‹ La réforme catholique du dix-septième siècle dans le diocése de LimogesChapitre 10 sur 480 · PRÉFACE XIX · texte numérisé non relu

PRÉFACE XIX

et plus de trois mille paroisses ^ dont il avait été banni durant plus de quarante ans. La situation en Béarn était si ardue, si dangereuse, qu'il fallait préparer de longue main, avec une extrême prudence, la disgrâce des protestants. Henri IV y envoya les Barnabites qui trouvèrent c l'Eglise catholique semblable à un malade épuisé qui a perdu presque tout son sang par l'effet d'un assassinat commis sur lui par des brigands » 2. i\ ne restait pas un autel debout, ils disaient la messe et prêchaient en plein vent. Desédits furent promulgués pour protéger les catholiques, leur faire rendre leurs biens. Louis XIII, à dix-neuf ans, dans un voyage en Béarn, put achever l'ouvre déjà à moitié faite. Il suffit de prendre lecture des édits de mai 1596 et de décembre 1606 pour se convaincre qu'Henri IV fit pour l'Eglise, pour le clergé catholique tout ce qu'il était humainement possible de faire au milieu des difficultés où il se mouvait.

Le dernier édit fut rendu après une enquête faite par des visiteurs spéciaux, dans tous les diocèses de France, à TefTet de constater l'état de tous les bénéfices et les titres des titulaires.

Henri IV pouvait dire avec vérité aux députés de l'assemblée du clergé de 1605 : «... Vos remontrances et vos plaintes, Messieurs, ne sont que trop fondées. Je conviens avec vous que l'Eglise est accablée de vexations et que je dois faire tous mes efforts pour lui rendre son ancien lustre et sa tranquillité. Je n'épargnerai ni mes soins, ni ma vie même, pour faire triompher l'Eglise et la religion... Je me fais gloire de ce que dans la nomination aux évêchés, je n'ai fait aucune injuste préférence ; sans aucun égard ni à la faveur ni aux recommandations, j'ai toujours choisi des personnes distinguées par leur science et dont la sainteté était une exhortation continuelle à la vertu... Je suis glorieux de voir ceux que j'ai établis bien différents de ceux du passé... Le récit que vous en avez fait me double encore le courage de mieux faire 3.»

En même temps> il rassure ses anciens coreligionnaires dont la plupart restèrent toujours ses amis, sur leur liberté religieuse et leur liberté civile ; il ne poursuit pas l'anéantissement de la religion réformée « dont il a été trop bien servi dans ses tribulations et an goisses ; mais de la faction huguenote », ils peuvent être bien sûrs de sa justice et de sa protection. Et là aussi, il a tenu sa parole.

Voilà qui répond aux Sermons sur la simulée, conversion et au

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