III. Relations de Tévêque avec les consuls de Limoges
A regard des magistrats municipaux de la maison de ville, appelés consuls, Tattitude de Tévéque de Limoges fut à la fois digne et fière, conciliante et serviable. François de la Fayette se montra vraiment le continuateur des vieilles traditions des évoques, défenseurs-nés de leur cité, et protecteurs de leurpeuple. Il fut heureux d*intervenir, avec succès, dans une circonstance critique, en faveur du maintien de ce qui restait alors de libertés municipales, et de mettre à la disposition des consuls, le crédit puissant dont il jouissait à la cour de France. Henri IV avait porté un coup funeste à rinstitution consulaire de Limoges. La réduction du nombre des consuls, de douze à six, et la substitution, à la commune assemblée, d'un corps électoral restreint de prud'hommes, désignés par les consuls sortants, avaient achevé la ruine des traditions communales. La vie municipale, néanmoins, eut encore à Limoges un peu d'activité pendant le règne de Louis XIII ; à la fin du siècle, elle finissait de s'éteindre. On vit alors le fisc étendre la main sur les charges municipales. Ces mandats gratuits, conférés de tout temps par le libre choix des citoyens, furent métamorphosés en offices qu'on mit aux enchères, et des édits intervinrent, pour contraindre les villes à s en rendre adjudicatrices 2.
Ce fut cette dernière transformation, que notre prélat parvint à écarter par ses démarches, et par le concours du gouverneur de la province. Cet important service rendu à la ville, les registres consulaires le signalent en quelques mots de reconnaissance :
En 1647, les consuls obtinrent un arrêt, relatif à leur élection, et ils appelèrent le duc de Ventadour, pour le faire exécuter. Comme Mgr de la Fayette s'était employé en leur faveur, ils allèrent lui rendre visite, revêtus de leurs marques consulaires ; ce qu'ils n'avaient jamais fait jusque là. Leurs successeurs continuèrent la tradition de cette visite officielle, et l'usage fut conservé par les nouveaux corps municipaux {système moderne) établis en 1768 3.
Dès lors, à chaque cérémonie officielle, il y eut échange de politesse, entre les diverses autorités publiques, à Limoges. Ainsi, le jour de Pâques, 4e jour d'avril 1648, Monsieur de Limoges fit inviter les consuls au Te Deum, qui se devait chanter, le mardi suivant, dans Saint-Etienne, pour la grâce que Dieu avait faite à la France, comme le roy lui mandait par sa lettre du 9e jour de mars, que le traité de la paix (de Westphalie), qui avait été fait en octobre dernier, avec l'empereur, avait