‹ La réforme catholique du dix-septième siècle dans le diocése de LimogesChapitre 149 sur 480 · Mss. de Legros, n. 14. Texte imprimé · texte numérisé non relu

Mss. de Legros, n. 14. Texte imprimé

maintenir intactes les croyances des fidèles. L'influence des premiers pasteurs sur la défense de la foi s'exerçait, moins par une prédication personnelle, que par les règlements disciplinaires concernant les catéchismes et les écoles, et parla voix de leurs missionnaires. 11 est avéré qu'une partie de Tépiscopat, gardant encore le mutisme si regrettable du seizième siècle, négligeait la prédication, sous le règne de Louis Xlll ^.

Tout nous permet de croire, faute de documents précis sur ce point, que notre prélat ne suivit pas cette funeste tradition. Nous avons vu, en effet, qu'il avait reçu une forte éducation théologique, et qu'il s'était fait « par ses beaux rapports et ses chaleureuses remontrances », une réputation d'orateur dans les assemblées du clergé. S'il n'eut pas l'ardeur d'un « prélat-missionnaire », il n'est pas douteux, qu'après avoir vu de près les exemples de saint François de Sales, l'évêque de Limoges ne se soit au moins conformé aux prescriptions du concile de Trente, et n'ait fidèlement prêché la parole de Dieu dans les synodes, dans sa cathédrale, et dans ses tournées pastorales.

Là où le zèle de notre prélat se déploya largement, ce fut dans l'emploi des moyens de propagande et de rénovation religieuse, c'est-à-dire dans l'usage de la controverse et des missions, qu'il encouragea de tout son pouvoir 2. La voix des missionnaires réveille les âmes endormies dans le péché ou dans la tiédeur. François de la Fayette eut soin de procurer, aux fidèles de son diocèse, ce précieux moyen de ressusciter à la grâce ou à la ferveur. Les prédicateurs extraordinaires ne manquaient pas, en Limousin, comme auxiliaires des prêtres de paroisses. Jésuites, Dominicains, Récollets, dont nous avons rapporté les manifestations de zèle au début du siècle, n'eurent, sous l'épiscopat de la Fayette, qu'un rôle bien effacé, comme missionnaires. Les uns et les autres, si l'on excepte quelques tournées de prédication, dans certaines villes de son diocèse, se renfermèrent dans les fonctions de professeurs ou de directeurs de conscience, qui ne leur étaient pourtant pas exclusives 3.

L'honneur d'avoir utilisé avec le plus de zèle, à cette époque, ce grand moyen de réforme, revient incontestablement à la communauté des Pères de l'Oratoire, et à l'association des prêtres séculiers du séminaire de la Mission. Les plus connus de ces missionnaires, devant lesquels les travaux des autres n'ont laissé presque aucune trace dans les souvenirs de la postérité, sont : le P. Le Jeune, et ses deux disciples, les frères Ruben d'Eymoutiers.

Page 1