Mss. 40, p
titres divers ^ Le premier, Julien de Glane, était un saint prêtre rempli de zèle, de piété et d'humilité ; il fut toule sa vie, durant trente ans, le modèle et Thonneur du clergé de Saint-Junien. Il avait un don particulier pour apaiser les querelles^ et éteindre les divisions. On s*explique, parle prestige de sa vertu, le merveilleux changement qui s*opéra, en peu de temps, dans le corps ecclésiastique auquel il appartenait, et qu'il laissa dans une paix définitive. Il chérissait et respectait les pauvres : il les secourait avec une charité inépuisable. Son zèle ardent pour le salut des âmes le poussa à prendre à sa charge, les frais considérables d'une célèbre mission du P. Le Jeune, qui eut lieu avec de grands fruits, en 1654, à Saint-Junien. Le saint prêtre mourut dans cette ville, le 3i juillet de cette même année, à l'âge de quarante-huit ans seulement 2.
Le second chanoine, beaucoup plus connu, à cause de ses écrits, était Jean Coilin, docteur en théologie, conseiller et aumônier du roi, théologal de Saint-Junien depuis 1642. Il naquit dans cette ville, au commencement du dix-septième siècle. Jeune encore, il entra dans la Compagnie de Jésus. Mais il en sortit bientôt et s'attacha à l'archevêque de Lyon, Alphonse de Richelieu, dont il fut le commensal, pendant tout le temps que le frère du ministre resta à Rome, comme ambassadeur. 11 y prêcha plusieurs fois dans les églises de Saint-Louis, de Saint-Yves et au palais Earnèse. De retour à Paris, il y demeura plusieurs années, et se fit entendre de temps en temps au Val-de-Grâce. Sa réputation de prédicateur le fit appeler pour des stations de CarOme, dans un grand nombre de villes, dont Limoges et Bellac 3. Le chapitre de Saint-Junien lui accorda plusieurs fois des congés, à partir de 1648, pour lui permettre de prêcher, « l'oraison synodale au clergé du diocèse » *. /
Jean Coilin était aussi un écrivain laborieux et un infatigable '^
érudit. Parmi les nombreux ouvrages quMl fit imprimer, de ItviO à l
1673, ceux qui ont trait à l'histoire de sa province, notamment son ::
histoire sacrée des Saints principaux du Limousin ^, et son opuscule des Hommes Illustres de cette province, seront toujours pré- J cieux. Dans sa réponse à demi anonyme à la lettre du sieur Maldamnat % Jean Coilin, revendique avec ardeur et sincérité, les titres
1. Notons ici la présence, dans le chapitre de Saint Jiinien, en 103i, d*un chanoine de la famille de Nesmond. Il demanda, le 17 novembre de cotte année, un congé, pour accompagner en Turquie et en Terre Sainte, M. de la Saladif*, ambassadeur du roi. Ihid.