IV. Origines du Grand Séminaire de Limoges
i® Ongincs lointaines. Preiniers essais de Séminaire.
Dans son décret célèbre sur l'érection des séminaires, promulgué le 15 juillet 1563, le concile de Trente avait arrêté six mesures principales, qui correspondaient, comme remèdes, aux besoins de formation des jeunes clercs. Il établissait des collèges où les clercs pourraient être recueillis dès l'enfance, préservés de tous périls, et formés solidement à la piété par des exercices spirituels
1. Ces derniers renseignements, fournis par les Registres paroissiaux, confirment l'application des statuts de 1()60. Le fait d'une diminution de présences aux conférences de Limoges durant un certain temps en 16B1, ne fut que passager. Bulletin de Limofjes, t. XXIX, p. 103.
2. Voir plus loin l'état des conférences sous l'épiscopat de L. d'Urfé.
et aux sciences sacrées par des professeurs éprouvés. Il plaçait ces collèges sous l'autorité ordinaire des évêques, qui pourraient surveiller tant les doctrines qu'on y enseignerait, que la discipline à laquelle les clercs seraient exercés. Il constituait un enseignement interne par des cours et des maîtres spéciaux.
Il rendait l'érection de ces collèges obligatoire en chaque diocèse, afin que personne n'entrât dans le ministère ecclésiastique, sans avoir pu y être convenablement disposé. Il leur faisait une dotation avec toutes les ressources dont l'Eglise pouvait disposer, afin d'avoir des maîtres, et de pouvoir élever gratuitement les clercs dépourvus de fortune. Il établissait enfin ces collèges, hors des cathédrales et des collégiales, afin que les clercs attachés. à ces corps ne fussent pas seuls à en profiter, et que l'éducation devînt commune aux ecclésiastiques du diocèse. Soumettant les séminaires à l'autorité ordinaire des évêques, les Pères de Trente établirent pareillement sur eux la juridiction du concile provincial, et confièrent leur institution à sa sollicitude ^.
Ce fut dans le but de répondre à cet appel, que les évêques et les députés des douze diocèses, qui composaient la province de Bourges, réunis dans cette ville, en septembre 1584, prirent sur ce point de discipline, d'importantes décisions. « Le malheur des temps, déclarent-ils, n'a pas permis jusqu'à présent l'érection des séminaires. Des collèges pourtant établis en certain nombre dans les diocèses et dotés sur le patrimoine des églises, tiennent lieu pour le moment de séminaires : instar seminarioimm sunt. En vue de promouvoir de toutes ses forces une œuvre si sainte et de se conformer par là aux prescriptions de Trente, le Concile provincial a décidé que les évêques et les autres ecclésiastiques feront connaître l'ensemble des moyens utiles et opportuns pour la fondation d'un Séminaire dans chaque diocèse et dresseront en conséquence un rapport détaillé à ce sujet pour le prochain concile de la province. Les évêques, qui ont déjà les ressources nécessaires à l'existence de ces établissements, pourront accomplir cette œuvre incessamment 2. »
Dans les décrets qui suivaient cette déclaration, les Pères du concile ordonnaient, de n'admettre dans les séminaires que des jeunes gens suffisamment instruits, et pourvus déjà d'un bon témoignage de leurs premiers maîtres sur leur éducation classique et sur leur foi 3. Us recommandaient expressément, de ne confier la direction de ces maisons, qu'à des personnes d'une vie réglée et d'une saine doctrine, qui auraient fait leur profession de foi, en présence de l'évêque du diocèse *.
D'autre part le concile avait pourvu à la réorganisation des maîtrises paroissiales, pépinières des séminaires. Les curés ne
1. Analecia jurU pontifie il. Rome, années 1855-1 85f>, p. 672 et suiv.