‹ La réforme catholique du dix-septième siècle dans le diocése de LimogesChapitre 156 sur 480 · Redis..,, ibid · texte numérisé non relu

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6. Notons ici que «.la Chambre de santé », sorte de commission de quatorze membres recrutés dans les divers corps de ville, y compris le chapitre de Saint- Martial, institua officiellement deux religieux récollets, les P. François et Albert, aux fins d'administrer les sacrements dans la ville et hors la ville. Laforest, Limoges^ p. 184.

Saint Martial et les aatres reliques étaient exposées ; car la fête septennale des Ostensions tombait cette année (1631), et pourtant le peuple de Limoges si dévot à ses saints, qu'il accourait de bon cœur les honorer, s*abstint cette fois, en partie retenu par la peur de la contagion. La clôture des Ostensions se fit presque dans une complète solitude, le mardi de la Pentecôte.

Enfin, à la suite de la procession, faite le jour de saint Roch, à laquelle assistèrent les consuls parés de leurs insignes, la peste sembla décroître. Elle avait emporté, de mars à la fin de septembre 1631, plusieurs milliers de personnes, à Limoges et dans sa banlieue ^.

L'évêque François de la Fayette, revenu de Paris à sa maison de campagne d'Eymoutiers 2, où il passa les derniers mois de l'année, n'avait cessé, durant le temps de l'épidémie, c de répandre à pleines mains des bienfaits dans les asiles de l'indigence ». De retour bientôt dans sa ville épiscopale, notre prélat ordonna, pour le 22 février 1632, une procession générale, avec convocation des ordres religieux. Le lendemain de cette cérémonie, il fit célébrer à Saint-Etienne, un service général pour les victimes de la peste s,

2» Réformes hospitalières.

L'une des conséquences imprévues du terrible fléau, fut de tirer de l'inertie les magistrats de la ville et les quatre bailes nommés depuis 1545 par les consuls, et chargés de gérer les biensdes pauvres, pendant quatre années, à tour de rôle. Ces administrateurs laïques, négligeant leurs devoirs à l'égard des pauvres de Limoges, François de la Fayette voulut prendre leur place, dès 1629. Comme il songeait, en effet, à exercer un contrôle sur la question de tous les petits hôpitaux de son diocèse *, le prélat ne crut pas que ceux de Limoges pussent être soustraits à son action.

1. Six reUgieux des Petits- Cannes, des KécoUets, et plusieurs Ursulines prirent la mort au chevet des pestiférés. Le chiffre de vingt miUe victimes, indiqué par les chroniqueurs, est fort exagéré. Laforest, Limoges, p. 188.

2. La présence du sieur de Sainte-Marie, médecin de Tévéque à Eymoutiers, est signalée parles documents de cette époque. M. Leroux, Archives de la Haute- Vienne, E. Suppl., t. I, Introd. — Le chàteau-fort de Tévêque de Limoges à Eymoutiers s'élevait à 1 200 mètres du clocher de la collégiale de cette ville, sur un mamelon qui dominait les alentours, à côté de l'église paroissiale de Ssdnt-Pierre. François de la Fayette semble avoir eu une certaine préférence pour ce château et cette viUe, sur le ch&teau d'Isle des environs de Limoges, qu'il délaissa probablement, au moins quand il fut transformé provisoirement en séminaire. Du château d'Eymoutiers, et de l'église Saint-Pierre, il ne reste plus aujourd'hui que des ruines. Bulletin de Limoges, t. XL VII, p. 262.

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