‹ La réforme catholique du dix-septième siècle dans le diocése de LimogesChapitre 158 sur 480 · Laforest, Limoges, p. 452 et suiv · texte numérisé non relu

Laforest, Limoges, p. 452 et suiv

geoisie de Limoges, fut élevée au couvent des Ursulines, où elle voulut prendre rhabit, quand son éducation fut terminée. Obligée d'y renoncer par suite d'une paralysie, la jeune fille songea, à la mort de ses parents, dès 1634, à se consacrer au service des pauvres dans les hôpitaux. Deux ans plus lard, elle fit, avec l'autorisation de son confesseur, le P. Nicolas du Sault, aux hospices Saint-Gérald et Saint-Martial, quelques courts séjours, que la faiblesse de sa santé ne lui permit pas de prolonger.

Quand elle rentra à Saint-Gérald, en 1648^, elle y trouva une autre courageuse femme, Hélène Mercier et Pierre Mercier, son frère, qui, avec leurs seules facultés et leurs seuls biens, avaient tenté depuis dix ans la tâche malaisée de secourir les trente pauvres de l'hôpital, et de retarder ainsi, à force de zèle, la ruine imminente de l'établissement. Cette même année, Martial de Maledent, qui avait à sa cousine, Marie de Petiot, de grandes obligations, et attribuait à ses prières, sa vocation sacerdotale, prit en main ouvertement la défense de sa cause, blâmée par sa famille et attaquée par un vicaire général. Il ménagea ainsi, pour l'avenir, à ces amis des pauvres, la faveur et l'appui de notre prélat 2.

Bientôt après, Martial venait lui-même les rejoindre, et les aider de son expérience, en prenant comme administrateur, la direction de l'hôpital. En ce temps-là, dit M. Leroux, la charité revêtait partout la forme ecclésiastique, parce qu'elle procédait partout de l'esprit de l'Église, dans cequ'il ade pluspur. L'un des premiers soins de Marie de Petiot fut de faire dédier, en 1648, par notre prélat, la chapelle de l'hôpital à saint Alexis, le patron des pauvres; c'était désigner, par avance, le patron de l'hôpital général.

Puis, au bout de dix années, le 26 octobre 1657, elle prit l'habit religieux avec Hélène Mercier, sa confidente habituelle. Une proche parente de Marie de Petiot, une jeune et riche veuve, de la Planche, née Anne Descordes de Gry, imita bientôt leur exemple, et la communauté des Sœurs hospitalières de Saint-Alexis se trouva constituée (1657-1659) 3.

i. Dans l'intervalle, Marie de Petiot avait résidé, en qualité de bienfaitrice, un an ou deux au couvent do la Visitation de Limoges. Laforest, ibicL^ p. 416.

2. Sous l'empire des préventions de la famille Petiot, Antoine Saige, vicaire îrénéral, avait représenté à l'évèque de Limoges, qu'une fille impotente et infirme, loin de faciliter le service des pauvres, ne serait au 'contraire qu'un embarras, et il avait obtenu une ordonnance épiscopale, aux termes de laquelle Marie de Petiot était personnellement exclue de l'hôpital. Instruit de ce qui se passait, Martial de Maledent, de concert avec le baron doFromental, vit le commandeur de la Fayette, frère de l'évèque, l'intéressa à Marie de Petiot, et tous les trois parlèrent au prélat. Les intentions de l'évèque étaient droites ; sa religion avait été surprise : l'ordonnance fut rapportée. Informé des grandes qualités et des vertus de la senante des pauvres, le pontife, passante son égai-d de la prévention à la bienveillance, lui accorda les plus précieux encouragements. En sa considération, le prélat permit que le Saint-Sacrement fût conservé dans le tabernacle de la chapelle de l'hôpital. Laforest, ibid., p. 418.

3. Les misères de la Fronde, qui furent considérables en Limousin^ avaient excité auparavant le zèle de ces femmes de cœur. M. Leroux. Archives hospilaL, t. vu.

FRANÇOIS DE LA FAYETTB iMt

Marie de Péliot, poursuivant résolument son but, avait fait poser, en 1656, la première pierre de la maison conventuelle de Saint- Alexis. Sa construction fut due principalement aux générosités de la fondatrice, de l'évêque de Limoges et de Martial de Maledent. Ce saint prêtre, qui avait coutume de célébrer la messe à l'hôpital, fit construire en même temps, à ses frais, l'église Saint-Alexis, aujourd'hui encore subsistante, en acquittement d'un vœu qu'il avait formé dans la chapelle, le 2 février 1658. Le bâtiment conventuel des Sœurs hospitalières se trouva achevé au commencement de l'année 1659. Quelques mois plus tard, les nouvelles religieuses, qui &n avaient pris possession, obtinrent, dans une assemblée de ville, convoquée le 15 mai, la reconnaissance officielle de leur communauté ^.

4« Fondation de rhôpital général de Limoges.

Sous l'action de l'ordonnance royale de 1656, qui prescrivait, pour chaque grande ville, la réunion de tous les petits hôpitaux existants, en un seul établissement etattribuait à l'État un droit de co-direction dans chaque « hôpital-général » 2, M. de Maledent, « le Vincent de Paul » de Limoges, avait eu assez de crédit, grâce au concours de ses confrères du Saint-Sacrement, pour faire décider, le 4 novembre ^1657, dans une assemblée générale de ville, l'application immédiate de cette mesure à la transformation de l'hospice Saint-Gérald, le plus important déjà des anciens établissements d'assistance publique à Limoges.

A la suite d'une double quête, alimentée surtout par les dons considérables de l'évêque de Limoges, et par les propres générosités du promoteur de l'œuvre, Martial de Maledent fit bâtir, à Saint- Gérald, deux vastes corps de logis, l'un pour les malades, l'autre pour les pauvres de la ville. 11 construisit aussi une chapelle intermédiaire, l'église Saint-Alexis, qui permettait aux malades des deux sexes, répartis dans des salles séparées, d'assister à la messe. Les constructions nouvelles, commodes et spacieuses, de manière à pouvoir loger cinq cents pauvres, étaient presque achevées, au printemps de 1659; à cette même époque aussi deux nouvelles communautés, celle des Sœurs hospitalières, et celle des prêtres de. la Mission, qui devaient se charger du service spirituel des pauvres, se trouvaient organisées.

Sur la demande de « M. de Savignac », une assemblée générale de ville fut convoquée, le 19 mai 1659, pour recevoir communication des projets, qu'il venait de réaliser. Le corps entier des citoyens résolut, d'une commune voix, de poursuivre la consécration officielle de ce grand ouvrage, dont « M. de Savignac était le premier mobile », en demandant au roi les lettres patentes nécessaires, pour l'érection de Saint-Gérald en « Hôpital général », avec tous les privilèges afférents à cette institution.

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