest heure a me persuader que cela ne me doit empescher daler en Holande et men pressent et solicitent fort et jay sceu par ung qui le scait très bien de qui je lay tiré par
artifice que lors que je sceré en Hollande il ne faut pas que je face estât den partir et que Ion fera nestre tousjours quelque occasion (avec ce quil y a aparance que nos misères de France en produiroit asses) pour sescuzer au Roy de léser aler mon fils je suis a cest heure a combatre donc pour naler point la, bien que je leurdye toujours que j'yré mais il me survient toujours quelque difficulté, en fin ils découvriront bien que cest que je n'en ay pas envye s'il ne vous plaist my aider par ce moyen, mescrivant une lettre que je pense montrer par laquelle disant que vous aves entendu par le sieur de la Tour que veux aler en Hollande vous me pries de suspendre ceste resolution jusqua ce que soyes de retour parce que vous aves fait entendre au Roy que j'estois icy en quelque chose utile pour son service mesmement durant vostre négociation pour recevoir icy et nous envoyer les commandemens qu'il luy playra vous fayre en fin ce que vous jugeres mieus que moy qui ara aparance de rayson pour leur fayre cognoytre que ce ne sera point chose fayte a desseing et vous suplye me lenvoyer le plus tost que vous pourres car vous ne croiries pas combien ils taschent de my atirer me proposent force commodités et de beaus moyens sy j'y voys, mais je ne me veus point obliger jusqua ce que je scache ce que je doy devenir, car j'ay tousjours le cœur a me retirer a Orange puis principalement que je voy que vous laprouves j'en viens encore a cest instant den recevoir des nouvelles ils my désirent plus que jamais et ne craygnent sinon que je change de voulonté leurs divisions particulyeres y acroissent journellement
mais lestât du pays y est fort paysible et dysent que tous les Espagnols qui estoient en Provence sont presques tous deffaits. Je solicite fort le sieur de Serres de ven^T et me gouverneray en son endroit selon votre advys jay tant de peur que prenies un autre chemin que par ces contrées, mais sy vous y passes je vous prye advertises moy de bonne heure en quel lyeu je vous pourois voyr et lors votre beau jugement resouldra sy luy plaittous les troubles de mon esprit pour prendre la resolution que me conseillères soit pour demeurer en ces pays soit pour me retirer ailleurs et vous suplye nayes nul égard a me conseiller selon ma voulonte mais selon que vous jugeres le mieus a cest heure je resoy lettres de mon frère, du 4 de ce mois du camp devant Chartres il me mande quil esperoit qui ne tiendroient plus gueres il est playsant y dit quil fait fortifier sa mayson de Chastillon et qui la rendra sy forte que ceste seule place dans ce pays la seroit suffisante a le tenir en lobéissance du roy sa famé son fils et sa belle seur y sont Mon frère tenes tousjours en votre bonne grâce votre seur et croyes que la grandeur de son affection est telle quelle ne peust estre egallee de nul autre et ne peust apartenir qua votre mérite , je ne fais nul doute que dieu ne bénisse votre voyage mais je désire fort savoir quelle espérance vous en prenez car vous naves jamais tent dheur de grandeur et de contentement que vous en désire.
Votre humble et obéissante cousine,
Louise de Goligny.
A Midelbourg, ce 16 de mars.
