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Bourges son mandat de gouverneur, pour le confier au maréchal de Turenne, inféodé encore au protestantisme, le clergé de France prit fait et cause pour le prélat dépossédé et fit adresser au jeune roi et à la reine-mère une respectueuse, mais ferme remontrance ^.
3» François de la Fayette et le maréchal de Turenne,
Quoiqu'il en soit delà part qu'il dut prendre à cette protestation bien naturelle, François de la Fayette nous semble avoir été en relations plus que courtoises avec l'illustre maréchal. Des liens divers rattachaient à Tévêché de Limoges, la famille de Turenne. Bien qu'elle n'eût pas d'égale, par sa noblesse et son ancienneté, dans la province du Limousin, elle s'était reconnue longtemps vassale de l'évêque, relativement à la baronnie de Malemort.
Naguère encore (1624), après la mort du duc de Bouillon, sa femme, Elisabeth de Nassau, avait rendu hommage-lige pour ce fief de Brive, en Bas-Limousin, et payé, au nom de ses enfants, des droits de mutation à l'évêque de Limoges, Raymond de la Martonie. Frédéric-Maurice de la Tour, second duc de Bouillon, frère aîné du maréchal, n'ayant pas voulu reconnaître cette dépendance, intenta à ce sujet au même prélat un procès, qui est resté célèbre dans les Annales des tribunaux, parce que, les évêquesde Limoges en ayant continué la poursuite, aucun jugement n'était encore intervenu à la veille de la Révolution. Quand il avait introduit ce procès interminable, le duc de Bouillon était en Limousin l'une des colonnes du parti protestant. Converti au catholicisme en 1637, Frédéric- Maurice déploya sur ses terres, un grand zèle pour la conversion de ses anciens coreligionnaires ^.
Son fils, l'abbé de Bouillon, jeune clerc du diocèse de Limoges, établit, en 1659, la réforme de Saint-Maur dans son abbaye de Beaulieu. Notre prélat, qui lui délivra, en 1666, des lettres dimissoires pour la réception des ordres sacrés, avait pour sa vertu et ses talents une si grande considération, qu'il résignait en sa faveur, quelques années plus tard, son prieuré de Saint-Angel.
D'autre part, le glorieux maréchal de Turenne, dont la loyauté de caractère était parfaite, avait donné, avant d'être nommé gouverneur du Limousin, des preuves notoires de son amour pour la vérité religieuse. Il la cherchait de bonne foi, et lisait volontiers dès 1658, des ouvrages de controverse. Calme et réfléchi, il médita longtemps encore, avant d'abandonner la Réforme protestante, qu'il ne soutint d'ailleurs jamais dans son gouvernement du Limousin 3. La réputation de ses victoires avait rendu populaire, à Limoges, le nom du maréchal de Turenne. L'entrée solennelle de l'illustre gouverneur, dans la capitale de sa province, souleva l'enthousiasme de la population limousine. L'évêque de Limoges ne fut pas le