‹ La réforme catholique du dix-septième siècle dans le diocése de LimogesChapitre 128 sur 480 · Le P. Anselme, t. VII et abbé Sorin, Louise, p · texte numérisé non relu

Le P. Anselme, t. VII et abbé Sorin, Louise, p

véque d*Auch et abbé de Saint-Martial. Un peu plus tard, le 22 mai 4665, il était admis dans TOrdre de chevalerie si recherché du Saint-Esprit, et nommé chevalier des Ordres du roi. Cet honneur ne suffit pas encore à son ambition. A cette époque, Tévêque de Limoges autorisait M. de Laistre, son procureur à Paris, à remettre à Claude, son neveu, les sommes d'argent, dont il avait besoin pour son entrelien d'abbé de cour ^.

Non content de ces largesses l'abbé de la Fayette aspira, dès 4663, à remplir un mandat de député du second ordre à la prochaine assemblée générale du clergé de France. Dans le but de se rendre d'abord éligible à l'assemblée provinciale de Bourges, il se fit pourvoir, en cour de Rome, du prieuré de Ventadour, dont la jouissance l'aurait mis au rang des bénéficiers du diocèse de Limoges. Mais, dès le début, la possession de ce titre lui fut contestée par le patron ou collateur du bénéfice, qui était l'abbé de Cluny. Il s'ensuivit un procès devant les tribunaux de Paris, pour la poursuite duquel le procureur de l'évêque « n'oublia ni n'épargna rien », tandis que l'abbé de la Fayette « ne lui témoignait aucun sujet de satisfaction de ses soins en cette affaire », et qu'au lieu de « se remuer », de consulter et d'encourager son avocat, il allait faire un voyage en Bretagne. Naturellement, la cause fut perdue, et « l'abbé se tmuva fort embarrassé ».

Pourvu enfin d'un bénéfice par l'évêque de Clermont (août 1664), l'abbé de la Fayette, qui n'avait rien tant à cœur que sa dépulation, souhaitait, le mois suivant, que son oncle fît le voyage de Bourges, afin que la chose lui fût plus assurée. Le siège, en efTet, de cette métropole étant alors vacant, il appartenait à François de la Fayette, doyen d'âge des évêques suffragants, de présider l'Assemblée du clergé de la province, qui devait se réunir au printemps de 4665 2.

Quelque temps après, on savait, à Paris, que l'évoque de Limoges s'était décidé à se rendre à Bourges, pour remplir ce devoir de sa charge.' La reine-mère, Anne d'Autriche, et le duc d'Orléans, son fils, reconnaissant, par leur démarche elle-mémo, IVfficacité de l'intervention de notre prélat, lui écrivirent, en janvier 1665, un mot de K'commandation en faveur d'un de leurs protégés. «M. l'évoque de Limoges, écrit le prince, l'afTectionque j'ay pour la personne du sieur abbé de Tressan, niaislre de ma cliapelle, me faisant prendre part, en tout ce qui le regarde, je vous prie de luy

1. Tous ces détails qui précèdent et ceux qui vont suivre sur Claude de la Fayette sont extraits de la correspondance du si(îur de Laistre (qui demeurait à Paris, rue des Bernardins) avec le « sieur Vaynet, intendant dr» la maison et affaires de Mgr l'Evoque à Limoges ». Voir aux archives de la Haute-Vienne, G, n. 233, 228. Cette correspondance ne comprend malheureusement, que des lettres d'affaires en général (de 1663 à 1665). On y voit, notamment que le neveu de l'évêque était assez souvent dans le besoin. On lit dans une lettre du 22 décembre 1663 : « Quant à M. l'abbé de La Fayette, je lui avois tout fi-aîchement advancé son quartier de pension ; il aura toujours besoing d'argent, tant qu'il vivra. » Dans celle du 8 novembre i66i, on lit encore: «Je n'ay point rhonneur de veoir M. l'abbé, que lorsqu'il est pressé d'argent. »

Page 1