‹ La réforme catholique du dix-septième siècle dans le diocése de LimogesChapitre 109 sur 480 · RELATIONS SOCIALES DE L'ÉVÊQUE FRANÇOIS DE LA FAYETTE DANS SON DIOCÈSE · texte numérisé non relu

RELATIONS SOCIALES DE L'ÉVÊQUE FRANÇOIS DE LA FAYETTE DANS SON DIOCÈSE

I. Hommages du prélat rendus au roi Louis XIII et à la reine Anne d'Autriche.

Dans son diocèse, l'évêque, sous l'ancien régime, avait une double mission à remplir. Tune extérieure et profane, qui relevait du seigneur temporel et du représentant du roi ; l'autre, simplement épiscopale, qui ne regardait que l'homme de Dieu, l'administrateur des sacrements, le chef de la religion. François de la Fayette ne borna pas son activité à sa mission évangélique, quoiqu'il ait refusé de jouer un rôle politique dans TÉtat.

A cette époque, où tout convergeait vers le roi, les évoques de France, tous gentilshommes, étaient en tête des fidèles. Le roi était regardé par tous comme la vivante image de la patrie. Il savait que rien de ce qui intéressait sa famille et le pays, ne trouverait les évoques indifférents. Les événements publics et privés entretenaient, entre la royauté et le clergé, une correspondance incessante. Le roi partait-il en guerre ? Il demandait aux évèques des prières pour le succès de ses armes. Avait-il remporté une victoire? Il faisait chanter des Te Deum d'actions de grâces. Avait-il eu la joie suprême de voir assurer sa succession par la naissance d'un prince? Il en écrivait à tous les prélats de France. Les évêques étaient les intermédiaires indiqués, entre le roi et son peuple. Ils étaient chargés de faire connaître, et au besoin de commenter les événements publics. A la nouvelle que le roi était en danger, les évêques ordonnaient des prières publiques. Lorsqu'il avait rendu le dernier soupir, c'était le bourdon de leur cathédrale, qui en apportait à la cité épiscopale la première nouvelle *.

C'est la nature de ce patriotisme des plus ardents, dans l'âme de notre prélat, qui nous éclaire sur le grand nombre de cérémonies, dont le récit remplit les chroniques locales de son temps.

Le premier fait public de ce genre, fut le passage du roi Louis XIII à Limoges. Le souverain arriva dans cette ville, le 9 novembre 4632, vers quatre heures du soir. Autant avait été joyeuse l'entrée de Henri IV à Limoges en 1605, autant celle de Louis XIII prit un caractère douloureux et triste. Le roi venait de faire procéder à Toulouse au jugement de l'infortuné duc de Montmorency. Le souvenir si récent de sa mort (30 octobre), la pluie glacée qui tombait à torrents, les premières ombres de la nuit, tout sembla concourir à rendre plus triste l'entrée du roi dans la ville. Le souve-

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