PREFACE XXV
premiers établissements fat installé à Brive, vers 1608, par les soins du Père de Vigier, compagnon et successeur du Père de Bus. En 1627, les Doctrinaires prirent la charge du collège de Brive.
Les Ursulines furent établies à Brive en même temps que les Doctrinaires. Les Pères de Bus et de Vigier avaient contribué à la formation de la première communauté des Filles Ursulines, à Lisle, dans le comtat Venaissin. La Mère de Bermond, fondatrice eut pour auxiliaire la Mère de Vigier, dite de Sainte-Ursule, qui fonda à son tour les couvents d'Avignon et de Brive. Elle avait accompagné dans cette ville, en 1608, le Père de Vigier soa frère : cette fondation fut due, en grande partie, à l'initiative et aux libéralités d'Antoine de Lestang, président au Parlement de Toulouse.
Une autre action fait grand honneur à l'épiscopat d'Henry de la Martonie. Il favorisa l'union du monastère de Saint-Augustin de Limoges à la congrégation de Saint- Vannes-Saint-Maur. C'est la première abbaye de France qui sollicita l'avantage de se soumettre à cette observance. A ce titre elle obtint du roi le privilège de ne pouvoir être mise en commende et d'être gouvernée par un abbé triennal élu par le chapitre général de la congrégation. On n'oubliera jamais les immenses services rendus aux sciences, particulièrement à l'histoire, par la congrégation de Saint-Maur. Le diocèse de Limoges lui a fourni quelques sujets distingués, dom Rivet, dôm Colomb, dom Poncet, dom Duclou.
Quelques autres unions également profitables suivirent. L'^baye de Saint-Pierre de Sçlignac, à deux lieues de Limoges, ruinée par les guerres, était restée au pouvoir des gentilshommes huguenots qui en jouissaient au moyen d'hommes de paille. Jean Jaubert évêque de Bazas, en étant devenu abbé, l'unit à Saint-Maur en 1615, malgré l'opposition très vive des religieux. Le monastère du Moutier-d'Ahun, soumis à celui de Saint-Pierre d'Uzerche, était tombé, comme son chef, dans une complète décadence. Il fut relevé en adoptant, en 1615, la supériorité et les ordonnances de Cluny. D'autres essais de réforme furent tentés qui ne devaient réussir qu'un peu plus tard.
Le clergé séculier était aussi très relâché. Le chapitre de la cathédrale de Limoges, les chanoines de Saint-Junien encouraient des reproches d'une telle gravité qu'on veut les croire exagérés. Les prêtres habitués, particulièrement, vivaient sans aucune retenue. Avec l'aide du doyen du chapitre, Mathieu de Verthamon, et surtout du chanoine Marchandon, l'évêque poursuivit cet assainissement moral dont son successeur eut aussi à se môler.