XXVIII PRÉFACE
dans la voie de la réforme catholique. «: Bardon de Brun, dit M. Tabbé Aulagne, se fit le principal promoteur de toutes les bon* nés œuvres qui furent accomplies sous Tépiscopat de Raymond de la Martonie. Plusieurs ordres religieux lui durent leur réformé ou leur fondation. Non content d'avoir introduit les pénitents en Limousin, pour y relever l'influence du clergé, il fut encore un des principaux restaurateurs, avant sa mort, de la grande confrérie de Saint-Martial. »
Raymond de la Martonie utilisa aussi l'influence déjà acquise par les Jésuites, leur habileté, leur dévouement absolu à l'épuration des mœurs ecclésiastiques. Il se faisait ordinairement, dans sa visite pastorale, accompagner de l'un d'eux chargé de lui faire part de ses observations. Les statuts synodaux qu'il publia en 1620, par les défenses qu'ils contiennent montrent assez les faiblesses dont le clergé n'était pas encore afl'ranchi.
La réforme des monastères continua d'exiger beaucoup d'efforts. Saint-Augustin fut uni à Saint-Maur. L'union de Solignac à Cluny fut scellée définitivement. La réforme de l'antique abbaye bénédictine de Saint-Martin, réduite à trois religieux résidants, ne put être réalisée que par l'abandon que l'abbé Louis Marchandon, reconnaissant l'impuissance de son autorité, fit de son abbaye aux Pères de Notre-Dame de Feuillants. Ceux-ci en prirent possession en 1624.
Le monastère des Frères prêcheurs fut plus difficilement ramené à la régularité. Ce couvent, qui remontait au temps de saint Dominique et avait été durant plusieurs siècles la gloire et l'édification de la province, était arrivé au dernier degré de l'abaissement. Dévasté une première fois en 1370, par le Prince Noir, il fut de nouveau détruit et même rasé par l'armée huguenote du duc des Deux-Ponts, en 1569. Une partie des bâtiments fut restaurée, mais les bonnes mœurs n'y rentrèrent pas. Bardon de Brun s'entremit pour la réforme urgente de cette communauté. L'évêque, les consuls, le pape lui-même s'y intéressèrent. Le Père général donna ordre au provincial de Toulouse, d'envoyer à Limoges trois frères réformateurs. Ceux-ci travaillèrent heureusement, le couvent reflorissait. Les religieux auxquels la nouvelle observance était odieuse fabriquèrent de fausses lettres du Père général ordonnant aux réformateurs de se retirer à Toulouse, ce qu'ils firent. Bardon de Brun intervint encore. Quelques mois après, l'entreprise fut tentée de nouveau. Cette fois les anciens religieux opposèrent une telle résistance qu'il fallut recourir à la force armée. Des coups de feu furent