Lettre du 20 septembre
estre favorable pour la députation, à la prochaiDe assemblée du clergé, et de croire qu'en luy accordant cette grâce, vous me donnerez une marque de votre amitié... Philippe * .»
Bien qu'il eût appréhendé, en mars, les dépenses du voyage, Tabbé de la Fayette se rendit à Bourges, à la fin d'avril de cette même année, après avoir soumis les mémoires qu'il y emporta, au jugement de son oncle. Il obtint, avec son aide et celui de l'évêque de Tulles, Louis de Guron, qui était pour lui a: le mieux intentionné », le mandat de ses rêves. L'abbé de Tressan ne fut pas moins favorisé. Ils se chargèrent, par contre, tous les deux de recommander aux agents généraux de l'assemblée le succès d'une affaire, que l'évêque de Limoges avait alors avec messieurs de la Chambre de l'Edit, relativement aux protestants de son diocèse. ,
Claude de la Fayette, qui était <( assez froid ordinairement envers tout le monde », parut tout transformé par la grandeur de sa mission. 11 « ne put s'empeschér, de témoigner à plusieurs reprises, qu'il avait de grandes obligations », à ceux qui avaient contribué à lui faire donner son mandat. « Je n'oublierai rien, écrit-il au secrétaire de son oncle, de Pontoise,où l'assemblée s'était réunie à la fin de mai 1665, « pour rendre mes très humbles services à Monseigneur, outre mon inclination qui m'y porte passionément, (sic) les bontés qu'il a pour moy me sollicitent bien de luy rendre ce que je luy dois. »
Dans une autre lettre, adressée en juin de Pontoise, où il s'était bien confortablement installé, l'abbé de la Fayette donne au.sieur Vaynet des nouvelles sur la maladie très grave de la reine-mère, et sur l'organisation des premières séances de l'assemblée. « Jusqu'à présent, dit-il, l'Assemblée a été une véritable cohue. Je me range fort du parti de Mgr de Sens (Louis de Gondrin), et souhaite fort qu'il soit le premier président. Il me témoigne tant d'amitié à la considération de Monseigneur, que je m'estimerai fort heureux, si je lui peux donner des marques de mes très humbles services. On parle souvent de Mgr de Limoges, et je vous assure qu'il est très bien souhaitté (jsic). Il n'y a point d'évesque qui ne m'aye prié de l'asseurer de ses très-humbles services, entre autres Mgr de Tours, Bordeaux, Vienne, Chartres, Mende, Castres, Amiens, Soissons. Du second ordre, il y eh a une infinité, l'abbé de Baitz^ l'abbé de Saint-Nicolas, l'abbé de Tressan, et généralement toute l'assemblée. »
Mais pour quelle fin particulière l'abbé de la Fayette avait-il tant recherché la députation V C'était, écrivait, dès le 7 mars 1665, le sieur de Laistre, « pour monter à quelque chose de plus haut ». Assurément, disait le même correspondant trois mois plus tard,« il Achèvera de se perfectionner. Il mérite que vous et moi nous nous employions pour lui rendre service, si nous pouvons, pour son establissement. C'est grand pitié de veoir une personne comme luy, à la veille d'être coadjuteur, si Monseigneur le quittait... »