‹ La réforme catholique du dix-septième siècle dans le diocése de LimogesChapitre 13 sur 480 · XXII PRÉFACE · texte numérisé non relu

XXII PRÉFACE

Sainte-Genpvif^ve, des Filles de la Croix, de l'abbaye de Longchamps on elle était le plus nécessaire.

La réforme des nénédirtins de Saint-Van nés fini enjiloba Saint- Maiir et plus tard Saint-Germain-<|ps-Prês, culie plus ancienne dt»s Frniillants, par Jean de la Barrière, avaient produit d'heureux eiî'ets mais un jrrand nombre de monastères de Saint-Benoit restaient encore hors de leur rê<rle. L'ordre de Saint-Aufîustin et Tordre de Saint-Bernard, les (f Bonshommes t) de Saint-Elienne de Muret, étaient dans le même cas. Le cardinal de la Bocbefoucauid avait reçu du pape et du roi une délénration prénérale pour remettre les choses en état normal, mais n'avait pas complètement réussi. Le cardinal de Richelieu, élu abbé de Cluny, eut la velléité de suivre l'entreprise, mais, en présence de certains empêchements venus de Rome à raison de sa personne, n'insista pas. L'esprit cependant était à la réforme Pt finit y)ar triompher.

Les chanoines ré^rnHers de Saint-ATitrustin rentrèrent dans la bonne voie. La con^rrégation de Sainte-Geneviève, dont le cardinal (le la Hochefoucafild était abbé, celle de Saint-Vincent de Senlis, aux soins du P. Kaure, celle de Lorraine sous Pierre Fourier, celle de la Chancelade, en Périgord^ relevée par Alain de Solmiuiae, donnèrent un exemple qui fut suivi par d'autres maisons de Saiut- Augustin, notamment les Prémontrés.

Les Capucins progressaient de leur côlé. Le P. Athanase, iVère de Mathieu Mole, fondait pour les tilles repenties le couvent des Madelonettes. l'n autre capucin, plus célèbre, le 1*. Leclerc du Tremblay, c( l'Kminence grise ^, instituait les Filles du Calvaire et organisait des missions pour évangéliser les infidèles d'OrieuL

Le P. P»ouhourt avait commencé la réforme des Carmes mus le règne précédent. Kile s'étendit considérablement de 1 007 à 1624, embrassa toute la France, y compris le grand couvent de J'aris, dit les Rillettes.

Les Célestins, les Camaldules, les liernardins et autres ordres durent leur accroissement à une plus étroite observance de leurs anciens statuts.

La capitale se peuplait de nouveaux édifices religieux. Les Carmes bâtissaient leur église de Vaiigirard, U^s Minimes élevaient leur couvent î)rès de la place P\oyale, les Dominicains s'installaient dans leur belle maison neuve de la me Saint-Ilonoré, les Frères de Saint-.Ieaii-fle-=T)ien terininnient leur gi'and hôpital du faubourg Saint-Cermain, la congrégation de Piepus réformée s'cLablissait sur un vaste eniplacement au bout du faubourg Saiut-AnLoine.

PRÉFACE XXIU

La réforme du clergé séculier était tout aussi nécessaire et aussi pressante que celle des moines. Henri IV avait eu à peine le temps d'y toucher. C'est par les curés que l'instruction religieuse est donnée au peuple, c'est par leur exemple journalier que la moralisation ou le scandale sont répandus. La mauvaise composition du clergé paroissial tenait à plusieurs causes. Les sujets d'élite étaient très rares. La formation ecclésiastique était imparfaite, la rétribution du ministère était vile. Un grand nombre de cures dépendaient de la mensedes monastères. Les abbés, curés primitifs, nommaient les curés, simples vicaires, et ces commendataires n'avaient en vue que de pourvoir au service divin au meilleur marché, de réduire la portion congrue. Le jeune évèque de Luçon présenta cette observation aux Etats de 1614, et plus tard arrivé au pouvoir il estimait que la distribution des bénéfices ecclésiastiques entraînait une effrayante responsabilité à raison du bien ou du mal qui pouvait en résulter pour l'Eglise. Il craignait d'être damné pour ne pas choisir avec assez de scrupule les évèques et les abbés qui choisissaient les curés.

Le concile de Trente avait ordonné la création de séminaires diocésains, indispensables pour préparer dans la retraite et le recueillement, par des études prolongées, les jeunes clercs aux exigences du ministère paroissial. Ce vœu fut enfin rempli. L'abbé de Bérulle fonda l'Oratoire, l'abbé Eudes institua la congrégation qui prit le nom d'Eudistes, M. Olier créa le séminaire de Saint- Sulpice. La communauté de Saint-Nicolas-du-Chardonnet, sous M. Bourdoise, l'ami de M. Vincent, et le séminaire des « Trentetrois > de Claude Bernard, le ce pauvre prêtre », doivent aussi être nommés.

Et toutes ces sociétés ne suffisaient pas à la soif de piété, de prière, d'effusion religieuse qui brûlait les âmes si longtemps privées de secours. Des missionnaires furent affectés à chaque diocèse. Ils pérégrinaient, semant la parole de Dieu, comme aux temps évangéliques. Le P. Le Jeune, privé de la vue, le Père Aveugle^ prêcha vingt ans en Limousin. Le clergé séculier, spécialement le clergé rural, se trouva ainsi grandement amélioré, l'esprit sacerdotal fut renouvelé. On a pu dire à juste titre que vers la fin du règne de Louis XIII la France avait le clergé séculier le plus digne et le plus éclairé de la chrétienté. Il faut y comprendre les évèques qui observèrent la résidence, portèrent attention à la nomination des curés, veillèrent à la discipline et relevèrent le niveau moral et intellectuel de leurs modestes coopérateurs^

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