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11 revendiqua des prérogatives plus ou moins surannées, et souleva, comme à plaisir, des querellés, à propos de droits de préséance, qui ne purent être résolus qu'à grands renforts de procureurs et d'avocats. Le 8 janvier 1630, la conduite de Pierre du Verdier fut plus extravagante encore que d'ordinaire. Ce jour-là, l'irascible abbé se livra à de nouveaux actes de violence contre ses propres chanoines. A la suite d'événements qu'on ignore, il fit poster secrètement, une bande d'individus en armes et sans aveu, entre la sacristie et le cloître ; puis, à l'issue de la grand'messe, il alla donner un soufflet et plusieurs coups au prévôt du chapitre, Jean de la Brousse. Les chanoines s'étant précipités sur l'abbé, ses gens en armes accoururent à son secours. D'où une rixe des plus violentes, dans laquelle il y eut plusieurs blessés. Le saug même coula dans l'église.
L'évêque de Limoges, promptement avisé, s'empressa d'intervenir, il retira le Saint-Sacrement dp l'église polluée, et le transféra lui-même, assisté du chapitre de Saint-Martial et de quatre magistrats du Présidial, qui portaient le dais, à Saint-Pierre-du-Queyroix, et il ordonna aux chanoines de la collégiale, d'aller faire l'office dans cette dernière église. Puis il ferma la basilique, qu'il ne rendit au culte, qu'après l'avoir purifiée, et y avoir célébré la messe, le 13 janvier suivant. En même temps, le prélat fit arrêter l'abbé avec ses deux frères, dont l'un était chanoine de la collégiale *.
Les procès contre l'abbé et ses complices, qui suivirent ces graves incidents, avaient tellement surexcité les esprits, que Louis XIII, à son passage dans la ville de Limoges, le 12 novembre
1632, craignant de provoquer par sa présence de nouveaux conflits imminents, refusa d'aller vénérer les reliques de Saint-Martial 2. François de la Fayette poursuivit ensuite, si activement l'aff^aire de Pierre du Verdier, qu'elle finit par aboutir à une conclusion satisfaisante et durable. Par sentence arbitrale, rendue en
1633, par deux présidents et trois conseillers du Parlement de Bordeaux, l'abbé et le chapitre de Saint-Martial furent déclarés sujets à la visite et juridiction de l'évêque, sous la réserve que celui-ci connaîtrait en personne des cas concernant l'abbé, la simple correction demeurant à ce dernier et à son chapitre, sur ceux de leur corps. Le Parlement régla aussi divers autres points de discipline et de cérémonial, presque tous à l'avantage de l'évêque 3.
i. Le P. Bonaventure rapporte, à ce sujet, que les chanoines de Saint-Martial, voulant alors se délivrer de la sujétion de l'abbé, se soumirent spontanément à la juridiction de l'évêque de Limoges, qu'ils n'avaient pas reconnue jusque-là.