‹ La réforme catholique du dix-septième siècle dans le diocése de LimogesChapitre 18 sur 480 · PREFACE XXIX · texte numérisé non relu

PREFACE XXIX

tirés contre eux. La réforme fut ainsi implantée par arrêt du Parlement. Elle fut plus tard appliquée au couvent de Brive.

De nombreuses fondations furent faites à Limoges et dans la province sous cet épiscopat. La Mère Isabelle des Anges, Espagnole, introduisit à Limoges le Carmel (1618) et bientôt après y appela les Carmes déchaussés (1623). La congrégation de l'Oratoire suivit de près (1624), grâce aux libéralités de Pierre Sahuguet, chanoine de Saint-Martial. Pour ne pas faire concurrence aux Jésuites, les Oratoriens ne se livrèrent pas à l'éducation de la jeunesse mais seulement à la prédication.

La maison des Ursulines de Brive avait tellement prospéré que douze ans après son érection elle était en état d'essaimer au profit de Limoges. Sur la demande qui lui en fut faite, cette communauté enseignante envoya, en 1620, dans la métrople, une colonie de cinq religieuses qui donna toute la satisfaction qu'on en attendait et se développa rapidement.

Les Clarisses Urbanistes avaient précédé d'une année les Ursulines. Elles s'établirent à la même époque à Saint-Yrieix, à Brive et à Nontron.

Les dix années d'épiscopat de Raymond de la Martonie avaient été bien remplies.

François de la Fayette, premier aumônier de la reine, fut nommé évéque de Limoges, en 1627, à l'âge de trente-sept ans. Il occupa cette charge près de cinquante ans. Son épiscopat fut très fécond, mais très militant, embarrassé de résistances et de conflits. Malgré les efforts de ses deux prédécesseurs, la bonne discipline, la dignité des mœurs ne régnaient pas encore dans ce diocèse si étendu et si longtemps négligé. Voici encore des faits rapportés par M. Tabbé Aulagne.

Cet abbé de Saint-Martial dont nous avons parlé, Pierre du Verdier, ne vivait pas en bonne intelligence avec son chapitre. Pour se venger des chanoines, il leur tendit un criminel guet-apens. Ayant aposté des spadassins armés entre le clocher et la sacristie de la collégiale, au sortir de la grand'messe, il attaqua le prévôt, lui donna un soufflet et d'autres coups. Les chanoines voulurent s'entremettre; la lutte s'engagea. Les hommes apostés se précipitèrent et assommèrent les chanoines. Il y eut de nombreux blessés et du sang répandu jusque dans la basilique. L'évèque interposa son autorité, fit fermer l'église qui dut être purifiée et provoqua rarrestation de Tabbé et de ses deux frères, dont Tun chanoinei

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ne» ccmfAiee». Une transaction intervint, mais le turbulent abbé devait encore donner da souci à son évoque.

Dom Roger, abbé de Saint-Martin, entra publiquement en lutte avec résèque, qui fut amené à lui interdire la prédication et la confession dans le diocèse. L'abbé continua de prêcher et prit pour sujet les privilèges des réguliers, c'est à dire leur indépendance viS'à-vis de l'ordinaire. Il ne se priva pas de prononcer en chaire des paroles injurieuses contre Tévêque et récidiva malgré de nou> velles défenses. Le cas fut soumis à l'assemblée générale du clergé, qui ordonna que l'abbé serait mis en prison. Dom Roger finit par se soumettre.

Les couvents de femmes cherchaient par tous les moyens à se soustraire à la sun-eillance et à l'autorité de l'évêque, à se rendre exempts, comme on disait alors. Jeanne de Verthamon gouvernait sagement l'abbaye de la Règle, mais elle refusait l'entrée de son couvent à l'évêque- 11 fallut plaider dix ans pour la soumettre. Aux Alloi», prés Limoges, à Bonnesaîgne, près Ussel, la même résistance ne put être vaincue que par des arrêts de justice obtenus après de longues procédures.

François de la Fayette, prélat de cour mais d'une grande dignité de vie, haut à la main mais juste, témoigna, en toutes circonstances, de fermeté et d'esprit de suite. Sévère pour lui-même, il Tétait pour les autres quant à la correction des vices et au respect de son autorité. Le résultat qu'il poursuivait étant atteint, son naturel le portait au pardon et à l'oubli. Il eut à affirmer ce caractère vis-àvis des moines et religieuses comme envers le clergé séculier. Le chapitre cathédral, les prêtres de Saint-Michel-des-Lions, ceux de Saint-Pierre-du-Queyroix, à Limoges, les chanoines de Saint-Junien firent l'expérience de son énergie comme de sa bonté. Dans les campagnes, par suite de ses propres observations ou de celles des visi* teurs diocésains, il dut interdire beaucoup de prêtres, en condamner un plus grand nombre à l'amende, ce qui le fit, bien à tort, accuser, par les mécontents, de cupidité et d'avarice. Il était libéral ot charitable.

La simple énumération des « Actes » de ce mémorable épiscopat serait interminable. Elle tient plusieurs pages dans le Fouillé de Nadaud. M. l'abbé Aulagne n'a pu que signaler les principales (Piivres : touchant la formation et la discipline du clergé, érection de deux séminaires, organisation des inspections diocésaines et de» conférences ecclésiastiques, régularité des synodes ; en matière d'assistance publique, création de l'hôpital général, des cora-

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