‹ La réforme catholique du dix-septième siècle dans le diocése de LimogesChapitre 142 sur 480 · Ms8. n. 13. t. III · texte numérisé non relu

Ms8. n. 13. t. III

3. Les Mercier, bourgeois et marchands de Limoges, figurent sur les listes consulaires de 1514, 15-16, 1556. C'était Tune des familles des plus honorables de cette ville. Laforest, Limoges, p 416.

4. Les bâtiments de l'hospice Saint-Gérald étaient alors fort serrés, et très incommodes. Pierre Mercier logea plusieurs années, dans une chambre étroite et placée dans un escalier qui partageait les salles des hommes d'avec celles des femmes. Il respirait là le mauvais air des malades. Grandet, Les saints prêtres^ t. I, p. 213.

à la tête des gouvernantes de la maison, aux besoins temporels des pauvres. Là encore, il eut le bonheur de persuader Martial de Maledent, le futur « Vincent de Paul » de Limoges, de se donner à leur exemple au service des pauvres.

Martial naquit à Limoges, en 1616, de Mathieu de Maledent, seigneur de Meilhac et de Savignac, trésorier général, et de Péronne Benoist *. Après avoir fait, avec Pierre de Meilhac, son frère aîné ses humanités au collège des Jésuites de la Flèche, et son droit dans rUniversité de Bourges, il revint à Limoges vers 1642.

Il mena, dès lors, dans cette ville une vie régulière, mais agréable ; il fréquenta le monde, et fit de fréquents séjours à Bordeaux, où Pierre'de Meilhac, conseiller au Parlement et, allié par sa femme à la famille de Montaigne, occupait une position considérable 2. « M. de Savignac, dit son ami Pierre Mercier, était (en 1645) un homme de trente ans, fort bien fait, très bien vu de toutes les meilleures compagnies. Il était toujours bien mis, son laquais était fort propre ; il était d'une humeur toujours enjouée et complaisante. Il entendait toute sorte de jeux, et était si beau joueur, qu'il ne se fâchait jamais, quand il perdait. Il dansait du mieux, mais il était incertain du parti qu'il prendrait, ne voulant pas être du monde même ecclésiastique, à moins d'avoir quelque abbaye ou une autre dignité de l'Église 3. »

La perte imprévue et soudaine d'une sœur tendrement aimée, amena tout à coup un grand changement dans la conduite du gentilhomme. Ce fut presque entre les bras de Martial que mourut, le 6 décembre 1647, sa sœur, Thérèse de Maledent, qui avait épousé le sieur deMorel, baron de Fromental, président au Présidial de Limoges. L'émotion profonde qu'en ressentit le jeune homme, le poussa à chercher aussitôt un peu de recueillement, dahs la maison de campagne des Pères Jésuites. Il sortit tout transformé de cette retraite, qu'il fit sous la direction du P. Nicolas du Sault, recteur du collège de Limoges.

Ayant alors résolu le problème de sa destinée, Martial de Maledent déposa les habits séculiers, pour prendre ceux de l'ecclésiastique le plus réformé. Docile aux conseils de son directeur, qui voulait entretenir et accroître ses heureuses dispositions, il s'adonna sans retard aux bonnes œuvres, et notamment à la visite des pauvres dans les hôpitaux. Le P. du Sault l'ayant engagé à voir, par la même occasion, la pieuse jeune fille de condition qui venait de donner, à la ville de Limoges, le grand exemple de son héroïque dévouement, Martial se transporta aussitôt à l'hôpital Saint-Gérald,

1. Les Maledent, qui tirent leur origine de la Grande-Bretagne, étaient venus en Limousin, à l'époque de la domination anglaise. Mêlés, depuis le quatorzième siècle, à la bourgeoisie de Limoges, ils servirent leur pays d'adoption, dans le barreau, la magistrature et les finances de cette ville. Martial Benoist, chef de la Ligue à Limoges, était le grand-père et le parrain de Martial de Maledent. Laforest, Limoges, p. 412.

2. Pierre de Meilhac était encore neveu, par alliance, de M. de Beniet, premier président au Parlement de Bordeaux. Labiche, Vies des saints, t. Il, p. 420.

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