‹ La réforme catholique du dix-septième siècle dans le diocése de LimogesChapitre 185 sur 480 · Titre · texte numérisé non relu

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devaient choisir que des enfants qui fussent issus d'un légitime mariage, d'un âge convenable, sains de corps, ayant de la voix, et en nombre suffisant, selon l'importance de chaque église. Les maîtres devaient être d'une vie réglée, de doctrine saine, ni trop indulgents, ni trop sévères, et constitués dans les ordres sacrés. Ils devaient savoir la musique et les cérémonies de l'Eglise ; ils devaient s'appliquer à bien instruire les enfants, ils devaient manger avec eux, avoir soin de leurs habits, ne pas les laisser courir en ville, sous prétexte d'aller voir leurs parents, les conduire à l'église et les en ramener, leur faciliter, au besoin, des récréations honnêtes, et surtout leur apprendre à chanter, à écrire et à parler latin. Les chapitres étaient tenus de fournir à leurs dépens un petit revenu à ces clercs, pour les attacher à leurs églises, et les empêcher d'être du nombre des chantres et des musiciens vagabonds. Après avoir pourvu à leur nourriture, à leur entretien et à leur instruction, ils devaient leur conférer les bénéfices qui viendraient à vaquer, suivant leur âge, leurs qualités et leur mérite *.

Des maîtrises ainsi organisées, devenaient des écoles cléricales, qui pouvaient alors remplir le rôle de nos petits séminaires. Au début du dix-septième siècle, la ville de Limoges en comptait deux, établies à Saint-Pierre-du-Queyroix et à la cathédrale. Dans la première, la plus importante du diocèse, à cause du nombre de ses élèves 2, qui avaient le privilège d'étudier au collège des Jésuites, où ils recevaient plus tard l'enseignement théologique, « les clercs habitués devaient obéir, pour l'ordre du service divin, au curé ou à ses vicaires, et en l'absence d'iceux, au plus ancien prêtre communaliste 3. »

Dans la seconde école, connue dès 1607, sous le nom de « Psallette de Saint-Etienne », la charge de directeur fut confiée, sur la « requeste et instante prière» des chanoines de la cathédrale, à l'un de leurs confrères, Michel Gayou, théologal de cette église, qui avait pour auxiliaire, un sous-maître, nommé de Vouzeau *.

Le concile de Bourges avait ordonné de plus que les dignités d'écolâtres et de chancelier dans les chapitres de la province, ne seraient conférées qu'à des docteurs ou licenciés en théologie, ou en droit canon, et que dans les églises cathédrales ou collégiales, le théologal donnerait, une ou deux fois la semaine, des leçons de théologie, auxquelles tous les ecclésiastiques de ces « corps » seraient tenus d'assister ^

Désireux de se conformer aux prescriptions du concile provincial, le doyen du chapitre de Limoges, Mathieu de Verthamon, fit ouvrir, en 1608, dans la maison décanale de Saint-Etienne, des coursde philosophie et de théologie, dont le futur officiai, Pierre Talois, jeune

1. P. Labbe, Sacr. Concilia. Paris, 1672, t. XV, p. 1083 et suiv.

2. Elle comptait, avant la Révolution, vingt-cinq clercs tonsurés. M. Ârdant, Saint Pierre, p. 20.

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