‹ La réforme catholique du dix-septième siècle dans le diocése de LimogesChapitre 19 sur 480 · PREFACE XXXI · texte numérisé non relu

PREFACE XXXI

munautés des hospitalières de Saint-^ Alexis, des dames de la Charité, du Refuge, de la Providence des orphelines, etc. ; et pour ce qui touche au développement du culte et de l'instruction religieuse, multiplication de^ ordres enseignants, travaux pour la conversion des hérétiques, etc., etc.

M. Tabbé Aulagne a aussi parié des rapports du prélat avec la cour et les représentants du pouvoir, de son influence politique, de son rôle dans les assemblées générales du clergé et dans les assemblées de la province et il a équitablement associé à son nom vénéré ceux des collaborateurs distingués et dévoués qui, à titre officiel ou privé, le secondèrent dans son ministère pastoral, les vicaires généraux Talois, Bandel, Saige, les hommes d'œuvres Martial de Maleden, Pierre Mercier et autres.

Unédit royal de 1656 ordonnait la création d'un hôpital général dans chaque ville importante, mais n'octroyait pas les ressources nécessaires pour une entreprise si considérable. Ses prescriptions seraient restées lettre morte à Limoges, si l'évêque, assisté d'un prêtre riche et généreux jusqu'à l'abnégation, ne s'était attaché à les réaliser. Limoges possédait alors sept à huit petits hôpitaux disséminés dans divers quartiers, assez mal tenus et insuffisants pour les besoins d'une ville déjà très populeuse. L'hôpital Saint- Gérald était le pïus important et le mieux aménagé. Martial de Maleden de Savignac, qui mérita d'être appelé le Vincent de Paul de Limoges, offrit son concours et ouvrit sa bourse à l'évêque et auxxonsuls. Presque exclusivement à ses dépens, l'hôpital Saint- Gérald fut agrandi et le service de l'assistance publique y fut centralisé. En même temps, des dariîes de la ville, animées de l'esprit de charité et de sacrifice, avaient fondé la communauté des Sœurs hospitalières de Saint-Alexis, pour se consacrer aux soins des malades et des pauvres de l'hôpital. M. de Savignac fit aussi construire une spacieuse chapelle attenante aux nouveaux bâtiments.

Le concile de Trente, nous l'avons dit, avait ordonné l'établissement de séminaires dans tous les diocèses. Ce vœu, malgré l'ardent désir des évêques et du clergé, n'avait pu être rempli. La satisfaction, de ce côté, vint encore de M. de Savignac. En 1659, il proposa à l'évêque de se charger de la construction d'un séminaire et de l'organisation d'une communauté ecclésiastique pour le desservir. Cette communauté aurait charge de catéchiser les pauvres, et les malades de l'hôpital, de donner des missions dans le diocèse et de préparer aux ordres sacrés les jeunes sujets se destinant au. sacerdoce. L'évêque ouvrit une acuscription en tête de

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laquelle il s'inscrivit pour six mille livres, le clergé promit dix mille livres, mais rompit son engagement. En dépit de ces difficultés, M. de Savignac livra le séminaire en 1663.

Il n'était pas terminé que Ton s'était aperçu qu'il ne répondait pas parfaitement à son but. La congrégation de Saint-Sulpice, à laquelle on désirait îe confier, n'approuvait pas son emplacement près de l'hôpital et trouvait son aménagement trop étroit pour des œuvres multiples et peu compatibles. Un séminaire spécial aux ordinands fut établi en dehors de Limoges. Gel essai ne réussit pas. M. de Savignac apporta de nouveau son secours. Il offrit quarante mille livres pour construire, à Limoges même, un séminaire spécial. Le terrain fut acheté de ses deniers, la construction fut poussée avec un zèle extrême et au bout de deux ans, en 1664, Saint-Sulpice put en prendre possession. Il fut parachevé en 1666.

M. de Savignac ne jouit pas longtemps de l'intime contentement qu'il retirait de ses bonnes œuvres. Après y avoir employé toute sa fortune, plus d'un million, valeur actuelle, il s'enferma modestement au séminaire de la Mission et il y mourut en 1670, âgé de cinquante-quatre ans.

L'hôpital général, le séminaire de la Mission, le séminaire des Ordinands furent les actions les plus fructueuses du long et laborieux épiscopat de François de la Fayette. Un lustre particulier lui fut aussi donné par l'efflorescence de vocations extraordinaires qu'il vit s'épanouir, déterminées par une influence surnaturelle et paraissant contraires à la raison et condamnées à l'impuissance, raillées, blâmées, combattues, brisées, se relevant plus impérieuses et plus dominatrices, triomphaift de toutes les impossibilités et réalisant des merveilles, sinon des miracles.

Marie de Petiot, orpheline à vingt ans, paralytique,, dévorée de la passion de servir les pauvres infirmes, se faisant transporter à l'hôpital où pour distribuer ses soins, elle se traîne de grabat en grabat ; exclue de cet asile comme étant un embarras plutôt qu'un secours, persistant dans cette irrésistible inclination quoique devenue hydropique et s'étant dépouillée de toute sa fortune, réadmise infirmière et par l'ascendant du dévouement et du sacrifice suscitant des émules dignes de seconder ses desseins et fondant avec elles la congrégation des Sœurs hospitalières de Saint-Alexis.

Marcelle Germain, de plus modeste condition, fille d'un hôte, veuve d'un marchand libraire avec trois enfants. Appelée de Dieu à se consacrer entièrement à son service, c'est-à-dire au service des membres du corps de Jésus-Christ, sa vocation fut traversée d'em-

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