‹ La réforme catholique du dix-septième siècle dans le diocése de LimogesChapitre 14 sur 480 · XXIV PRÉFACE · texte numérisé non relu

XXIV PRÉFACE

Le diocèse de Limoges n'avait pas échappé aux malheurs du temps. Au cours du seizième siècle, aucun de ses évêques n'avait administré par lui-même. La discipline avait grandement soulîert de ce manque de direction. La guerre avait ruiné beaucoup d'églises et de monastères.

En 4587, Henry de la Martonie, abbé de Saint-Just, près de Beauvais, fut nommé évéque de Limoges sur la recommandation de la duchesse de Monlpensier, sœur des Guises. C'était un partisan de la Ligue. Il s établit à Limoges en 1588. Ses débuts furent très difficiles. A la mort de Henri ill, il prit nettement parti parmi les adversaires d'Henri de Navarre. La ville de Limoges et la province étaient en très grande partie favorables au roi qui promettait de se convertir. Le chapitre de la cathédrale était nettement royaliste *. L'évéque se sépara de son clergé, de son peuple, suscita un soulèvement qui eut les plus graves conséquences. Le sang fut versé. Les chefs qui avaient suivi l'impulsion de Tévêque, furent condamnés à mort et exécutés. Henry de la Martonie dut sëloigner de son palais qui avait été abattu et de la ville. Ces dramatiques événements sont racontés avec détail par M. Tabbé Aulagne.

Lorsque Henri IV eut été absous par le pape, l'évéque rentra dans la droite voie et devint un dévoué et einpres€ié serviteur du Toi. Quoique d'un caractère ardent, c'était un excellent prêtre. 11 seconda avec zèle les intentions du souverain au sujet de la réforme.

Nous avons nommé les Franciscains reformés, dits Récollets, parmi les ordres qu'Henri IV avait instaurés dans le royaume. Ils eurent leurs premiers couvents dans le diocèse de Limoges. Dès 1594, la petite ville de Saint-Léonard leur ouvrit ses portes. Limoges, Aubusson, Confolens, Ussel et Bri ve obtinrent le mêmeavantage. Pour obéir aux intentions du roi, Tévêque gratifia de divers bénéfices ces religieux qu'Henri IV combla de faveurs.

La congrégation séculière des Pères de la Doctrine chrétienne avait été fondée à Avignon, en loOiî, i)ar César de Bus. Un de ses

1. Pierre Cibot, chanoine et syndic du chapitre de Llmo|,'es, fut dtdêjxué à l'assemblée des dignitaires del^Vlise qui, en 1591, se nHinirentà Chartres pour se pourvoir contre l'interdit fulminé par le pape. Il l'ut un des députés de cette assemblée vers le roi pour lui rendre compte de la délibération. Vtracm des libériez de l'Eyliae yuiUcane, t. I, p. 45.

Page 1