‹ La réforme catholique du dix-septième siècle dans le diocése de LimogesChapitre 140 sur 480 · Durand de Maillane, Dictinmiaire, v» vicariat · texte numérisé non relu

Durand de Maillane, Dictinmiaire, v» vicariat

mendataire deBeuil, et prieur de Sainte-Catherine de Bonnefont, puis de Nespouls, trois bénéfices simples, situés dans le diocèse de Limoges.

Notre prélat se déchargea sur Antoine Saige, pendant |)lus de vingt ans (1639-1659), d'une partie du fardeau de Tépiscopat. Dès 1640, Tofficiai général continuait, avec zèle et fermeté, la lutte de son prédécesseur, pour obliger les bénéficiers qui avaient charge d'âmes, à garder la résidence ; au nom de Tévèque, il enjoignait aux curés et vicaires, de garder exactement les règlements, concernant la publication des bans de mariage et les dispenses de consanguinité ou d'affinité. Par ordre de l'évoque encore, il interdit aux officiaux de Brive, de Guéret et de Chénerailles toute ingérence dans la fulmination des brefs, et tout octroi de dispense des bans ; autant de droits qui furent exclusivement réservés à l'avenir à l'official général de Limoges.

Dans la lutte très vive, qui fut soutenue, les années suivantes, particulièrement dans les synodes diocésains, pour le rétablissement de la discipline ecclésiastique, l'évêque communiqua si bien à Antoine Saige, son zèle et son amour pour le bon ordre et la subordination, qu'on voyait celui-ci le seconder parfaitement dans tous ses desseins, entrer dans toutes ses vues, et procurer, comme le prélat, l'honneur et la gloire de Dieu, autant qu'il était en son pouvoir.

L'ordonnance qu'Antoine Saige rendit, le 29 mai 1643, pour permettre aux compagnies des Pénitents de la ville de Limoges d'assister à la procession générale de l'octave de la Fête-Dieu, en est une preuve. L'évêque était alors à Paris ; l'official, touché des représentations qui lui furent faites par Pierre du Boys, prieur des Pénitents noirs, homme zélé, pieux et exemplaire, autorisa les confrères à paraître à la procession, tous vêtus de leurs sacs, nupieds, portant des torches, chaque compagnie sous sa croix et bannière. Cette innovation occasionna un conflit, entre la magistrature et l'autorité ecclésiastique. Le Présidial de Limoges, en ayant eu connaissance, fit, le 6 juin 164.'î, opposition à l'ordonnance du grand-vicaire, et sur la réquisition du procureur du roi, il fit défense aux pénitents de rien innoverau préjudice des usages anciens. Le 10 du même mois, la cour, statuant sur les protestations des prieurs des Pénitents, leva la défense, mais à la charge par eux de se pourvoir devant le conseil dn roi.

Antoine Saige informa révêque, de ce qui se passait à Limoges, à l'occasion de ces jugements, et le prélat, toujours actif, dès qu'il s'agissait du maintien de son autorité, porta plainte devant le Conseil privé, et obtint, sous la date du 7 août 164.% un jugement favorable à sa requête. La sentence annulait les décisions du Présidial, comme abusives et attentatoires à l'autorité ecclésiastique : « Ordonne, dit l'arrêt, que les permissions de l'official du 29 mai 1(343, seront exécutées : les pénitents continueront d'assister aux* processions de l'octave de la fête du Saint-Sacrement, et très expresses défenses sont faites au Présidial et à tous autres, de

troubler le sieur évéque de Limoges, ses officiaux, grands vicaires et autres officiers, au pouvoir qu'il a de droit de régler et d'ordonner les processions et autres bonnes œuvres qui se font dans son diocèse, et d'en prendre connaissance à l'avenir, à peine de nullité... » Ainsi finit le conflit, et depuis, l'exercice du pouvoir de l'official dans ce domaine, ne fut plus troublé ^.

Antoine Saige n'eut pas moins de zèle à soutenir son évêque, dans l'application des mesures les plus importantes peut-être de son épiscopat, qui remplirent la période féconde de son retour de Paris (1645). N'ayant jamais appartenu à aucune Icommunauté séculière ou régulière, l'ardent officiai fut plus libre de combattre, à cette même époque, les prétentions excessives des chanoines et celles de certains religieux du diocèse, et de résister énergiquement à leurs entreprises incessantes contre les droits de l'évêque. On le vit, en même temps, quand notre prélat favorisait de préférence les institutions, qui poursuivaient un but d'enseignement ou de charité, présider lui-même, en son nom, aux fondations de plusieurs couvents des Filles de Notre-Dame, de la Visitation et de la Providence. Antoine Saige eut encore le mérite d'encourager, avant sa mort, le grand bienfaiteur de Limoges, Martial de Malden, dans les débuts pénibles de ses œuvres charitables 2.

Pierre Maillard, qui remplit ensuite (de 4659 à 1676), les fonctions de grand-vicaire et d'official général de Limoges, était conseiller et aumônier du roi, docteur en théologie, et vicaire général de Tulle, quand François de la Fayette l'attacha d'abord à sa personne, en qualité d'aumônier. Le prélat en fît bientôt un si grand cas, qu'il le pourvut, en 1659, de la double charge d'Antoine Saige, et plus tard, de l'archidiaconé de Malemort, quand cette dignité de sa cathédrale devint vacante, le 20 septembre 1661, par le décès de Gabriel de Noailles, dernier titulaire de ce bénéfice ^.

Pierre Maillard était un ecclésiastique capable et riche, mais intéressé, qui sut se rendre maître, pendant quelques années, de l'esprit et de la confiance de l'évêque. En lui prêtant de l'argent pour faire face à ses grandes dépenses, ce grand vicaire parvint à décider de toutes les afi'aires, et à disposer de presque tous les bénéfices du diocèse de Limoges *. Abusant de cette situation, il se fit adjuger des pensions sur les prébendes et les cures qui étaient à la collation de l'évêque, sans que personne osât l'en blâmer. Cependant l'heureuse intervention du premier supérieur du séminaire, fit cesser ce désordre ^,

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