Titre 34« des actes du concile
prêtre alors et licencié en théologie, prit la direction *. D'autre part, à cette même époque, le chanoine théologal de Saint-Martial, avait la charge d'enseigner, aux jeunes clercs de l'abbaye, la théologie et le droit canonique 2. Depuis longtemps déjà l'enseignement de la physique, de la philosophie et de la théologie était donné aux novices et aux clercs séculiers, dans le couvent des dominicains, à Limoges et à Brive. Enfin, un cours de théologie était alors établi dans les collégiales du Dorât et de Saint-Junien. Par ordre de nos prélats, tous les chanoines, prêtres et clercs habitués de ces villes étaient obligés d'en suivre régulièrement les leçons 3.
Quoi qu'il en soit de la force et des résultats de cet enseignement théologique, distribué en somme assez abondamment, il n'y avait (et il n'y eut, avant 4660), dans le diocèse de Limoges, pour ceux qui se destinaient à l'état ecclésiastique, à part quelques maîtrises, ni maison commune, ni exercices réguliers, ni études pratiques de l'art pastoral. Les aspirants au sacerdoce étaient encore moins bien formés à la vertu qu'à la science. Les jeunes théologiens, particulièrement à Limoges, vivaient dans le monde, chacun selon son gré, sans règle, sans surveillance ^. Il y avait, sans doute, beaucoup de prêtres dans le diocèse de Limoges, qui étaient réguliers et édifiants, mais la plupart n'avaient ni le degré d'instruction désirable, ni ces habitudes extérieures, qui soutiennent la piété et qui contribuent au respect des peuples. Un grand nombre ne portaient point le costume ecclésiastique, et paraissaient partager les mœurs du monde au milieu duquel ils vivaient.
Un changement était donc nécessaire dans la formation du clergé, et les meilleurs esprits l'appelaient partout de leurs vœux. Mais comment arriver à un heureux résultat? La sagesse des règlements des conciles et des assemblées du clergé n'avait pu triompher encore des obstacles, que la faiblesse humaine oppose toujours à une réforme ; on n'était point parvenu à recueillir des fonds nécessaires pour la fondation des séminaires. Le premier en France, l'abbé de Bérulle, eut la gloire de réaliser à Paris un projet si souvent formé. Il créa, en 1613, une communauté pour la formation des jeunes clercs, et mit en honneur les exercices des Ordinands s.
Quatre ans plus tard, l'un des plus distingués gentilshommes du Limousin, ancien gouverneur de cette province, et alors lieutenant général de celle du Languedoc, Anne de Lévis, duc de Ventadour, pair de France, voulut doter le diocèse de Limoges, d'une maison de clercs et l'établir conformément, du moins il le croyait,
i. Bulletin de Limoges, t. XLIII , p. ^2.
2. Les titulaires de la théologale de Saint-Martial furent successivement François et Martial Maledent, Jean de Félines (1625), Gérald id*Arfeuilles(1645), René Marrand, abbé du Dorât, Pierre et François Dupeyrat (1558). Mss. n. 21, p. 757.