‹ La réforme catholique du dix-septième siècle dans le diocése de LimogesChapitre 171 sur 480 · Lasteyrie, Vahhayede Saint-Martial, p. i · texte numérisé non relu

Lasteyrie, Vahhayede Saint-Martial, p. i

3. Mss. 3i, p. 6 et 8. En vertu de cette sentence, l'évêque pouvait faire en personne, à Saint-Martial, Tostension des reliques et les autres offices divins recevoir les rois, gouverneurs et lieutenants généraux de la province, sans que ses vicaires généraux ni ses autres délégués, puissent s'y entremettre. L'abbé pouvait porter la mître blanche non enrichie, la crosse, les sandales et les autres ornements pontificaux, môme la mitre en présence de l'évoque, et la crosse dans l'église de Saint-Martial, et en Tabsence de l'évêque seulement. Mss. 35 f. 73.

Cette intervention des magistrats n'empêcha pas des querelles de se reproduire, quelques années plus tard. Lors de la clôture de rOstension de 1638, Tévêque vint lui-même dans la collégiale, selon l'usage, pour présider la cérémonie. Les reliques furent portées en procession autour de la ville, et, comme le cortège débouchait sur la place dite de « Dessous les Arbres », les officiers de révêque se prirent de dispute contre le dit abbé, auquel on « fit tomber sa mitre et qui fut chassé ». Ces incidentsse passèrent à côté de révêque, qui portait le reliquaire, où était renfermé le chef de saint Martial, et qui se garda bien d'intervenir. L'abbé porta plainte contre cette lâche agression : «il y eut grand scandale, et ensuite information et grand procès ». Finalement la Cour de Toulouse i

condamna les officiers de l'évêque et le chanoine Dubois, à venir trouver l'abbé dans sa maison, et à lui faire des excuses.

Pour prévenir le retour de ces pénibles incidents, François de la .

Fayette décida, par un règlement du 3 avril 1640 « qu'il n'irait à

jamais à Saint-Martial *, sans prévenir l'abbé au préalable ; que dans 9

cette occasion, l'abbé viendrait le recevoir avec six chanoines, à la j

porte de l'église, qu'il l'accompagnerait et le conduirait dans la sa- . |

cristie, pour s'y revêtir de ses habits pontificaux ; qu'il ne prendrait •

point place dans le chœur, avant que l'évêque y soit ; qu'il ne pour- t

rait, s'il officiait pontifîcalement dans la basilique, se placer devant ;

lui, ni porter en sa présence une mître en drap d'or ; qu'il ne pour- ;

rait aussi, dans la même occasion, se faire assister en sa présence, ;

de prêtres revêtus de pluviaux et de chapes ; mais seulement d'un î

ou deux ecclésiastiques, avec leurs seuls surplis ; qu'il ne pourrait, enfin, monter dans la grande chaire de pierre de la place de Des- '

sous les Arbres, réservée exclusivement dans ces solennités à 3

l'évêque, à ceux qui l'assistent alors, et au prédicateur 2... » Ce !

règlement fut appliqué, lors de l'Ostension de 1645, et paraît avoir !

eu la bonne fortune de mettre les parties d'accord ^. \

Au mois de juillet 1646, l'évêque de Limoges fit la visite de Saint- j

Martial. Il ordonna que son officiai et son promoteur, qui l'assis- -

talent dans cette cérémonie, pourraient entrer dans le chapitre avec leurs surplis, et y avoir séance devant les èhanoines ; que ces j

derniers se présenteraient dans la maison épiscopale et répondraient devant l'évêque, chacun en particulier; que la saisie et la vente des fruits ou revenus de quelques-uns d'entre eux seraient appliquées aux réparations de l'église. Appel comme d'abus fut interjeté par le syndic des chanoines au Parlement de Toulouse, commis pour juger ces causes. Par arrêt du 10 mai 1647, la Cour décida qu'il n'y avait point d'abus, et l'appelant fut condamné aux dépens et à l'amende *.

1. Ch. de Lasleyrie, ibid. L'évêque de Limoges avait coutume, d'après les termes de ce règlement, de se rendre toutes les années à Saint-Martial, le lendemain de Pâques et le mardi suivant, pour y pontifier, faire Tofflce, célébrer 1% messe, assister à la procession et à la prédication, qui se faisait de tout temps ce jour-là. Mss. 35, f. 74.

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