B. N. Mss. fonds latin, 5657, etc., p
Bandel, chanoine de l'église cathédrale, et curé de Saint-Jean en Saint-Etienne (1609-1621), lui avait résigné sa prébende, en 1621. Elevé par notre prélat, à la dignité d'official général et de grand vicaire, Jean Bandel s'appliqua, soit à faire revivre la pureté des mœurs par la solidité de ses prédications, soit à éteindre les discordes et à ramener la paix dans les familles, par la sagesse de ses conseils *.
Le 23 février 1635, Tévêque de Limoges le chargea de dresser un procès-verbal juridique de plusieurs guérisons miraculeuses, dont le bruit s'était répandu dans la ville, et que l'on attribuait à l'intercession du vénérable Bardon de Brun. L'official investi de cette mission avait été l'un des témoins de la vie « exemplaire et admirable » du saint prêtre de Limoges. Le peuple, se rappelant avec complaisance le souvenir toujours vivant de ses grandes vertus, avait dans son pouvoir auprès de Dieu une profonde confiance. Le diocèse de Limoges, prêtres et fidèles, furent heureux de voir notre prélat prendre l'initiative de l'instruction d'un procès canonique, qui devait servir à constater la sainteté du serviteur de Dieu.
A l'occasion des ostensions septennales de 1638, Jean Bandel, qui avait acquis, sur le passé religieux et profane de sa province, une érudition remarquable et unique de son temps, publia à Limoges, chez Barbou, un petit livre de propagande fort estimé jusqu'à nos jours. Il est intitulé : De la dévotion des anciens chrétiens à saint Martialy apôtre de Guienne, premier évêque de Limoges 2. Ce savant et vertueux ecclésiastique mourut à Limoges, universellement regretté, en 1639. Son corps fut, selon ses dernières volontés, transporté dans le cimetière de Saint-Sylvestre, sa paroisse, pour y reposer auprès de ses ancêtres.
Pour remplacer Jean Bandel, il fallait un homme d'un mérite égal, et qui ne cédât en rien à celui qui venait de mourir. François de la Fayette crut l'avoir trouvé dans la personne d'Antoine Saige, ou Sage, originaire de Tulle. Ce nouveau grand-vicaire, était un ecclésiastique fort distingué, qui remplissait, en 1639, les fonctions de conseiller-clerc au Présidial de Brive 3. » A ce titre il s^était fait connaître de l'évêque et de rofficialité de Limoges, qui avaient eu avec lui des rapports plus ou moins fréquents, par l'envoi de ce qu'on appelait alors des « lettres de vicariat ». Par ces lettres, l'ordinaire du diocèse commettait, ou employait le conseiller-clerc du Présidial, pour tenir lieu d'official, lorsqu'un de ses clercs se trouvait accusé dans un procès criminel, devant les tribunaux civils *. En qualité de conseiller-clerc, Antoine Sage ne pouvait tenir des bénéfices à charge d'âmes, aussi était-il régulièrement abbé com-
1. Du Boys-Arbellot, Biographies limousines. Limoges, 1854, p. 44.
2. Si la mort n'eut prévenu Jean Bandel, il voulait, nous apprend Tabbé Vitrac, composer l'histoire sainte et profane de notre province. Il laissa des Mémoires manuscrits sur l'histoire du Limousin, dont s'est servi avantageusement le P. Bonaventure. » Cf. du Boys-Arbellot, Biographies Unions.^ ibid.
3 Mss. 34, fol. 9. il.