‹ La réforme catholique du dix-septième siècle dans le diocése de LimogesChapitre 136 sur 480 · Mss., ibid · texte numérisé non relu

Mss., ibid

habits pontificaux. Le doyen et le chantre de la cathédrale, accompagnés de deux chapiers, s'arrêtèrent devant la porte du palais. Le doyen ayant présenté la croix à baiser au prélat, il lui fit, en latin, quelques petits compliments. Puis, lui ayant mis la mitre en tête, quatre consuls, dont le lieutenant général, portèrent, jusques hors la cour du palais, le dais ou pavillon sous lequel s'avança le prélat. Quatre sergents ou officiers de ville, prenant ensuite les bâtons, les consuls tinrent à la main, par cérémonie, les quatre cordons du dais, jusqu'à l'entrée de la cathédrale ^.

Les portes de l'église étant closes, les députés du chapitre firent observer au prélat, que, suivant l'usage, tous les nouveaux évêques de Limoges, prêtaient le serment au doyen de Saint-Etienne; qu'ils étaient prêts à le recevoir à cette condition.

François de la Fayette jura alors, sur les saints Evangiles, «qu'il garderait inviolablement les exemptions, statuts, immunités et privilèges donnés à l'Eglise de Limoges, à son cloître, au doyen, au chapitre, à chaque chanoine, par les papes, et publiés par les délégués du Saint-Siège. Il jura de ne point terminer les grandes causes et affaires difficiles, que du conseil du chapitre, et de .la plus grande et saine partie de ce corps, regardant ses frères, comme ses coadjuteurs dans l'exécution de sa charge, ni de faire des ordonnances, ou autres nouveautés, sans son consentement, ni de tenir ailleurs ses synodes, que dans l'église de Limoges, ni d'ordonner ailleurs des processions solennelles que dans sa cathédrale ; etc.. »

Les chanoines de la cathédrale, ayant reçu ce serment, le doyen, en signe de reconnaissance de son légitime pouvoir, mit au prélat la mître en tête et la crosse en main. A ce moment la porte de l'église fut ouverte, et toutes les cloches sonnèrent. Au chant du ' répons Smt lumhi,,., l'évêque fut conduit sous le dais, que portèrent de nouveau les consuls, jusqu'à l'entrée du chœur. Puis le doyen et quatre autres chanoines intronisèrent le prélat dans la chaire pontificale 2.

Dans le but de reconnaître le nouvel évêque et de lui offrir leurs hommages, les dignitaires, chanoines, vicaires, et autres ecclésiastiques et officiers de l'église cathédrale, allèrent ensuite lui baiser la main, pendant que l'on chantait en musique le Te Deum.

Après avoir donné au peuple la bénédiction, le prélat, accompagné par deux chanoines, se présenta au chapitre, et requit d'être installé en la possession de sa prébende canoniale. Le doyen le reçut alors pour frère et chanoine en lui donnant un surplis et une aumusse. Puis, il fit entendre qu'il assisterait aux grand'messes

1. Nous interrompons ici le récit de Gilles-le-Duc. L*official décrit ensuite le défilé de la procession, à travers les rues de la ville, « totalement tapissées », ornées de plusieurs arcs de triomphe et remplies d'une telle multitude de peuple, « que les pavés étaient changés en hommes et les murailles en femmes (sic), tant il y en avait aux fenestres, qui estoient dans leurs plus beaux habits ». Nous ignorons, si cette procession était déjà en usage en 1628. Bulletin de Limoges, t. XLVI, p. 323.

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