‹ La réforme catholique du dix-septième siècle dans le diocése de LimogesChapitre 122 sur 480 · Registres consulaires de Limoges^ t. III, p · texte numérisé non relu

Registres consulaires de Limoges^ t. III, p

pour le rendre très solennel. Il y officia pontificalement, et Toraison funèbre du héros y fut prononcée, par Tabbé de Périère, en présence d'une très grande assemblée ^

4" Relations du prélat avec Vintendant de Nesmond et le trésorier général P. Benoist.

Ce fut par les liens d'une étroite amitié, que François de la Fayette fut uni à l'intendant de la Généralité, Henri de Nesmond, magistrat de grande valeur, issu d'une famille de robe del'Angoumois 2. Il était âgé de trente-huit ans seulement, quand il mourut, Ie3avrill672, peu de temps après son arrivée à Limoges. Le vénéré prélat, fort affligé de cette perte prématurée, « donna des larmes à la mémoire de son jeune ami ». Il pria et fit prier beaucoup pour le repos de son âme. Le corps de l'intendant fut embaumé le lendemain du décès, et mis dans une caisse de plomb; et sur le soir du 4 avril, il fut enlevé par le curé de Saint-Maurice de la cité, accompagné des prêtres de sa communauté, et porté à l'église paroissiale de ce nom. Après qu'on y eut chanté l'office des morts, on mit le corps en dépôt, dans la chapelle Saint-Jacques, jusqu'à ce qu'on le conduisit à Paris. L'évêque de Limoges assista au convoi, ainsi que Messieurs de la Justice, en corps, et un grand concours de peuple.

Le 22 mai suivant, jour de dimanche, et fête de saint Loup, un service des plus solennels fut célébré, pour le repos de l'âme de l'intendant, dans l'église de Saint-Maurice. Les cinq couvents de religieux mendiants de Limoges, s'y rendirent en procession. L'évêque voulut encore présider la cérémonie, à laquelle se trouvèrent Messieurs de la Justice, en corps, les consuls et de nombreux habitants. La conduite du corps fut ensuite confiée aux soins de maître Thomas de la Saile, prêtre, curé de Saint-Yrieix (diocèse d'Angoulême), qui l'accompagna jusqu'à Paris 3.

Ce fut pareillement dans une triste occasion, que nous saisissons l'intimité des rapports, qui existèrent dès le début de son épiscopat, entre François de la Fayette, et les trésoriers de France. Pierre Benoist, fils de Martial, seigneur de Gompreignac et du Mas de Làge, du bureau des trésoriers de France à Limoges, avait hérité, en octobre 1625, des vertus, des biens et de la charge de son père ; il était encore depuis 4643, lieutenant criminel en la sénéchaussée du Limousin ; il soutenait sa maison avec honneur, et s'était acquis l'estime et la sympathie générales, en même temps que l'amitié la plus intime de son nouvel évèque. Aussi vit-on « ce tendre pasteur », lui donner rExtréme-Onction, et tenir son ami entre ses bras, à ses derniers moments. Le lendemain, 24 octobre 4629, le

i. Mss. 34, fol. 33.

2. Le frère de l'intendant, François de Xesmond, docteur de Sorbonne, depuis célèbre évêque de Bayeux (1662-1715), avait été associé à notre prélat comme secrétaire dans plusieurs affaires ecclésiastiques, à rassemblée du clergé de 1655. Procès-verbaux.

Page 1