‹ La réforme catholique du dix-septième siècle dans le diocése de LimogesChapitre 177 sur 480 · Not^unment }e 4 octobre 1658, ibid., p · texte numérisé non relu

Not^unment }e 4 octobre 1658, ibid., p

montraient toujours disposés à faire tout ce qui dépendait d'eux, pour l'obliger. Aussi savons-nous que le prélat leur témoignait, de son côté, une affection toute spéciale.

Parmi les nombreuses marques qu'il leur en donna, dans diverses rencontres, la plus sensible au chapitre de Saint«Junien fut celle, qui lui permit de céder à l'église du Dôrat des reliques de saint Amand et de saint Rorice, pour en recevoir en échange de saint Israël et de saint Théobald, fondateur de la collégiale Saint- André. Les chapitres de ces deux villes fufent heureux de raffermir entre eux, à l'occasion des solennité», qui accompagnèrent la translation des reliques de ces saints, l^s liens d*association fraternelle, qu'ils avaient établis eux-mém^, au début du onzième siècle. Pour comble de faveur, l'évêque de Limoges autorisa les chapitres de ces églises, à faire, le 20 mars 1659, l'ouverture des tombeaux vénérés qui se trouvaient alors dfans les cryptes, pour en placer les reliques dans de nouvelles châsses, auprès du grand autel. Il leur permit encore d'en faite désormais Toslension, au temps accoutumé, et selon la pratique ancienne des églises de Limoges et de Saint-Léonard. Connaissant la grande dévotion qu'avaient pour les reliques de leurs saints patrons les populations de Saint- Junien et du Dorât, notre prélat voulut la favoriser de tout son pouvoir, et accorda quarante jours d'indulgences, à tous les fidèles qui assisteraient à ces cérémonies *.

Si François de la Fayette se prêtait de bon cœur à ces pieuses démonstrations, c'est qu'il était heureux de développer à Saint- Junien, sa ville de prédilection, le mouvement religieux, qui devint des plus prononcés, avec l'accomplissement de la réforme du cha-

1. Mss. 34, f. 25. Notre prélat eut toujours soin, do faire observer dans son diocèse, les sages prescriptions de son prédécesseur sur le culte des saintes reliques. Il était alors défendu « sous de griéves peines, d'exposer à la vénération publique des reliqxies fausses ou douteuses ». Les curés de chaque paroisse devaient « exhiber à Tévéque » en cours de vislle pastorale, ^ Tinventaire c es reliques 9 de leur église, « avec toutes les attestations qui peuvent servir à leur vérificalion ». On ne devait « les exposer que rarenaent, sçavoir aux fêtes solennelles ». On devait « faire Tostension des reliques au peuple, sans les tirer hors de leurs châsses ». Il était défendu « à toutes sortes de personnes, de vendre ou d'acheter aucunes reliques, ny de rendre aucune vénération, à celles qui ne seront pas duennent approuvées ». Ordonnances synodales dei6i9,p.io\.

En conséquence d'une visite que l'évêque de Limoges fit à l'abbaye de la Règle, le % juillet 1653, les reliques connues sous les noms de la bours**^ ceinture et lait {sic) de la Sainte Vierge et du peigne de Saint Martial furent retirées et mises en. quelque lieu décent, pour n'être plus exposées à la vénéralion des religieuses et du peuple. Autant François de la Fayette, ajoute ici l'abbé Legros, avait de respect et de dévotion pour les véritables reliques, autant il avait soin, de ne pas permettre qu'il en fût exposé de douteuses ou de supposées. Mss. 34, f. 22. Voir aux Archives de la Haute- Vienne, G1, n. 325, quelques autorisations du même prélat sur l'exposition de plusieurs reUques dans certaines églises de Limoges en 16G3, et une très belle ordonnance, du 14 avril 1641, sur le culte même des reliques, adressée à Antoine Chausseyr, bachelier en théologie et curé de Meymac, au sujet d'un transport dans son église des restes de saint Sagittaire, vulgairement appelé saint Feytiat.

pitre. Cette rénovation catholique s'y manifesta par une foule d'institutions et de fondations pieuses. Il y avait alors deux paroisses dans la ville, qui comptait plus de quatre mille communiants : celle de Notre-Dame du Moutier, la plus grande^ qui comprenait la collégiale Saint-André et celle de Saint-Pierre, qui s'étendait en dehors dans la campagne, et où s'était établie, en 1629, une compagnie de Pénitents Gris, De leur côté, les Pénitents Bleus s'installèrent, dans la chapelle du cimetière. Trois couvents de religieux mendiants, Dominicains, Cordeliers et Récollets, occupaient encore des chapelles et étaient très prospères à Saint-Junien ^.

Le chapitre jouissait toujours de la magnifique chapelle de Notre- Dame-du-Pont, où les pèlerinages avaient eu au moyen-àge une grande vogue en Limousin. Les chanoines de la collégiale établirent eux-mêmes, conformément à la volonté de l'évêque, le 20 septembre 1652, la confrérie de Notre-Dame des Agonisants, pour favoriser particulièrement l'assistance des pauvres malades 2. Depuis quelques années déjà, une autre confrérie du même genre, plus populaire, celle des Dames de Charité, secourait les pauvres de la ville, les visitait à domicile, et prenait soin des petits enfants. Le P. Le Jeune leur donna, en lôo^i, des statuts, qui développèrent beaucoup cette institution charitable. Grâce à son zèle encore, les filles de Notre-Dame de Limoges vinrent, en 1660, prendre possession, à Saint-Junien, d'un nouveau couvent dont il avait fait décider la fondation, le 10 octobre 1654. Le missionnaire de l'Oratoire revint prêcher dans cette ville, avec un nouveau succès, pendant TAvent de 1665 et le Carême de Tannée suivante 3.

On voit, par tous ces détails, que nous ne pouvons reproduire pour chaque ville importante du diocèse, de quelle manière étroite et profonde la restauration du catholicisme se rattachait alors à l'opération préalable de la réforme ecclésiastique. L'évêque de Limoges, François de la Fayette, avait beau se plaindre, comme il le fit amèrement dans un mémoire qu'il adressait, en 1650, au conseil privé du roi, déclarant : <- que rien, dans ses travaux, n'avait tant retardé le fruit de ses bons desseins », que les querelles inquiétantes et continues de ses chapitres. Au fond, ces « discussions si pénibles donnèrent lieu à notre prélat, de développer dans toute son étendue le caractère de fermeté épiscopale qu'il avait reçu du Ciel, et qu'il employa si efflcacement, à maintenir les droits de sa dignité, alors presque inconnus à ses diocésains » *. Autre avantage notable : l'opposition des chapitres servit à propos de contre-poids salutaire, au pouvoir des prélats férus d'absolutisme, et en modéra opportunément l'exercice.

L Voir plus loin l'œuvre particulière de ces religieux.

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