‹ La réforme catholique du dix-septième siècle dans le diocése de LimogesChapitre 188 sur 480 · Pouilléf ibiiL · texte numérisé non relu

Pouilléf ibiiL

« Il serait difficile, dit son historien, de se représenter la désolation de Mi Olier », à la suite de ses entretiens avec Tévêque réformateur ; « l'état de son diocèse l'affligea si vivement, qu'après avoir dit la sainte messe au tombeau de saint Martial, il y demeura l'espace de cinq heures en oraison, baigné de larmes, conjurant l'apôtre, avec les plus vives instances, de renouveler l'esprit sacerdotal dans les prêtres de ce pays ». L'un de ceux qui l'accompagnaient, entendant ses gémissements, et le voyant tout en pleurs, s'approcha pour lui en demander la cause. « Hélas I lui répondit-il, ne savez- vous pas que ce diocèse est dans l'abandon ^? Il faut prier Notre-Seigneur de le secourir, en suscitant quelques bonnes âmes, qui y travaillent pour sa gloire ». Dieu assurait en même temps par une révélation intérieure, à M. Olier, qu'il serait lui-même l'instrument de la grâce qu'il sollicitait pour ce diocèse, lui promettant à Limoges, un séminaire conduit par sa Compagnie, et le siège épiscopal de cette ville, pour l'un de ses enfants spirituels '^.

Un événement subit, l'appel de Martial de Maledent, dit M. de Savignacy à l'état ecclésiastique, appel qu'il entendit le 6 décembre 1647 3, quelques jours seulement après le départ de Limoges du serviteur de Dieu, fut une première justification de ses prévisions surnaturelles. Tandis que le pieux gentilhomme se préparait à la réception des ordres sacrés, et à l'accomplissement des œuvres de zèle, notre prélat, dont l'activité épiscopale semblait alors redoubler, vit avec plaisir un groupe de prêtres de Saint-Sulpice, envoyé par M. Olier à Magnac, en 1649, évangéliser en qualité de missionnaires, le peuple de cette ville et des environs, avec une ardeur que leur supérieur de Paris fut obligé de modérer. Cette œuvre d'apostolat avait été entreprise suivies instances du seigneur de Magnac, Antoine de Fénelon ^.

Le pieux marquis, imbu de l'esprit de M. Olier, dont il suivait les conseils, et de l'esprit de la Compagnie du Saint-Sacrement, dont il était l'un des membres les plus ardents, vint, dès 4651 ou 1652, faire quelque séjour à Limoges et presser instamment l'évêque d'établir un séminaire dans sa ville épiscopale, . et d'en confier la direction aux prêtres de Saint-Sulpice. Si excellent et si désirable que fût ce projet, son accomplissement parut alors à notre prélat prématuré et irréalisable s.

Cinq ans plus tard, l'évêque de Limoges, l'un des six présidents de l'assemblée générale du clergé de France, manifestait à Paris des dispositions bien différentes. Entraîné, comme beaucoup d'au-

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