Laforest, Limoges^ p
avec notre prélat de fréquentes entrevues, à Toccasion d'un assez long séjour, qu'il faisait presque chaque année dans son abbaye de Solignac ^.
C'est là encore, qu'on vit se rendre, plus d'une fois, le réformateur de Chancelade, le saint évêque de Cahors, Alain de Solminhac. Ce dernier n'était qu'abbé, quand il fit, en 1629, le discours de circonstance, le jour où Tévéque de Limoges consacra et bénit la nouvelle chapelle du collège, qui fut dédiée à la sainte Vierge, en exécution d'un vœu de Louis XIII, pendant le siège de la Rochelle 2. Alain se trouva encore, avec le même titre, aux côtés de notre prélat, quand celui-ci donna, le 7 juillet 1632, la bénédiction abbatiale dans l'église collégiale d'Eymoutiers, à l'abbé général de Grandmont 3. Cette même année l'abbé de Chancelade, qui avait été commis par le cardinal de la Rochefoucauld, pour faire la visite du prieuré de Saint-Gérald à Limoges, y introduisit les chanoines réguliers de sa réforme. Alain de Solminhac revint à Limoges comme évêque, pour consulter une sainte femme de cette ville, Marcelle Germain, et obtenir de son zèle la fondation â Cahors d'un orphelinat de jeunes filles, qui serait tenu par les Dames de la Providence *.
Dès la première année de son épiscopat, François de la Fayette se lia d'une étroite amitié avec François de Loménie, évêque de Marseille, qu'il voyait de temps à autre à Limoges s. Ce dernier prélat était né dans cette ville. Il sortait de l'illustre famille, des comtes de Brienne, qui furent successivement secrétaires d'Etat sous Henri IV, Louis XIII et Louis XIV. Ancien élève du couvent des Jacobins de Limoges, François de Loménie y avait été, vers la fin de ses études, touché extraordinairement des sermons du P. Laugier, dominicain à Bordeaux, et il lui avait demandé l'habit de son ordre. Conduit par ce religieux à Toulouse, François y avait été formé et admis à la profession religieuse, par le célèbre réformateur, le P. Sébastien Michaëlis s.
Nicolas CoelTeteau, célèbre prédicateur du roi, ayant résigné en sa faveur, avant de mourir, le siège épiscopal de Marseille, François de Loménie fut sacré à Paris, dans l'église des Dominicains de la rue Saint-Jacques, au commencement de septembre 1624. Député deux fois, en 1625 et en 1635, à l'assemblée générale du clergé de France, il y parut avec éclat. Ce prélat était pieux et savant : on dit même qu'il avait peu de rivaux en doctrine, que personne ne le surpassait en piété et qu'il honorait plus la mître qu'il n'en était honoré. Bienfaisant envers les pauvres, il leur donna, avant sa mort, des preuves fréquentes de ses libéralités.
1. Voir la chronique de Solignac, d'après dom Laurent Dumas. 1 Laforest, ihid,, p. 159.