Geste lettre ma esté rapportée M' de la Tour estant desja parti de Hollande lors quelle y est arivée depuis jay receu de vos lettres par Mons' de Buzenval et Mons' de la Fontene que je leur ay envoyées et point pour raoy mais ledit s' de Buzenval me fait voir la syene qui ma fort resjouye pour la peyne ou jestais de navoyr point de vos nouvelles elle estait du 1 8 de février Jésus que je crains les longueurs veu que vous navies encore en ce temps veu le duc de Saxce il faut que je vous face part du contentement que je possède depuis quinse jours ayant avec moy ma cousine d'Andelot qui est certes une des plus honneste et sage fille du monde la vérité me contraint de luy donner ceste louange encore quelle me soit proche mais je ne jouyré guère de ce bonheur car elle veut bien tost sen aler a Caen et de la a Vitré ou est sa belle seur estant contrainte dy aller pour donner ordre à ses afFayres cependant elle me sert dexcuse tant quelle est icy pour naller point en Hollande mais je sceré bien en payne sy je nay de vos lettres dans le premier jour de may, car on ma assigné ce jour pour me trouver a La Haye pour avizer aus afFayres de ceste mayson invention que seulement on a trouvée pour my activer car je scay quen ce temps icy on ny pense donner nul ordre : il me fasche de vous rompre la teste de moy parmy vos grandes afFayres mais prenes vous en a vous mesme : nous navons point sceu de nouvelles de France depuis le passage de Mons' de la Tour sinon de la prise de Fecan de quoy Mons' de Hallot a pensé enrager pur on lavait fait venir avec un très beau secours et cependant on fit la composition peu devant
sa venue a ce qiiaucuns disent asses mal a propos le bruit vient de tous costés que Chartres est au Roy mais a cause du vent contrayre on n'en peust encore bien scavoir la vérité, le duc de Parme et encore a Bruzelles et se haste asses lentement pour aler en France mais tousjours ses forces saprestant et beaucoup ont opinion qui regarde ce que vous feres et le chemin que prendres a votre retour pour empescher sil peust votre passage mais je scay que le s*" de Buzenval vous avertit plus particulièrement de telles affayres et du bon chemin ou sont celles pour lesquelles laves laysse ces gens icy feront pour vous plus quils ne feroyent pour personne du monde pour la bonne odeur quils ont prise de vous a votre passage : Je croy que le laques quavies envoyé au Roy est a cest heure bien près de vous il menvoya a son passage les lettres du Roy qui sont certes et celles de mon beau-fils toutes telles que je les pouvois désirer, et paroist bien que vous les avies bien recommandées je ne vous en puis rendre dasses dignes remercimens ny vous dire Monsieur de combien de sorte je me sens vous estre oblygée mais ce nest rien davoir bien commencé il faut que vous conlynues a raayder a me tirer et mon fils dicy car je voy bien que si ce nest pas votre moyen je nen sortiré jamais les marchans nont encore nules lettres pour vous fayre donner de largent ny nul avys que les leur ayent esté aceptées a Bourdeaux ny ailleurs.
C'est le 29 de mars.
[Au dos :J A Monsieur Monsieur le vicomte de Turenne. Madame la princesse d'Orange le 29 mars.
Monsieur,
Cest seul votre bel esprit et non ce papier qui vous peut represanter le contentement que jay receu voyant de vos lettres et les bonnes espérances que prenne dun bon suces en votre négociation, jespère que dieu qui la des le commencement favorisée continu ra a y estandre sa bénédiction, et queu bref les fruits de vos travaux paroitront pour le service de dieu et de notre Roy et du salut de la France, je nentreprendré pas de vous mander des nouvelles puisque Mons"" de Buzenval est icy qui vous écrit seulement je vous diray que de dyepe on mescrit du 1 6 de ce mois que ceux qui venoyent de Chartres assuroyent avoir veu les ostages que cens de dedans avoyent envoyés au Roy avec promesse de luy randre la ville sy dans le dit jour de 16 ils navoyent secours : mon beau fils est party aujourdlmy dicy en intention destre bientost aus camps et fayre parler de luy cest esté, je ne vous puis dyre combien il se sent heureus et honoré de vous avoir veu et de lasurance que luy aves donnée que vous laymes. Il ma parle du fait de son petit frère et ma promis quil ne manqueroit point a la promesse quil vous a fayte de quoy jay tire une lettre de luy quil a escrite au Roy pour responce a celle dont sa majesté la honore et sur ce sujet , il en a donne tant dassurance de sa bonne volonté que sous sa promesse je luy en ay faict un autre qui est daler a ce mois de
