XX PRÉFACE
Banquet du comte éCArètCy ces derniers et délirants outrages de la Ligue expirante. L'absolue sincérité de là conversion ne saurait être contestée. On a cité des mots faits après coup, des lettres à une date où il ne pouvait s'expliquer catégoriquement. Ces indications fausses cèdent devant les faits. Le fils de Jeanne d'Albret n'avait pas la mentalité d'un indifférent ou d'un libre-penseur de nos jours. Les esprits sensés et sans passion se rangent au langage que l'archevêque de Bourges tenait aux conférences de Suresnes : (c... Ce n'est point un roi idolâtre, un mahométan, il est chrétien par la grâce de Dieu, il a avec nous un même Dieu, une même foi, un même symbole ; il n'est séparé de nous que par quelques erreurs et diversités touchant les sacrements ^ » — C'était un croyant. Il était pieux, dévotieux, priait souvent et avec ferveur. Sa mère lui avait donné ses habitudes dès son jeune âge. Lorsqu'à son voyage à Limoges, en 1605, on lui montra le chef de saint Martial, « son cœur fut touché de dévotion et baisa plusieurs fois ce sacré dépost et y fit toucher sa croix et son chapelet » '^,
Un jour il demanda à l'évêque de Genève de lui faire un traité de piété. Il voulait a un ouvrage de sa main où la religion serait présentée dans toute sa beauté native, dégagée de toute superstition et de tout scrupule, praticable à toutes les classes, à la cour et dans les armées, compatible avec l'agitation du monde et le fracas des affaires ». C'est à cette demande que nous devons Vlntrodiiciion à la vie dévote 3.
Sous la régence de Marie de Médicis et sous Louis XIII, la réforme suivit son cours. Il y avait encore beaucoup à faire et les résistances et les difficultés n'avaient pas disparu. « L'Eglise de Dieu )) n'était pas entièrement relevée de ses ruines «dont la dépravation ecclésiastique était la principale cause », disait un émule de l'évêque de Genève qui allait prendre une large part à ses œuvres. Il se nommait Vincent de Paul. François de Sales avait décliné les propositions d'Henri IV qui lui oflrit plusieurs fois un évêché en France, il s'était voué à son épouse spirituelle, cette pauvre Eglise où il y avait tant de brebis égarées, mais il se sentait Français par sa nature et son génie, il chérissait cette seconde patrie, il aimait ces chaires de Notre-Dame, du Louvre, de Lyon, de Gre-