‹ La réforme catholique du dix-septième siècle dans le diocése de LimogesChapitre 104 sur 480 · Mss. n. 34, p · texte numérisé non relu

Mss. n. 34, p

2. Chéruel, Histoire de France pendant la minorité de Louis XIV, Paris, 4879, 1. 1, p. 35 et suiv.

substituer, dans le gouvernement, à la place du cardinal ^. L'habile ministre, mis au courant des démarches des «r Importants », qui, devant ce refus, s'étaient rejetés sur Augustin Potier, dont l'incapacité politique était notoire, tint compte à Tévêque de Limoges dé son effacement dans cette circonstance, et lui, « qui prenait ombrage de tout le monde », ne le rendit pas, au jour du triomphe, responsable des manœuvres compromettantes de ses amis. Plus tard, il devait même lui donner des preuves d'une certaine confiance, quand il chargea la mère de la Fayette, de l'éducation de ses nièces.

François de la Fayette eut néanmoins le grand honneur de n'avoir pas ménagé, sur un autre point délicat, les susceptibilités du puissant ministre, et de lui avoir fait, de concert avec M. Vincent, une opposition religieuse bien déterminée. Tous les mémoires du temps nous rapportent, en effet, que le saint prêtre et le zélé prélat n'usèrent de leur influence à la cour, que pour essayer d'y introduire une réforme morale. Us ne craignirent pas de représenter à la reine, que les bruits répandus sur ses relations avec Mazarin, portaient atteinte à sa réputation.

Leur intention n'était pas, de critiquer les réjouissances perpétuelles, qui étaient alors en tous lieux. L'époque était à la joie, aux divertissements, aux fêtes brillantes. Cet entraînement trouvait une excuse continuelle dans la succession rapide des victoires des armées. Ce que les hommes d'église avaient à reprocher, c'était l'oubli trop fréquent des convenances, et le mauvais exemple donné, du moins en apparence, par les maîtres eux-mêmes de la cour. La galanterie régnait alors, sous l'excuse du bon ton, de l'esprit et des beaux sentiments. La régente ne s'en défendait pas elle-même. De l'aveu de sa plus discrète confidente, Mme de Motteville, elle n'avait jamais compris que la belle conversation pût être blâmable, et elle entendait, par là, une galanterie honnête, sans engagement particulier, à la mode des dames espagnoles de ce temps.

Comment, avec de telles dispositions, aurait-elle sérieusement lutté contre la séduction d'un ministre, qui était tout l'opposé de Richelieu, sans inflexibilité, ni rudesse, prêt à faire ses volontés et à servir ses intérêts. Mazarin était l'homme le plus agréable du monde, il n'était pas prêtre, et quoique cardinal, il n'a jamais été dans les ordres sacrés. 11 ne déplut donc pas à Anne d'Autriche. Ce qui est certain, c'est qu'on parla de son assiduité auprès de la reine, dès les premiers jours de la régence, et ces propos furent une des plus fréquentes inquiétudes de Mazarin. On les retrouve à chaque pas dans ses carnets: «Ils (mes adversaires) espèrent pouvoir me faire grand mal, avec l'invention trouvée de la galanterie... Ils vont trouver Monsieur Vincent, et sous prétexte d'affection pour la reine, ils disent qu'elle perd sa réputation par la galanterie. . . Ils disent que Limoges a dit à Sénécé (sic) de parler à Sa Majesté, pour qu'elle ne me vît pas si souvent, pour sa réputation. »

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