ProcèS'Verbatu:, ibid,y t. IV, p
2. Mss. 34, p. 4. Mss. il, 1. 1, p. 567. Picot, Essai hi8t0}nque, 1. 1, p. 242.
3. Mss. 34, p. 28 et Pouillé histor. Picot, ibid,, t. II, p. 27.
moins heureux de cette visite du maréchal, qu'il accompagna dans toutes ses revues, et à qui il offrit, pendant cinq jours, une cordiale hospitalité. Citons ici in extenso le récit plein de saveur d'un contemporain.
Le 17 mars 1660, arrivât à Limoges, M. le mareschal de Thurenne. Messieurs les Consuls furent au-devant de lui, assistés de nombre d'habitants à cheval ; les autres corps avec leurs compagnies ; le seigneur Evesque avec « son corps * jusqu'au bourg de Gouseyx, où estant arrivé, le mareschal et lui parlèrent quelque- demy cart d'heure en particulier : le dit seigneur gouverneur fut harangué par M. Faulte, consul et advocat. Les compagnies de la ville furent au devant, en armes, au nombre de quatorze cents hommes. Ledit seigneur Gouverneur fit le tour de deux bataillons quy luy plurent fort, estant à pied, le chapeau en main, assisté du seigneur Evesque, de MM. de Sillery et de Duras, fils, et de Messieurs les Consuls. Après s'être retiré, il se fit une belle descharge d'artillerie.
Le dit seigneur Gouverneur fit son entrée par la porte Montmailler, où estoient les armes de France avec celles de la ville, et de la maison de Boullon, et son portrait au-dessus. Il fut reçeu au bniit de l'artillerie, fort copieuse. Monsieur le Lieutenant Criminel reçeust, à l'entrée de la dite porte, le dit seigneur auquel il fist harangue, en calité de consul : et après, fust présenté lepoyle au dit seigneur gouverneur, qu'il ne voulust recevoir, et lequel on fist porter devant. Il passa devant Saint-Martial, Cruche-d'Or, sortit par la porte Manigne dans les faulx-bourgs, et de là fust loger à l'Evesché, toujours à pied et le chapeau à la main, et accompagné du Seigneur Evesque et du Lieutenant Criminel. C'estant retiré, et les grandes portes de la maison épiscopale fermées, le Major le fist advertir que les compagnies de la ville dévoient passer devant son logis ; ce qu'ayant apprins, il sortit en compagnie du dit Seigneur Evesque, où il se donnât la patience de voir tout deffiler ; tout alloit de quatre en quatre, et en bon ordre, et fort bien armés : ce quy hiy agréât fors, et, en passant, chacun tirait (un coup de mousquet).
Le lendemain, tous les corps ecclésiastiques, tant religieux qu'autres, le furent complimenter, quoiqu'il fust de la prétendue. Le dit seigneur gouverneur séjourna jusqu'au 21 du mesme mois, jour des Rameaux, toujours logé à VEvesché : lequel jour, il partit de bon matin, et en fit retorner les compagnies des sieurs grand prévost et Visénéchal ; et comme il partit de bon matin, il surprint les habitants ; ce quy empescha qu'il ne fut pas bien convoyé. Cependant Messieurs les Consuls avecq nombre d'habitants le furent conduire. Il fust le mesme jour coucher à Uzerche, pour s'en aller à Thoulouse, voir Sa Majesté ^.
Profondes furent les impressions de sympathie, que produisit à Limoges le passage du maréchal de Turenne. Dans cette ville, alors si catholique, la nouvelle de son abjuration, que reçut Bossuet (23 octobre 1668), fut accueillie avec des transports de joie. Quand, sept ans après, la province du Limousin apprit la mort glorieuse de son gouverneur, ce fut, partout, une vraie désolation. Notre prélat voulut témoigner, au grand homme, sa reconnaissance et sa douleur, par un service qu'il fit célébrer, le 10 septembre 1675, en l'église cathédrale. Il n'oublia rien de tout ce qui était nécessaire,