juin en Hollande chose qui ma montré désirer tant que je ne luy ay peu refuser et aussy que luy ayant découvert les doutes que javois en ce voyage il ma fort protesté et promis que les ne vincroyent point et que quoy quon ly puisse persuader il se fera recongnoistre véritable au Roy et a vous, mais que puisque je lui disois que je ne pensois pas que le Roy mandast son frère jusqua ce que soyes auprès de luy quil désire quatendant ce temps je soye en lyeu ou il me pusse voyr plus souvant quicy. Je vous importune de mon particulier parce que vous maves assurée quen premier soing je vous envoyé un paquet de Mons' de Beauvoyr et ay envoyé les vostres en France et en Engleterre par bateaus espres de fason que jespère qui nen arivera point de faute sil y a des lettres pour vous ils les aporteront; Mons' de Lafontene masure que vous aves a cest heure touché de l'argent les marchans dicy ont eu responce de leurs lettres de change, mais on ne leur mande de nul lyeu quils vous faient fournir de largent. Je suis en payne sy vous aves receu force lettres que je Vous ay escrites avec force paquets que je vous ay envoyés de Mons"" de Beauvoyr et sont par la voye de Conlongne selon l'adresse que maves layssée. La lettre que maves escritepourle cappitene Blaye est la seule que jaye eue de vous depuis votre partement d'Utrech. Je suis estremement ayse de ce que dites que naves point ben (sic) Jestois en toutes les aprehensions du monde de cela on mavoit dit ces jours icy questies malade mais hyer il y eust un marchant, qui receust lettres que vous esties arivé a Francfort en bonne santé, dieu vous y maintiene
avec autant dheiir et de contentement quen mérités et que je souhayte.
Votre obéissante Cousine a vous fayre service ;
LODYSE DE COLLIGNY.
A Midelbourg, ce 19 rfavril.
[Au dos :] A Monsieur Monsieur le vicomte de Turenne. Madame la princesse d'Orange, 19 avril.
Monsieur,
Ce nest que pour vous rendre le tribut que je vous paye toutes les semaynes, (dune lettre) que je vous escris ceste cy. Car je ne scay rien qui vous puisse contenter estant toujours atendant la rescription du receveur général des Estats que Mons' de Buzenval nous doit envoyer de la Haye pour recevoir icy la part de Zelande qui est preste il y a trois semaines, je scay que ledit sieur de Buzenval uze de toutes les diligences quil est possible et il y a plus de huit jours qu'il ma mandé quil me lenvoiait dans deus jours je luy viens encore de fayre une despesche pour scavoir ce qui le retarde vous supliant de croire que nous noublions rien de tout ce qui peut avancer cest aflayre et pour moy je désespère et languis de voir ces longueurs mais en matière d'argent il y en a tousjours , je croy que vous aves receu plusieurs de mes lettres et entrautre une despesche que je vous ay envoyée par homme espres
depuis je nay rien receu de France ny de Mons' de Beauvoir, jay receu seulement des lettres de Mons' du Plessis par un gentilhomme de Poitou qui vient de la Rochelle où il a layssé ledit sieur du Plessis depuis un mois qui mescrit quil sera a la S' Jan auprès du Roy Mous' de la Trimouille estoit encore en sa mayson a cause de sa blesure mais on esperoit qui seroit bien tost guery, ce gentilhomme raassure que madame devoit ariver bien tost en France et que Mons' du Plesis luy a dit pour me dire que Mons' de Penias lestoit aie quérir je me resjouis fort de son contentement, car je massure que ce luy en est un très grand daprocher du Roy ; mon beau fils est party de La Haye pour se mettre en campagne avec de belles troupes jespère que dans peu vous en oyres pairler le duc de Parme ne remue point encore sinon quil aserable ces gens mais on ne scait point encore ce qu'il fera tout bruit de votre belle armée et ce dit que conmanceres a marcher ceste semayne, o dieu qui me tarde que je voye ceste nouvelle certene jamais rien ne me tarda tant, et je scay combien ces jours vous durent qui fait que ce temps mennuye encore davantage, car outre le bien public que je désire je désire aussy votre contentement que je scay ne pouvoir estre quen rendant ce bon service a la France et a votre Roy or dieu vous face la grâce que ce soit bien tost et vous donne toute la prospérité et le parfait bonheur que vous souhayte votre humble et obéissante cousine.
LOUYSE DE COLLIGNY.
[A la marge ;] Ma cousine d'Andelot est partie depuis
quatre jours sa présence ma fait couler icy deus mois beocoup plus doucement que je ne leusse fait, mais a cest heure je racheteré say ge peur d'une longue pénitence la joie et le contentement de deus mois d'une cousine et de huit jours dun cousin, cest le seul auquel depuis set ans jay participé. Je crains bien que je ne soye pas près le ny les revoir, cependant vives assuré je vous suplye que rien ne vous est sous le ciel sy religieusement gardé que laffection et parfaite amytié de votre misérable cousine laquelle ne finira quavec sa vie, je vous bayse légions de fois les mains, jatens de vos nouvelles pour partir de Midelbourg, ce 24 de may, et dylaye tousjours quelque presse que Ion me fasse.
[Au dos :] A Monsieur Monsieur le vicomte de Turenne. Madame la princesse d'Orange, 24 may.
Monsieur ,
Je croy que vous scaves desja comme Mons' de Buzenval en fin a mis une fin a votre principal affayre de desa, et quil a donne ordre que votre argent nous sera baillé à Conlongne, je vous respons pour la part de Zellande quelle a esté conté en ceste ville a moucheron marchand qui est celuy qui a acordé avec mon dit sieur de Buzenval Mons' de S* Aldegonde resevra une partie de ce que luy aves ordonné sur ceste part icy et lautre quen tout cera receu, cela luy viendra bien a propos
pour donner a des hommes qu'il a eu main pour luy fayre scavoir de bons et certains advertissemens des desseins du duc de Parme, qui sont encore sy segrets que Ion ne peut asseoir nul jugement de ce quil veult fayre car une fois y fait des préparatifs pour assiéger une ville et puis cela sevanouit une autre on dit que cest pour donner en une des isles de Zelande de quoy souvant je suis en alarme; a cest instant on a nouvelles icy quil est party de Bruzelles avec quinze cens chevaus et quatre mil hommes de pied et quil tient le chemin de Gueldres pour traverser les entreprinses de mon beau fils ceus du conseil dicy viennent aussy de recevoir lettres de Calais du 2 [7J de ce mois par lesquelles on leur mande que le gouverneur de la Fere a esté tué dun coup de hallebarde par le curé de la ville et que depuis le duc de meyne a mys la ville entre les m[ains] du duc de parme qui y a fait entrer sa garnison espagnole de quoy tous les catholiques de ces cartiers la murmurent estremement, jay receu nouvelles dorange par lesquelles japrends que Mons' des diguieres fait tousjours heureusement la guerre en ces quartiers la comme vous verres par lestrait que je vous en envoyé, tout est tousjours brouillé en ceste ville la yl doit bien tost ariver icy de leurs députes de quoy le s"" de serres est un je my gouverneré comme vous maves conseille car vous scavez bien que vous aves voulu estre mon premier conseiller aussy vous gardes ge tellement ceste place que je ne puis donner lyeu aucun advys qui me soit donné et ne me veus resouldre a chose du monde ny employer personne pour mon fils ny pour moy
jusqua ce que Dieu vous ait rendu auprès du Roy car je ne veus pas que nous tenions et soyons oblyges a autre que de vous a qui je bayse cent millions de fois les mains c'est
Votre humble et obéissante cousine.
LOUYSE DE COLLIGNY.
[A la marge :] Que Ion me fait de dépit quand on me dit que vous ne pouves marcher devant le commancement doust sy jestois homme pour certin jusse desja présenté mille combats la dessus, japprehente tant lennuy que vous aporte ceste longueur que sy le resentiment dautruy pouvoit diminuer votre payne croyes quelle seroit beaucoup diminuée par les myens je conte sy bien les jours que vous ne me reprocheres pas comme vous quil fait que je ne date jamais mes lettres car je vous asseure que Ion ne me peust prendre sans scavoir a c'est heure combien nous avons du mois, cest aujourd'huy le dernier de may il y a quatre moys que vous estiés en Hollande et que vous limities ce temps pour votre séjour en Alemagne dieu veuille que vous aies cest prospérité.
LE DUG DE BOUILLOiN